Chez nous, on a imposé Open Office à toutes les écoles car la CS ne voulait plus payer la licence WordPerfect. C'est dans ce contexte que j'ai été appelé, ce matin, à donner une petite formation sur Open Office.

Vous savez sans doute que je n'ouvre à peu près jamais de traitement de texte (lire ce billet) et donc, que je n'y connais rien aux particularités de Writer. De plus, je considère que ce n'est pas dans le rôle d'un animateur RECIT de connaître tous les logiciels sur le marché.

J'ai donc préparé la rencontre en fonction de mon ignorance voulue d'Open Office.

J'ai d'abord commencé par une courte présentation d'une durée prévue d'une demi-heure. Vous la trouverez ici.

J'ai abordé le tout sous l'angle du logiciel libre. La discussion fut fort intéressante car pour tous les participants, un LL était tout simplement un logiciel gratuit qu'on pouvait se procurer sur le web. Rien de plus. Démythifier la chose fut très stimulant.

J'ai ensuite abordé l'angle du TdT en tant que tel. Et j'ai souligné comment je sentais qu'ils étaient « pognés » avec ce type de logiciel. Preuves à l'appui, j'ai donné quelques exemples.

Le reste de la formation fut consacré à l'exploration du Writer. Ils m'ont souvent entendu dire « je ne sais pas, mais je suis convaincu que cela se fait, alors cherchons ensemble. ».
- Mais Gilles, NOUS il faut bien qu'ON LE SACHE!!!
- Pourquoi?
- Nous vois-tu, devant 24 élèves, incapables de répondre sur comment faire une telle action?
- Et pourquoi l'élève ne le découvrirait-il pas lui-même?
- Mais ça demande un temps fou.
- Mais n'est-ce pas plus formateur?
- ???
- Enfin, ne croyez-vous pas que si l'élève découvre les fonctions qu'il a besoin par lui-même, qu'il aura moins besoin que vous les lui rappeliez plus tard. Et puis, ne croyez-vous pas que ce même élève pourra répondre à d'autres qui, éventuellement, auront aussi besoin de cette fonction en particulier?
- Mais ça demande du temps...
- Qu'est-ce qui compte vraiment? Le produit fini ou les processus que l'élève développent en apprenant? Votre rôle n'est-il pas d'observer l'élève pendant qu'il résout des problèmes, et non pas l'observer alors que le problème est résolu?

J'ai aussi mis beaucoup l'accent sur la stylisation de la page. Aucun enseignant ne connaissait ce «feature». Or, d'après moi, c'est sans doute là la grande force du TdT, car la stylisation permet de jeter sur papier une structure mentale du document. L'idée de pouvoir produire par la suite automatiquement une table des matières les a éblouis.

Je suis aussi allé de mes recommandations au niveau typographique : ne jamais utiliser deux fois de suite la barre d'espacement, ne jamais utiliser la fonction de soulignement, utiliser du sans-serif pour les titres, du sérif pour le corps du texte, etc.

À la sortie, on m'a demandé une copie du logiciel «car on veut l'installer chez nous». Somme toute, une jolie avant-midi de juin...