Encore plus de contenu ou se concentrer sur le contenant?

Impression personnelle: On veut des banques (lire sites où le contenu a été sélectionné par une autre personne que l'utilisateur final), toujours de banques! Qui fait la banque? Qui met à jour la banque? À quoi sert la banque? Que fait de plus cette banque par rapport à celles existantes? D'ailleurs M. Bibeau nous signale (chapitre 5.2) que:

Depuis 1996, le ministère de l'Éducation du Québec ne subventionne plus le développement de Cédéroms éducatifs. Par contre, entre 1996 et 2003 le Ministère a consacré chaque année environ 400 000 $ pour soutenir la conception par les commissions scolaires, de contenus éducatifs sur Internet (Direction des ressources didactiques, 2001). Depuis 1996 une soixantaine de projets ont été financés. Les sites subventionnés dans le cadre de ce programme sont offerts gratuitement au réseau scolaire. Ces sites sont de bonne qualité tant du point de vue de leur facture que de leur contenu pédagogique (ils ont été réalisés par des équipes d'enseignants expérimentés). Certains ont connu un succès d'estime sans pour autant voir leur survie assurée. Plusieurs sites Web subventionnés ne sont pas régulièrement mis à jour et leur contenu devient rapidement obsolète. Environ le tiers des sites Web subventionnés par le Ministère depuis 1996 sont toujours en ligne et mis à jour sporadiquement (Bibeau, 2003).

Donc, mon interprétation de ce paragraphe est qu'on se rend compte que même si on essai de faire des banques/listes/sites (qui ne sont jamais à jour en passant, le web évolue trop rapidement), nous ne sommes pas capable de les maintenir, les rendre pérennes. De plus, il écrit (chap. 5.3) que:

Les portails informationnels comme Carrefour éducation et les dépôts d'objets d'apprentissage et de REA comme Eurêka remplissent cette fonction indispensable [26]. Malheureusement, des enquêtes nous indiquent qu'une faible proportion des enseignants connaissent l'existence de ces ressources (Gervais, 2000 ; Danvoye, 2002).

En plus de payer pour les «banques», elles ne sont pas connues! Ce qui pourrait peut être expliquer que (chap. 5.3):

Les enseignants et les élèves éprouvent de grandes difficultés à trouver l'information sur les contenus disponibles dans Internet (Gervais, 2000).

Ils ne trouvent pas, mais où cherchent-ils? C'est donc à faire apprendre aux éducateurs à pêcher le poisson et à la cuisiner que je m'attarderais pour augmenter le taux d'intégration des TIC. Et ce même si on conclut dans le texte que:

De ces observations et de biens d'autres nous pouvons déduire que le développement et la mise à jour de banques de ressources éducatives numérisées fait défaut et constitue un obstacle à l'utilisation des TIC en pédagogie.

Il en manque! Celles qui existent ne sont pas connues (alors non exploitées au maximum) et on veut en faire d'autres? Ce qui m'amène à penser qu'on veut ce qu'on avait en papier: un guide du maître. Tout bien classer, avec des «banques» de ressources «teacher-proof», des activités, etc. De plus, comme:

Selon une enquête du ministère de l'Éducation, 50,6 % des répondants scolaires sont insatisfaits des logiciels disponibles (Danvoye, 2000 ; p. 42).

Sur quoi se base t-on alors pour dire que les prochains logiciels/contenus/banques seront plus satisfaisants? Si on travaillait pour faire passer l'enseignant de consommateur à auteur, est-ce que ça pourrait améliorer le taux de satisfaction? Je crois que oui, si on a créé sa situation d'apprentissage soit même (pas nécessairement de zéro et seul dans son coin), on a plus de chance d'être satisfait du résultat.

Finalement je trouve étrange qu'on cite ceci au début du texte:

Selon Durpaire (1997), « Loin d'être des carcans, les normes et les règles bibliothéconomiques sont des conditions essentielles aux échanges, et donc à l'ouverture de l'école sur l'inforoute. Faute de connaître ces règles et ces normes, les élèves rencontrent de grandes difficultés et renoncent parfois à chercher l'information. » (p. 40).

et qu'au chapitre 5.6 on nous dit que:

Le développement de portails éducatifs spécialisés et de livrets de signets présélectionnés offre des solutions à ce problème. (problème de sécurité pour les élèves)

Pour moi utiliser des normes (standards) ne veut pas dire qu'on doivent se refermer sur soi avec un portail aseptisé.

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