Issue time12:06, par Pierre Lachance  
Catégories: Rencontre nationale, Bloguons

Comme à mon habitude, j'aime bien essayer de classer toutes les idées/apprentissages/impressions qui se sont bousculés dans ma tête durant ces journées très intenses.

D'abord, on sent lors de ces rencontres le bonheur des personnes ressources du RÉCIT de se revoir, de pouvoir se serrer la pince. Ça fait du bien, car le virtuel c'est cool, mais une bise et/ou une poignée de main c'est mieux pour l'humain en moi.

Le RÉCIT, une bibitte ésotérique pour plusieurs, a encore pris de la maturité (voir mon billet). Beaucoup d'ateliers offerts (près de 50 je crois), et ce, par des «petits nouveaux» comme des «ti-vieux» tel votre serviteur. La variété était également assez grande, quoi que certains y aient vu une polarisation (atelier, présentation, appareils ++ sur place, etc). Alors que d'autres y voient une occasion de prendre un peu plus notre place et de faire notre travail, former à l'intégration des TIC dans l'apprentissage. On a peut-être, comme réseau, à apprendre maintenant comment prioriser nos interventions/choix/actions?

L'informelle (l'après 17h ) a encore été très riche en discussions/échanges/confrontations/plaisirs, ce qui m'amène à me questionner sur la capacité du réseau à débattre en grand groupe sur les enjeux, les valeurs. Notre société ne semble plus voir d'avantages à l'opinion contraire, il est de plus en plus difficile de questionner des choix, des actions. Je me rends compte que je ne me positionne presque plus. Certains diront que je choisis mes combats (sagesse), d'autres que je ramollis.

Ateliers

J'ai animé/coanimé quelques ateliers (Geogebra, Campus MST, Scratch, Web 2.0 et présenter le projet Scratch+Wedo réalisé en première année du primaire au 5 @ 7) qui m'ont tous permis d'apprendre. Merci aux participantes et participants qui, de par leurs questions/suggestions/commentaires/partages, ont rendu ces moments plus signifiants pour moi. J'espère qu'il en fut de même pour eux.

J'ai eu la plaisir d'assister à un atelier en lien avec le Web 2.0 donné par un avocat (traces ici). Comme je m'intéresse de plus en plus à ce fameux nombre (2.0) et à ses implications, j'étais très attentif afin d'orienter mes prochaines actions (prioriser). Ma conclusion est que les papiers c'est bien, mais les actions c'est mieux. Il faut dès maintenant agir en personne prudente et diligente (informer, former, supporter, encadrer...), et ce, à tous les niveaux (enseignants, conseillers, directions, CS, etc). C'est notre meilleure arme contre les problèmes que peut occasionner une mauvaise utilisation du Web collaboratif.

J'ai également assisté à un atelier sur la taxonomie de Bloom (pour faire germer les apprentissages), sur Sketchup (utilisé comme outil de présentation, peut être un peu complexe pour les buts poursuivis, mais ça peut faire de belles choses). J'ai bien aimé les portes exploitées par les animateurs de ces ateliers, ça enrichit le réseau.

Conclusion

On dirait que la qualité des rencontres nationales du RÉCIT augmente d'année en année. Je veux donc remercier le comité de liaison (et toutes les personnes de l'ombre l'entourant) qui travaille fort pour y arriver. Aussi une petite pensée pour Sonia Sehili, très discrète et à son affaire, qui mérite un gros MERCI. On a tendance à oublier qu'à sa position rien n'est simple.

Bravo la gang! On a encore réussi à avancer.

Issue time10:11, par  
Catégories: Bloguons

Aux abris! Les TBI sont parmi nous!

Il y a actuellement un débat sur l’utilisation du TBI (tableau blanc interactif) dans les écoles du Québec. Ce débat est nécessaire, mais il se limite pour l’instant à POUR ou CONTRE le TBI. Le réseau du RÉCIT est-il en train de manquer le tableau?

