En un mot, voici ce que j'en pense : un belle superfétation.
Je me demande bien quel est cet engouement pour un outil aussi dispendieux et qui, ma foi, n'ajoute rien à un enseignement magistral avec ordinateur et canon.
Car, le tableau blanc interactif, ce n'est que cela : un tableau tactile. Au lieu d'utiliser le clavier et la souris, on utilise son doigt ou un crayon directement sur le tableau. Payer plus de 1500$ pour ça démontre soit l'ignorance pédagotechnique de l'acheteur soit sa très grande richesse et son goût pour les futilités.
Le TBI demande nécessairement un ordinateur et un projecteur. Et, je le répète, il n'y a à peu près rien que l'on ne puisse réaliser avec le TBI qu'on ne peut déjà faire si l'on a l'ordinateur et le projecteur.
Le vendeurs nous en mettent plein la vue en utilisant des logiciels interactifs, mais c'est derniers sont utilisable avec clavier et souris. Le TBI n'est juste qu'un gadget.
Et, à mon avis, le TBI est absolument inutile si on utilise des logiciels genre Squeak qui demande pour certaines fonctions des combinaisons du type MAJ-click ou CTRL-clic droit...
On tente aussi de nous impressionner avec des gadgets où les élèves sont appelés à voter sur des questions à l'écran. Diable, moi, je demande de lever la main... c'est pareil.
Y a-t-il quelque chose de pédagogique avec le TBI? Réponse : les avantages pédagogiques du TBI dont identiques aux avantages pédagogiques SANS le TBI (en tenant pour acquis que vous avez déjà un ordinateur et un projecteur, évidemment).
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Commentaires, Trackbacks:
Quand on enseigne avec ce bidule ça doit être le fun par contre ;o)
En fait, c'est l'fun d'avoir un ordi et un canon en classe.
Un autre prob. avec le TBI, il est difficilement déménageable et l'enseignant qui a le canon fixé au plafond, ne peut pas le prêter aux autres dans l'école lorsqu'il n'est pas utilisé. C'est plate.
Plus ça va, plus vous me faites penser aux animateurs de radio déchus de la région de Québec, mal documentés, gueules sûres et parlant à travers leur chapeau.
Avez-vous déjà enseigné avec un TBI? Avez-vous déjà vu les yeux des enfants, plus particulièrement des garçons, lorsqu'on leur enseigne avec un TBI et de bons logiciels et contenus derrière ?
En quoi est-ce si dispendieux ?
C'est moins coûteux qu'un ordinateur et ça me permet d'avoir au bout de mon crayon tout un univers et interagir avec les enfants.
Vous devriez aussi voyager un peu et aller voir comment ça se passe en Angleterre ou aux États-Unis plutôt que rester le nez collé 15 pouces derrière votre blogue.
Lucie Trottier
Enseignante
la question que nous nous posons en ce moment est de savoir si ce type de technologie peut être utilisée PAR l'élève pour apprendre. Nous sommes conscient que l'enseignant peut l'utiliser pour rendre SA présentation plus dynamique. Mais quand on parle d'intégration des TIC dans l'apprentissage des élèves (le programme de formation), on essaie (le plus souvent) que ce soit l'élève qui travaille/apprend avec les TIC.
Voilà pourquoi, jusqu'à présent, nous avons un peu de difficulté à voir les avantages de cette technologie. Merci de nous aider à avancer dans notre vision.
Citez moi quelques situations d'apprentissage et d'évaluation complexes que l'on peut réaliser avec le TBI et je réviserai certainement mon point de vue. Je parle ici de situations d'apprentissage, et non pas de situations d'enseignement.
Et pour ce qui est de ces dernières, citez-m'en quelques unes qui ne se réalisent qu'avec le TBI, et qu'il serait impossible de réaliser avec un simple ordinateur et un canon.
Bien sûr que le TBI dans un contexte d'enseignement magistral, c'est l'fun, mais, pour le prix qu'il en coûte, ne vaut-il pas mieux investir dans deux portables qu'on pourrait donner à deux enseignants à la place???
Vous soulevez une question très intéressante sur laquelle j’ai écrit une réflexion à lire ici.
En tant que formatrice et accompagnatrice de leur utilisation, je me fais souvent poser la question, totalement légitime, de l’avantage des tbi par rapport au simple canon. Je vous propose donc ma vision, et je vous invite à consulter quelques liens en fin de texte, qui sauront peut-être préciser le tout. Il est intéressant de regarder du côté de nos cousins français pour voir toutes les études qui ont été faites sur le sujet. Au Québec, nous en sommes encore aux balbutiements des tableaux blancs interactifs.
Bien cordialement,
Audrey
Les avantages que vous citez sont au regard de l'enseignement de type magistral.
Mais avez-vous des SAE où le TBI est un outil facilitateur? J'en ai trouvé nulle part.
La question, elle est là : le TBI fait-il partie du paradigme de l'enseignement ou du paradigme de l'apprentissage?
Si, comme certains vendeurs nous le laissent entendre, le fait de voter sur une manette rend l'élève actif, alors j'avoue que je ne dois sans doute pas avoir la même définition de ce qu'est un élève actif dans ses apprentissages.
http://recitmst.qc.ca/jardin/PARADIGMES.HTML
Le programme de formation, je crois, nous demande d'être dans la construction de connaissance (actif), et ce même avec les TIC.
Note: ce qui ne veut pas dire que le magistral est à proscrire, mais quand on a des $$ à investir on doit prioriser. Et moi je priorise des TIC moins reliées à l'enseignement.
Au plaisir.
Il faut arrêter d'essayer de tout intellectualiser à ce point et, du coup, de démotiver des enseignantes comme moi qui ont une vraie classe et qui intègrent avec positivisme des éléments de la réforme, mais dans le réalisme d'une vraie classe de 2008, avec de vrais élèves et non de la haute voltige.
