On entend souvent des gens «critiques» face à l’intégration des TIC en classe nous dire que les études sur le sujet ne font pas consensus sur leurs impacts. C’est possiblement vrai. Mais j’ai quand même un petit «titillement» (qui doit provenir de ma formation en science dite dure ;o)) qui me fait poser quelques questions sur ces études.


Note: pour être honnête avec vous, je ne suis pas un expert en évaluation, ni en recherche sur les TIC (que je ne lis pas régulièrement non plus). Mais j’ai quelques connaissances/compétences terrain en lien avec les TIC.


Est-ce que les études portent uniquement sur les notes obtenues par les élèves?

Si oui, il sera difficile à mon avis (je le répète, je ne suis pas un spécialiste de l’évaluation) d’avoir un consensus sur leurs impacts, car l’outil (utilisé lors de l’apprentissage) en soi ne peut pas à lui seul expliquer les résultats des élèves. Le type de tâche exigée a possiblement (hypothèse) plus d’impacts que les outils eux-mêmes.


Est-ce que les études tiennent compte des approches pédagogiques et du type d’évaluation?

Les TIC, comme signalé ci-haut, sont des outils. Si l’enseignant n’a qu’échangé un outil pour un autre sans rien adapter/modifier dans sa pédagogie/évaluation, pourquoi aurions-nous des impacts positifs? Qu’on le veuille ou non, utiliser les TIC nous place dans un nouveau «monde» qui offre de nouvelles possibilités. Ne pas adapter sa pédagogie/didactique c’est tenter d’étouffer ce potentiel.


Est-ce que les élèves avaient droit à leurs outils TIC tant en apprentissage qu’en évaluation?

L’apport des TIC dans l’apprentissage des élèves ne peut pas être seulement analysé en considérant leurs résultats aux «mêmes examens», car utiliser les TIC en apprentissage ouvre grande la porte sur des éléments non mesurables par ceux-ci. Une compétence c’est (en résumé) de mobiliser des ressources, alors si les ressources mobilisées lors de l’apprentissage ne sont pas les mêmes que lors de l’évaluation, nous venons de nuire à l’élève (et au résultats de l’étude).


Si on veut que notre École devienne «numérique», on ne peut pas seulement prendre ce qui fait notre affaire dans le «monde numérique» et laisser le reste de côté. Dans ce cas, les impacts sur les élèves ne seront pas optimaux (peut-être même défavorables).

 

Est-ce que les études tiennent compte (évalue) de la façon dont les TIC ont été utilisées?

Il y a de mauvaises utilisations du marteau, il y a aussi de mauvaises utilisations des TIC. Le seul fait que les TIC soient présentes en classe, ne garantit pas qu’elles soient utilisées adéquatement/efficacement, et donc qu’il y aura un apport positif.


Les TIC sont des outils, et comme pour tous les outils il y a de meilleures façons de faire que d’autres. Un exemple, lire un livre sur une tablette n’aura des avantages que si on permet au lecteur d’utiliser les fonctions «numériques» (définitions, annotation, outils de recherche, etc) non présentes dans le livre papier. Sinon, ce sera du pareil au même, et les impacts positifs ne seront pas présents. Il y aurait également à faire une refonte de la tâche de lecture pour profiter au maximum de la TIC.



En toute bonne foi, je ne peux pas tasser du revers de la main toutes ces années que j’ai passé à travailler avec des enseignants et des élèves, à voir des impacts très positifs, entre autres, sur la motivation scolaire, sur l’estime de soi, sur des méthodes de travail améliorées, sur des yeux pétillants et des sourires francs, à cause d’études qui émettent un doute sur l’apport des TIC. Est-ce qu’on a déjà mis en doute l’apport de l’École dans l’apprentissage des élèves? On pourrait avoir de grandes surprises.


Les TIC sont présentes dans notre société, et ce n’est pas demain la veille que ça changera. Adaptons notre École afin que ces outils puissent agir comme nous le désirons, c’est-à-dire en catalyseur (déformation professionnelle) à l’apprentissage. Lorsque nous aurons fait quelques pas dans cette direction, nous pourrons demander à des chercheurs de nous aider à trouver des moyens d'améliorer notre démarche. Mais pour l'instant, pouvons-nous débuter la randonnée?


N. B. : Comme j'ai dit en début de billet, je suis personne dans ce monde des études universitaires, donc il est probable que j'ai dit des nia... faussetés. Je vous remercie à l'avance de me corriger dans les commentaires ci-dessous.


Je remercie M. Patrick Giroux de m’avoir allumé sur divers aspects.