Je tiens d’abord à dire que sous ma photo d’employer du mois RÉCIT, il est inscrit « animateur du RÉCIT » et non « vendeur de TBI ». Dans le contexte, difficile d'écrire un article favorable à une réflexion sur le TBI sans avoir l'étiquette de vendeur. De plus, n'étant pas blogueur, je tiens aussi à souligner que j'ai pris connaissance de la question de Mario Asselin qu'après avoir rédigé ce billet. Puisqu'il est question d'interactivité, mon intervention est donc plus une action, qu'une réaction. Enfin, je ne fais partie du comité qui a travaillé sur le site http://tbi.recit.qc.ca.. Bref, je suis le petit nouveau dans le débat.

L’origine
Par déformation professionnelle, je suis du domaine de l’univers social, voici d’abord la petite histoire du TBI. Le témoignage anonyme de SQ :

«J’en ai un dans mon bureau. Je l’ai utilisé la première fois lorsqu’il est sorti de sa boîte il y a 10 ans… la deuxième fois c’était il y a environ 6 mois je crois… un jeudi ou peut-être un mardi, je ne sais plus. Maintenant, je l’utilise régulièrement pour des séances de tempêtes d’idées mémorables avec mes collègues. Le TBI est maintenant mon ami.»

Ce que je viens de décrire SQ résume un peu l’histoire du TBI au Québec. Pendant longtemps, le Québec a été le village d’irréductibles Gaulois qui ont résisté aux attaques incessantes de l’Empire TBI. Les premiers TBI ont effectivement fait leur entrée dans les écoles il y a au moins 10 ans, mais sans grand succès. Cependant, depuis 2 ans… c’est l’explosion. Charles Tisseyre, journaliste à l’émission Découverte, dirait à ce moment précis : « Que s’est-il passé? C’est fascinant… Voyons le TBI, dans son environnement sauvage… »

L’équation
Bien que je ne sois pas du domaine de la mathématique, de la Science et de la technologie, je me permets l’équation suivante pour expliquer cet engouement soudain pour le TBI :

TBI = MC2

C’est-à-dire, que l’engouement pour le TBI est égal à (M) Mesure TIC d’achat de matériel, additionnée à un retour du balancier du combat titanesque des (C) Compétences vs (2) Connaissances.

Dans cet univers d’électrons libres, il faut aussi dire que nous vivons dans un monde capitaliste où des compagnies veulent notre bien (et l’obtiendront) en vendant des TBI et que des directions d’école et de services informatiques sont séduites par le produit pour différentes raisons (fondées ou pas). Ajoutons ensuite l’élément (P) Parent et l’équation ((é+m)/R) élève + motivation, divisé par le métal lourd (Ré) Réussite éducative. Ce qui donne l’équation complexe suivante :

TBI = MC2
P+(é+m)/Ré

Dans cette équation, il manque certainement l’élément (E) Enseignant… C’est l’électron libre qui ne fait pas partie de l’équation puisqu’il est toujours le dernier consulté.

Le débat
Bon, tant qu’à prendre le job et le domaine des autres, je comparerais le débat actuel sur le TBI à une partie de football. Les adversaires du TBI ont le ballon et sont à la ligne des buts. Les pros TBI sont sur la défensive, et ce, malgré une masse salariale très importante… le touché est imminent. Bon OK, mon analogie sportive n’est pas très efficace.

Les Arts peut-être? Ça me rappelle l’œuvre de Malevitch, un tableau tout blanc. Une œuvre très critiquée, à l'origine d'un grand débat, mais révolutionnaire à l’époque! En fait, il s’agit d’un carré blanc sur fond blanc. Pensez-y, grâce au TBI, nous pouvons maintenant apprécier un tableau blanc représentant un carré blanc sur fond blanc projeté sur un tableau blanc…. Révolutionnaire!

Ou imaginer le pire cauchemar de l’écrivain… souffrir de la page blanche… seul devant un tableau… blanc… immense… Vous voyez maintenant l’enseignant devant ce tableau blanc? Souffre-t-il du syndrome de la page blanche?

En fait, je n’ai jamais aimé les analogies, elles sont incapables de rendre compte d’une réalité toujours complexe. C'est simplement un façon plus subtile de lancer un appel à mes collègues nationaux. Mais, le meilleur moyen de présenter clairement le débat est certainement d'utiliser la seule vraie science… La méthode historique!

Les faits
En historien que je suis (même ici, dans mon domaine, je suis un imposteur), voici les faits :

Fait 1 : Il y a une importante augmentation des achats de TBI dans les commissions scolaires du Québec.

