Au RÉCIT dans les denières années, je crois que nous nous sommes surtout concentré sur l'information. Informer que le réseau existe. Informer sur nos mandats. Informer sur les services offerts. Informer sur l'existence de situations d'apprentissage. Mais je réalise que du côté de la communication, on a peut être des croûtes à manger. Et quand on veut intégrer les TIC, ça peut poser problème.

Le présent billet a pour but (bien humblement par ailleur, je ne suis pas un expert en science de la communication) d'exprimer ma vision de la communication, de trouver des moyens de la faciliter, et donc de l'améliorer à l'intérieur de notre réseau.

Composition de la communication

D'abord essayons d'imager sous forme mathématique la communication:

formule comm

où E = Émetteur, R = Récepteur, b= bruit et C = Communication.*

Émetteur

Bon ok, c'est bien beau tout ça, mais quelles sont les implications de cette formule? Prenons d'abord l'émetteur. Le fameux E (ou la fameuse), placé en premier dans la formule non par hasard ou par ordre alphabétique, doit avoir un message à faire passer à R à l'aide d'un outil. Je me concentre ici sur le contenant (vous comprendrez pourquoi plus bas) par rapport au contenu.

Afin d'augmenter la grandeur de la variable E, l'émetteur a quelques efforts à faire.

  • Choisir le bon outil: Le traitement de texte n'est pas idéal pour transmettre une image;
  • Connaître le récepteur: Selon le niveau du récepteur, l'émetteur aura à ajuster son message afin d'être compris;
  • Préciser le message: Un message est toujours interprété, donc l'émetteur doit s'assurer d'être le plus clair possible, et ce sans être trop long;
  • Il faut également structurer le message le plus efficacement possible afin que le récepteur ne se sente pas perdu dans le flot d'informations.
  • Catégoriser le message: les messages sont nombreux, il faut donc tenter de les catégoriser pour en faciliter la digestion par le récepteur.

Stratégies gagnantes pour augmenter la valeur de E:

  • Si le message est web:
    • L'utilisation des fils RSS est un excellent moyen pour l'émetteur de faciliter la tâche du récepteur;
    • Un moteur de recherche dans le site (un ensemble de messages) est un autre moyen pour aider le récepteur;
    • Valider les pages à l'aide d'outils comme http://validator.w3.org/ et http://jigsaw.w3.org/css-validator/;
    • Attention à la lourdeur des images.
  • Utilisation de standard (voir http://w3c.org et http://linuxeduquebec.org/article.php3?id_article=122 );
  • Exploiter la force de l'outil utilisé, par exemple un courriel trop long décourage beaucoup de gens à le lire. Alors qu'un billet trop court n'attire pas l'attention;
  • Être ouvert à la critique constructive pour améliorer son message.

Récepteur

Notre récepteur a un rôle à jouer dans la communication, un rôle très important afin que la variable R ait une grande valeur dans l'équation. Tout comme l'émetteur, le récepteur doit choisir des outils pour recevoir l'information. Il doit également la traiter, ce qui demande un effort, peu importe ce que l'émetteur a utilisé comme outil.

Ses outils doivent donc être en phase avec ceux de l'émetteur, c'est à dire que si l'émetteur utilise une page web (blogue, wiki, page statique...) pour communiquer, le récepteur doit minimalement avoir un navigateur pour accéder au message. Le récepteur doit aussi «aller chercher» le message là où il est (dans son courrier électronique, à une adresse web, sur un fil RSS...). Ce qui demande souvent des efforts relativement élevés.

Stratégies gagnantes pour augmenter la valeur de la variable R:

  • Exploiter les forces de ses outils: ex.: un logiciel de courrier électronique permet d'autoclasser ses messages entrant par sujet, expéditeur, etc. Ceci simplifie grandement la traitment des messages;
  • Favoriser l'utilisation d'agrégateur de fils RSS à la navigation à l'aveugle;
  • Développer une routine: il est plus simple de traiter 20 courriels à chaque jour que d'en traiter 100 une fois la semaine. De plus, certains messages vieillissent mal;
  • Ne pas avoir peur de poser des questions à l'émetteur pour mieux comprendre le message et pouvoir ensuite l'enrichir.

Bruit

Le bruit est un ensemble de facteurs comme:

  • l'utilisation de format de fichier (le contenant) ésotérique: un texte en format pmf (pierre meta file), non documenté, posera des problèmes;
  • la surabondance de messages (incluant les pourriels): on doit éviter d'envoyer des messages à plusieurs si on cible une seule personne (ou même quelques-unes);
  • les mauvaises expériences du récepteur: après une réponse brusque/inadéquate à une question/un message, une personne peut cesser de communiquer (R=0);
  • information en fouillie: est-ce qu'une personne doit recevoir toutes l'informations disponibles ou alors l'information qui la concerne. Ex.: un enseignant en mathématique doit-il recevoir l'information concernant la langue seconde s'il ne la veut pas?

Communication

J'ai tenté de démontrer que l'émetteur et le récepteur ont chacun leur importance dans la qualité de la communication. À mon avis, on néglige souvent le fait que s'il y a absence de récepteur (R=0), il n'y aura pas de communication (C=0). Logique vous me direz!

De plus, pour qu'une communication soit efficace (grand C), émetteur et récepteur doivent minimalement s'entendre sur certains points (outils, format de fichier, structure de l'information...). Ce qui m'amène à daire qu'un groupe comme le RÉCIT devrait travailler sur ces éléments dans les prochains mois.

Pour ce qui est de b, il diminue la qualité (facteur diviseur) de la communication. L'objectif est donc de le minimiser (paradoxalement à l'aide de la communication!). Ici aussi il y a du travail à faire.

Dans le RÉCIT

Beaucoup de contenus/expertises ont été développés depuis les débuts du RÉCIT (même à l'époque des CEMIS). Mais je crois qu'on peut dire que notre bibliothèque est relativement mal classée. Même que je ne vois pas les tablettes ;-) Ce qui a comme résultat de peut être donner l'impression aux éducateurs qu'on n'a pas grand chose à offrir/communiquer.

Il est peut être temps pour notre réseau de s'attaquer au contenant?

Le RÉCIT est divisé selon les domaine d'apprentissage (pour les nationaux). Ce qui peut être intéressant pour certains projets mais pour d'autres, plus englobant (comme le contenant), c'est possiblement un frein. Notre démarche pour l'adoption du gestionnaire de contenu SPIP pour le site central et la syndication (fils RSS) est un premier pas dans cette direction (notre première tablette). Mais il reste beaucoup de travail à faire pour les autres aspects du web: vidéoconférence, clavardage, radio web, streaming vidéo, base de données, travail télécollaboratif, formation virtuelle...

Malheureusement, personne n'a le mandat de développer le «contenant» au niveau national. Oui oui il se fait un peu de développement de contenant (SPIP, fils RSS, vidéoconférence, radio web...), mais ce développement se fait à la pièce, donc sans vue d'ensemble. Ce qui n'aide pas vraiment le réseau à mieux communiquer.

Note: Je sais que ce texte n'est pas complet, il manque des éléments pour chaque variable (même la formule est modifiable). Merci de les ajouter dans les commentaires ci-dessous.

PS: Merci à Richard Ayotte, Martin Bérubé, Pierre Drouin, Gilles Jobin, Louis Longchamps, Daniel Ricard pour l'inspiration.

Joyeuses fêtes à tous!