Fait 2 : Les personnes ressources du RÉCIT reçoivent de plus en plus de demandes de formation sur le TBI.

Fait 3 : Il y a eu 115 inscriptions dans les ateliers portant sur le TBI lors de la dernière rencontre nationale du RÉCIT.

Fait 4 : Le mandat du RÉCIT indique que nous devons former les enseignants à « utiliser efficacement les TIC à des fins d’enseignement et d’apprentissage dans les différentes disciplines ; »

Fait 5 : À ce jour, la valeur pédagogique du TBI reste à démontrer.

Fait 6 : À ce jour, le TBI est largement utilisé comme un outil d’enseignement.

Que faire?
Le RÉCIT doit accompagner les enseignants dans leur appropriation de cet outil TIC. Il ne s’agit pas d’un outil technologique révolutionnaire. À première vue, il renforce le modèle de l’enseignement, mais en travaillant une seule journée avec plusieurs RÉCIT locaux, j’ai cru voir la possibilité d’en faire un outil d’apprentissage… je me trompe peut-être, il faut voir avec les RÉCIT locaux présents. Tout le monde a sa petite idée sur le TBI. Il est temps que le réseau se penche sérieusement sur la question. C'est ce besoin d'échanger qui est à l'origine de ce billet.

Je suis donc TOUT À FAIT D’ACCORD que la valeur pédagogique du TBI reste à être démontrée. Honnêtement, le TBI est incapable d’un grand effort pédagogique. C’est un objet inanimé. Il a certainement besoin d’un enseignant. Mais l’enseignant seul avec un TBI n’est pas d’une grande valeur pédagogique, il faut aussi une classe remplie d’élèves.

PS : À toutes les compagnies qui se serviront de ce billet pour vendre des TBI, je veux mon pourcentage. Envoyer le chèque à

Steve Quirion
RÉCIT national de l’univers social
8205 Fonteneau, Anjou, Québec, H1K 4E1
steve-quirion@cspi.qc.ca

Vive l’argent.

Suite de ce billet : Pour une réflexion sur le TBI 2.0

Issue time13:31, par ayotte  
Catégories: Bloguons

Écrire un billet ici, pour moi ça faisait un bail...mais je ne dirais pas comme "notre anniversaire" que ça fait 10 ans.

Je ne sais pas si c'est en rapport avec le "renouvellement de mes voeux de RÉCIT" ma discussion de ce matin avec notre collègue Bertin ou mes choix d'atelier, mais disons que le côté obscur de la force semble prendre le dessus sur moi aujourd'hui. Peut être suis-je tout simplement dans ma phase jour 3 et envie de retomber dans mes "petites affaires".

Bon fini les détours; je partage avec vous ma réflexion (frustration??? certainement pas vous me connaissez quand même...)

Depuis lundi on me parle de certains concepts qui me rappelle la fin des années 90, les "virages technos de tous les genres", les besoins, notre rôle de RÉCIT etc et LA SOLUTION semble être le TBI à voir la place qui lui est réservé. Je ne peux m'empêcher de penser ce que ce sera ...à l'Aquops.

Au risque de me faire dire que je suis "contre" le TBI (ce qui n'est pas le cas) je trouve simplement que la notion de réel besoin n'est peut être pas abordée présentement.

Quand avez-vous entendu parler du TBI dans un récent bulletin de nouvelles? à quand le dernier incident éthique ou criminel rattaché à ce PRODUIT?

Pendant ce temps on réfléchi, on tente de trouver l'énergie et les ressources pour accompagner les milieux en lien avec le web 2.0 , les réseaux sociaux, l'identité numérique.

Je pense qu'un élève peut vraiment apprécier de voir quelqu'un utiliser le TBI devant lui en classe et avec un peu de chance y toucher aussi! Mais qu'en est-il de l'éducation permettant d'adopter des comportements sécuritaires et sains sur le web? de fournir les outils aux directions, aux enseignants(es) , aux élèves et tant qu'à y être à la direction générale de nos C.S ? Cela éviterait peut être différents avis légaux et problématiques reliées à une utilisation douteuse de la part des élèves autant que des adultes du milieu.

À quand une visibilité aussi grande pour les vraies affaires?

Peut être quand certains distributeurs de matériel et de logiciels y trouveront leur compte $$$

Et comme le disait Patrick Bruel: "et si on se donnait rendez-vous dans 10 ans..."

Issue time12:01, par  
Catégories: Bloguons

Dans une lettre adressée aux employés, le président de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe fait état d'une résolution de l'assemblée du 29 juin 2010 du conseil des commissaires. Cette résolution émet un avis défavorable à l'endroit des modifications proposées au régime pédagogique par la Ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport le 11 juin 2010.

Voici cette lettre :

Lettre CSSH p.1
Lettre du président de la CSSH aux employés au sujet des modifications proposées au régime pédagogique p.1

Lettre CSSH p.2
Lettre du président de la CSSH aux employés au sujet des modifications proposées au régime pédagogique p.2

Dans Le Soleil, on relate que Mme Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) s'est également positionnée contre le nouveau régime pédagogique.
D'autres commissions scolaires emboîteront-elles le pas?

Issue time10:00, par Pierre Lachance  
Catégories: Réflexions, Veille

J'adore mon travail! Surtout parce que j'ai la possibilité de travailler/apprendre avec les gens.

Deux projets, qui continueront à « mijoter » durant mes vacances, me stimulent beaucoup depuis quelque temps: la Taxonomie révisée de Bloom et comment se préparer la l'utilisation pédagogique du Web 2.0.

Ces deux projets devraient aboutir à de la documentation (site Web) de formation/support pour les enseignants. Suivez le présent blogue pour savoir quand ces sites seront en ligne.

Ces projets me stimulent non pas à cause de leur contenu/sujet (quoiqu'ils soient très intéressants), mais bien à cause des personnes avec qui je travaille, Judith Cantin, une personne très éclairée, m'a fait découvrir la Taxonomie révisée de Bloom, un outil qui permet d'expliquer vers où je veux aller avec les TIC (les utiliser dans des processus cognitifs de haut niveau). Merci Judith!

Bertin Desjardins, une personne très efficace, m'a obligé à creuser davantage le Web 2.0 dans l'optique des bases nécessaires pour utiliser des outils 2.0 en classe.

Richard Ayotte, une personne très critique, pour sa part, en m'invitant à me joindre à un de ses comités dans sa commission scolaire, m'a aidé à valider/réguler ma vision 2.0 auprès d'enseignants (très dynamiques et que j'ai eu plaisir à rencontrer).

Je suis très fier de pouvoir travailler/apprendre avec vous, à chaque rencontre/discussion je fais des bonds de géant. Merci à vous!

Issue time16:03, par  
Catégories: Rencontre nationale, Réflexions, Veille

C'était ma première expérience des Rendez-vous virtuels du RÉCIT avec l'outil Via. C’est exigeant, c’est incomplet, ça ne remplace pas tout d’une rencontre en personne, mais j’ai bien aimé! Les 1er, 2 et 3 juin derniers j'ai participé et animé des ateliers pendant cette rencontre.

Pour ce qui est de l'outil, sans être parfait, il permet une réelle rencontre de personnes à distance, des interactions riches et multiples. Je retiens particulièrement l'utilisation de l'outil d'annotations texte et des crochets pour l'approbation des idées émises. Cependant, la récupération de ces textes n'est pas chose facile, car, si j'ai bien compris, une fois la diapositive passée, on perd l'accès au texte. À mon sens, un outil comme EPad du RÉCIT pourrait faire le travail encore plus efficacement.

Autre aspect que je retiens, c'est la possibilité d'émettre des commentaires via le clavardage. Mais encore là, l'outil ne me permet pas d'émettre des commentaires à tous si je ne suis pas animateur (du moins, de la façon dont il était configuré). Un outil pour émettre des commentaires externes me semble essentiel au dynamisme du déroulement de l'atelier. Cela permet aux participants de réagir, de manifester leur intérêt, de poser des questions sans ralentir le rythme de l’atelier et donne de la rétroaction aux animateurs. Encore une fois, Epad peut faire le travail.

Le fait de pouvoir s’exprimer verbalement à différents moments me semble aussi intéressant. Il est parfois plus simple et rapide d’exprimer verbalement une idée. Avec les fonctions « Main levée », audio et vidéo, cela est bien géré par Via.

Un manque, c'est celui du « backchanneling ». Qu'est-ce que c'est? La traduction me semble difficile pour bien rendre le concept. J'ai lu « canal alternatif » ou « canal secondaire ». Pour ma part, je propose « flux parallèle » ou « canal parallèle ». En fait, c'est l'accès à un flux continu de commentaires et de partage entre toutes les personnes, peu importe l'atelier auquel ils participent. L'utilisation de service de microblogue comme Endirect ou Twitter permet d'émettre des commentaires, de partager des découvertes, de pointer vers des ressources utiles au déroulement de l'atelier, et ce, de façon publique. Cet aspect public permet aussi à des acteurs externes d'interagir avec l'événement en cours, de poser des questions et de découvrir en même temps que nous, voire de proposer des ressources supplémentaires en lien avec les besoins de l’atelier. Vous pouvez trouver ces flux ici :

  • http://recit.org/endirect/tag/rvrecit
  • http://recit.org/endirect/tag/rdvirtuel
  • http://twitter.com/#search?q=RV_RECIT
  • Je reviens sur la dimension publique du « backchanneling » qui me semble essentielle en cette ère du Web 2.0 et de la démocratisation du savoir. Le fait de partager publiquement nos échanges, du moins une partie de ceux-ci, donne accès à l’information à un plus grand nombre. Enseignante ou enseignant, conseillère ou conseiller pédagogique, universitaire ou tout autre acteur intéressé par l’éducation et les TIC est en mesure de faire des bouts de chemin avec nous, de contribuer à notre réflexion, de partager son expérience, de confronter nos points de vue à la réalité de la classe, de remettre en question nos postulats, d’exprimer ses craintes, ses inquiétudes, mais aussi ses passions, ses coups de cœur, etc. Cela donnerait une plus grande signifiance aux deux premières lettres du RÉCIT, « RÉ » pour réseau.

    Enfin, j’ai participé à quelques événements à distance ces derniers mois et j’en viens à un constat. Nos rencontres en personne, réelle, face à face, côte à côte auraient parfois avantage à tirer profit des outils mis de l’avant pour la collaboration à distance. Je m’explique. J’ai mainte fois assisté à des rencontres improductives, longues et démotivantes parce qu’inefficaces. Quand nous tentons de réfléchir à plusieurs sur une question autour d’une table, ce sont finalement souvent les même qui s’expriment plusieurs fois. En plus, la plupart du temps, ils se répètent croyant qu’on ne les a pas bien compris la première fois ou parce qu’ils ne se sont pas exprimés clairement cette première fois, ce qui, du coup, revient au même. Plusieurs finissent par ne pas s’exprimer soit pour ne pas allonger les discussions, soit pour ne pas perdre de temps ou encore parce qu’ils croient que cela ne changera rien. Si l’on introduisait certains des outils énumérés plus haut pendant nos rencontres réelles, les bénéfices seraient les mêmes.

    On peut exprimer plusieurs idées en même temps à l’écrit avec un outil comme EPad du RÉCIT : les concepts peuvent se construire en même temps, cela amène une interaction supplémentaire, permet de préciser les idées au fur et à mesure de leur élaboration, augmente l’implication de toutes et tous. Le « backchanneling » permet de faire circuler les idées en dehors de leur serre chaude et inoculée, peut amener des interactions externes qui enrichissent cette réflexion et surtout peut profiter à un plus grand nombre.

    Évidemment, tous ces principes s'appliquent en salle de classe. Cela nécessite un encadrement et du jugement mais les profits pour les élèves seront tout aussi riches.

    Le Web 2.0 est utile à la vie virtuelle, mais il l'est tout autant à la vie réelle. Mobilisons-le, nous en tirerons profit.

    Issue time19:03, par Pierre Lachance  
    Catégories: Rencontre nationale, Réflexions

    Ouf! Que de travail pour mes trois ateliers virtuels pour le RDVirtuel 2010 du RÉCIT! Voir quelques traces.

    Du travail, oui un peu plus que pour des ateliers en réel, on doit penser autrement l'atelier, penser à un plan B et C en cas de problèmes, tenter de trouver des façons d'aller chercher les idées des participants, etc.

    Je suis assez content des résultats. Bien que les trois ateliers étaient assez différents, j'ai eu un peu plus de plaisirs et de satisfactions que par les années passées (Merci à Benoit Petit, Judith Cantin et Bertin Desjardins pour la coanimation). Je crois que les participants se sentent plus à l'aise face à l'outil et osent davantage à prendre la parole. De mon côté, je dois avouer que je comprend plus les limites de l'outil et que je me mets un peu moins de pression «pour faire comme» les ateliers en réel.

    Je donnerai en exemple mon dernier atelier où plus de 22 participants étaient connectés pour échanger autour du Web 2.0. Nous avons réussi Judith, Bertin et moi (en toute humilité, en tout cas Judith et Bertin le sont humbles :roll: ) à «tirer du jus» des participants, en voici la preuve: http://recit.org/wiki/PedagogieWeb2Juin10/v.

    De plus, plusieurs participants ont pris la parole pour nous expliquer davantage les éléments ajoutés dans la page de travail (les saisies d'écran dans VIA).

    J'aime: avoir un point de départ pour initier la discussion, par exemple une partie d'un schéma où les participants peuvent écrire dessus pour le compléter.

    J'aime pas: les silences. Je suis encore mal à l'aide avec les moments de silence (par exemple quand on prend le temps de lire ce que les autres écrivent, etc).

    J'aime pas: la fenêtre de travail unique dans l'outil VIA. J'aimerais avoir une autre zone pour présenter une image/texte... tout en gardant la zone de travail active (là où se prend des notes).

    J'aime presque: VIA avec Flash 10.1 sous Ubuntu 10.04, les accents ne passent pas encore tous (les touches mortes), mais on s'approche.

    Finalement, rien de vaut le mode réel, mais le virtuel nous permet d'avancer tout de même.

    Issue time09:37, par Pierre Lachance  
    Catégories: Veille, EPad.RECIT.org

    Afin de tester les capacités du l'application, du serveur, du lien Internet, on a réalisé un test ce matin sur cette note.

    Plus de 30 personnes se sont connectées avant que le serveur ne soit plus capable d'en prendre. :oops:

    Etherpad.com avait limité à 8 le nombre de personnes par note, je viens de comprendre pourquoi &#59;) Je viens donc de limiter à 10 ce nombre, question de donner une chance à mon serveur.

    Ce qui prend aussi beaucoup de ressources est la déconnexion/reconnexion de certains utilisateurs (problème de proxy de CS ou autres?). Donc, avec 10 utilisateurs maximum par note ça va peut être aider un peu.

    Demain il y aura un autre test par André Roux mais sur diverses notes, ce qui me donnera encore plus d'informations sur ce qui est le plus demandant en ressources serveur.

    Il me faudra donc trouver un moyen d'améliorer le service (achat d'un serveur ou hébergement ailleurs) d'ici la fin de l'année scolaire.

    Un projet à suivre...

    Issue time21:46, par François Rivest  
    Catégories: Bloguons, Veille

    Ce billet est la suite de celui intitulé "Un portable à la fois".

    Mon coeur étais plus glacé que l'hiver... Jour après jour le ciel était triste et gris...

    J'arrête ici de reprendre les paroles de la chanson de Daniel Hétu. Ce que j'attendais d'un portable par élève, je l'ai vu lors de ma visite à l'école Lennoxville Elementary dans l'Eastern Townships School Board (ETSB ). La directrice nous y accueille en nous disant que rien n'a été préparé pour nous à part du café et des biscuits. Nous, les 12 visiteurs, pouvions aller où nous voulions dans l'école, poser des questions à n'importe quel élève, à n'importe quel employé, dans n'importe quelle classe. Elle spécifie qu'au moment de voir arriver les premiers portables, la personne avec le moins d'ancienneté dans l'école en comptait pour 25 ans! Cette petite révolution se vivait en même temps que le changement de Programme et que ça s'inscrivait dans un mouvement de enhanced learning. Dernier détail avant de nous laisser investir son école: un prof sert d'agent multiplicateur à raison de 150 minutes par semaine. Sur ce, les biscuits sont dans le salon du personnel et votre autobus part à 11h15.

    En me promenant, j'en ai appris un peu plus. La réponse à la question qui brûle bien des lèvres technophiles: ils ont choisi Mac. On évoque des questions de durabilité des piles et de facilité d'utilisation. J'ai même vu de bons vieux MacBook G4 entre les mains de jeunes du 2e cycle servir honorablement pour consulter le site du Service national du RÉCIT en Univers social. Restons encore côté techno. Ils ont le portail Édu-Groupe. On encourage les enfants à s'en servir pour les communautés mais aussi pour faire des copies de sécurité de leurs documents (ce qu'ils font rarement, déplore-t-on). En juin, les portables sont récupérés par les services informatiques, nettoyés et réinstallés. Au mois d'août, les comptes sont créés sur chaque poste... c'est long... Les jeunes n'ont pas la possibilité d'installer d'autres logiciels par eux-mêmes. Ils doivent passer par l'enseignant agent multiplicateur à moins d'être un des fin-fins du secondaire qui savent déjouer le système. Les enseignants, eux, peuvent installer ce qu'ils veulent quand ils le veulent du moment que c'est légal. Il y a une procédure à suivre pour tout réinstaller automatiquement en cas de pépin. Deux techniciens sont certifiés par Apple pour effectuer les réparations matérielles dans toute la CS. Ils tirent 6 ans de vie de chaque portable. Les grands du préscolaire et du premier cycle n'ont pas de portable. En 3e année, c'est un portable pour deux élèves. En 4e année et jusqu'à la fin du secondaire, on passe à un ratio 1:1.

    J'ai pu entrer dans quelques classes, toutes bien différentes. Il y avait du rang d'oignons, une classe en zones d'atelier et même une classe qui ressemblait plutôt à un resto végétalien branché du Plateau avec des canapés en rotin et des élèves étendus au sommet de petites bibliothèques avec un coussin et un portable. Il ne leur manquait qu'un espresso équitable et des amandes au tamari.

    À mon passage, une classe pouvait avoir ses portables éteints, les élèves en discussion avec l'enseignante à propos du chocolat équitable et ses impacts sur la population productrice. On n'y sortirait les ordinateurs que quelques minutes plus tard pour que l'enseignante propose iPerle comme plateforme de travail. Dans une autre classe, l'enseignante posait des questions sur le tabagisme et la santé. Chaque élève avait le portable ouvert sur Google et tentait de participer à une recension complète sur le sujet. Tout près du clavier de chacun se trouvait un papier pour noter les mots, idées et concepts les plus importants selon les avis du groupe. Une production écrite allait suivre sur le traitement de texte ou le portail Édu-Groupe. La classe qui surfait sur l'océan Univers social du RÉCIT avait les documents reproductibles sagement imprimés et disposés sur le pupitre. À l'écran les sources, sur le papier la construction des réponses. Sur le mur à côté du bureau de l'enseignante, un carton diffusait appel à l'aide d'un élève qui voulait savoir comment convertir les données du site IGA.net en unités impériales, histoire de ne plus rater ses recettes à la maison. Sur le mur opposé, il y avait des références linguistiques sur papier mais aussi BonPatron.com et Lexilogos. L'enseignante me disait que c'étaient de grandes vedettes de l'écran SmartBoard.

    J'ai bien vu trois classes des 2e et 3e cycles avec des portables qui n'étaient pas sur le point d'être démarrés. On y discutait, on y écoutait, on y écrivait à la main et on y calculait avec les doigts. Il y a des jours comme ça où la technologie se repose parce que les jeunes ont d'autres choses à vivre. Ça semblait parfaitement normal ainsi.

    J'ai beaucoup apprécié ma liberté lors de cette visite. J'ai été épaté par les différences entre les classes quant à la fréquence d'utilisation, les raisons, la disposition et le degré d'intégration au quotidien. Je vois très bien des classes de ma CS vivre au même rythme, sans hypercontextualisation, sans extrémisme. Juste une vie d'école bien normale avec un outil bien normal qu'on utilise au bon moment, pour les bonnes raisons.

    Dans un prochain billet, j'aborderai ma visite dans une école secondaire. J'y reprendrai les paroles d'une célèbre chanson de Willie Lamothe...

    Petite référence qui vaut ce qu'elle vaut, le canal YouTube pour le projet ELS de l'ETSB: http://www.youtube.com/user/etsbELS

    Issue time14:11, par Pierre Lachance  
    Catégories: Réflexions, Partage

    Judith Cantin m'a fait connaitre ce vidéo (90 min) à propos des technologies et de leurs effets dans notre société.

    Voici mes notes/réflexions prises lors de mon visionnement.

    Les TIC peuvent distraire de la tâche.

    C'est vrai et il faut en tenir compte, tout comme on le fait pour l'agenda papier qui sert de planche à dessin/collage ou encore pour son voisin de bureau. On doit être conscient que notre cerveau n'est pas si multitâche qu'on aimerait le croire.

    En passant, nos écoles (primaires et secondaires) sont encore assez loin d'avoir des problèmes avec le multi-tâche des élèves dans les classes encore assez fermées sur elles-mêmes (dirons certaines mauvaises langues &#59;) ).

    Le cerveau travaille plus fort lors d'une recherche sur le Web que lors de la lecture d'un livre.

    Ce qui me semble assez normal, ce sont deux actions différentes dont l'une est linéaire (le livre).

    La dépendance

    Être dépendant à quelque chose n'est pas nouveau dans l'humanité, il y aura toujours des gens plus enclins à ne pas garder un équilibre dans leur vie. Donc, comme les autres dépendances potentielles, l'école doit agir pour tenter de les prévenir.

    Communiquer avec ses proches

    Des parents qui se plaignent de leurs enfants à propos de la communication familiale ce n'est pas d'hier que ça existe. Les TIC ne sont pas LA seule source au problème.

    L'équilibre, un mot important ici, doit être une cible à atteindre. La bonne vieille culture générale, voilà un but qui me parait encore à jour.

    «Netiquette»

    Comme pour toutes les technologies, l'utilisation responsable des TIC doit être une autre cible. Mais ça ne tombera pas du ciel, ça doit être appris, expliqué, régulé, alouette...

    TIC = oxygène pour les jeunes

    L'image frappe, peut être un peu trop fort, mais elle a le mérite d'illustrer dans quel monde vivent nos enfants, les natifs (vs immigrants que nous sommes).

    Ho! Hi! Ha! Un directeur d'école surveille à distance (l'utilisation de leur ordinateur) les élèves, et ce, à leur insu!

    Selon moi, dépasser les limites pour éduquer aux limites est une mauvaise stratégie.

    Ça empire

    J'ai toujours un profond malaise quand j'entends dire :

    Avant c'était X, maintenant c'est X-1.

    On oublie toujours de considérer qu'il n'y a pas qu'une seule variable dans l'évolution du système. De là des conclusions plus subjectives qu'objectives.

    Les jeux

    Ici je trouve le terrain un peu glissant, car dans le système «jeu» il n'y a pas que la variable TIC à considérer. Pas besoin des TIC pour passer des heures et des heures à jouer. Ma grand-maman a joué aux cartes «réelles » d'innombrables heures alors qu'elle n'a pas connu le mot TIC!

    De l'excès il y en a toujours eu, il y en aura toujours selon moi. Et ce, dans tous les aspects de notre vie.

    Des bureaux d'IBM vides

    Celles et ceux qui ne croient pas que les TIC changent des choses dans notre société, je crois que de voir les bureaux d'IBM vides peut aider à le croire. L'utilisation d'outils virtuels dans un emploi change non seulement le travail, mais les relations entre les employés (et l'employeur).

    Jeu et école

    Apprendre par leu jeu? Ne sais pas trop. Mais je retiens cette phrase :

    Le jeu augmente l'engagement des élèves dans la tâche.

    Le mot important ici est «engagement », pas jeu. Il doit exister d'autres moyens de l'augmenter (l'engagement, pas le jeu)?

    Perte

    Encore ici (voir ce billet), on parle de perte quand on regarde en arrière. On perd la lecture de long texte. On perd le contact réel entre humains. On perd la concentration sur un sujet à la fois. On perd...

    (Re)Voir ce vidéo de Michel Serres sur ces pertes ou gains.

    Finalement

    Les TIC (la technologie) ne sont pas bonnes ou mauvaises. Elles sont puissantes.

    Et comme pour tout outil puissant, ça prend des humains préparés/formés pour les utiliser adéquatement. L'école doit absolument prendre sa place dans cette formation, car sinon ce sont des ti-zamis qui s'en occuperont.

    Une des bonnes fonctions des TIC est de pouvoir les éteindre. &#59;)