Si le TBI me motive, motive et fascine mes élèves, me permet de captiver mes élèves, particulièrement les garçons, d'intégrer graduellement la réforme à ma pratique, il est où le problème ? Cela n'empêche nullement le fait que j'aie 3 ordinateurs dans ma classe qui servent à quasi plein régime. J'ai choisi plutôt que d'en avoir un quatrième, d'adopter le TBI. Les élèves viennent souvent le manipuler et présenter des travaux et des ressources en avant. Mes élèves ne sont donc pas assis sur leur steak en m'écoutant parler.
Mais je risque de me faire encore une fois tirer à boulets rouges par les représentants barbus de la go-gauche des TIC du Québec qui dénigrent tout dès que ça vient d'une entreprise privée ou de la GRICS et que ça coûte plus que cinq piastres.
Je devrais réfléchir à utiliser des petits bouts de ficelle libres et des morceaux de cuir, parce que ça coûte presque rien ? Moi je choisis de vivre en 2008 et d'intégrer à mon enseignement des outils de mon temps.
Si je comprends bien votre propos, les SAE sont des lubies de conseillers pédagogiques.
Je maintiens cependant mon point de vue, puisque vous n'arrivez pas à me démontrer le contraire : le TBI est un outil probablement efficace dans la cadre d'un enseignement magistral.
PS1 : Je ne crois pas TOUT dénigrer : par exemple, je favorise grandement l'utilisation d'un correcteur genre Antidote, que je possède d'ailleurs (je l'ai payé de ma poche) sur mon Linux.
PS2: Pas plus tard que cette semaine, j'ai dîné avec deux directeurs de la Grics (et oui! avoir des différences d'opinion n'empêche pas de se parler) et, croyez-le ou non, ils étaient bien d'accord avec ma vision du TBI !
PS3: Je ne dénigre pas les ENSEIGNANTS qui utilisent les TBI. J'ai toujours été et je serai toujours pour la liberté professionnelle dans le choix des outils de travail. Je crois juste que c'est une très mauvaise décision administrative et qu'il vaut mieux investir ailleurs.
(http://ds9.cyberportfolio.ca/mt/mt-comments.cgi ) :
"Le tableau interactif est aussi un outil puissant pour favoriser la collaboration en salle de classe. Mais ce que je remarque, c’est que les élèves y touchent rarement. Il est plutôt utilisé comme un tableau où l’écriture et le déplacement d’objet devient facile. Ce qu’il faut, c’est amener la salle de classe à être centrée sur les élèves, et non sur l’enseignant. Dans cet environnement, le tableau interactif sera un outil d’apprentissage merveilleux!"
L'idée de ce commentaire n'est pas de mettre de l'huile sur le feu. Je veux simplement faire prendre conscience que deux paradigmes s'affrontent ici; celui de l'enseignement versus celui de l'apprentissage. Un paradigme est une vision, une perspective d'un aspect particulier. Il n'est pas toujours facile de dialoguer lorsque les références diffèrent diamétralement.
Par contre, le programme de formation de l'école québécoise est clair sur un point: L'élève doit être actif dans ses apprentissages. Comme Gary, je crois que le tableau interactif est une technologie particulièrement puissante dans les mains... Des élèves! Comment peuvent-ils développer leurs compétences sans être actif?
Un ordi et un canon ne remplacent pas l'enseignant debout devant la classe qui doit continuer à assurer une gestion efficace de l'apprentissage.
Une option peu couteuse au TBI est un canon avec un portable style "tablet PC". Le logiciel de Smarttech (Smart Notebook) est gratuit. Même les élèves peuvent le télécharger à la maison afin d'y monter leurs propres présentations.
Mais au niveau d'accrocher les jeunes, le TBI est un outil fantastique.
Très intéressant cette discussion sur le tableau interactif. J'ai eu l'occasion de travailler avant les Fêtes avec un animateur qui avait à sa disposition un tel outil lors d'une formation en mathématique. Bel outil de complémentarité pour l'enseignant(e) qui travaille avec un support informatisé quelconque.
Par contre, la discussion qui se tient sur l'outil dans le processus d'apprentissage des élèves m'intéresse grandement. Certains intervenants et intervenantes dans la discussion soutiennet ardemment l'apport de l'outil en classe, mais qu'en est-il vraiment dans LEUR processus d'apprentissage à eux.
Je constate Mme Trottier que vous semblez fortement favoriser cet outil, et vous semblez l'utiliser (ainsi que vos élèves) dans vos et leurs démarches d'apprentissage avec les technologies.
Le RÉCIT ayant actuellement des discussions sur ce sujet depuis quelques temps, j'apprécierais beaucoup de pouvoir me rendre dans votre classe et de constater, de visu, ce qui en est vraiment. Je pense que cet apport aiderait bien le réseau et permettrait à ce dernier d'avoir un vrai vécu d'enseignant travaillant en "mode apprentissage" avec des élèves bénéficiant de cette technologie en classe.
Si l'offre vous intéresse n'hésitez pas à communiquer avec moi.
Merci.
Je précise d'abord que je ne suis pas "objectif": je dirige une société qui développe des logiciels pour l'éducation et pour TBIs. Nous diffusons des TBI (mobiles) en France.
Je me pose effectivement souvent la question de l'utilité car oui, le TBI, ce n'est qu'une souris et oui, il n'y a pas d'étude vraiment crédible qui montre qu'on apprend mieux avec un TBI. Ceci dit, je suis quand même convaincu de son intérêt, dans un grand nombre de situations.
En gros, je vois 3 points clés:
- former, c'est présenter. Tous les outils qui améliorent la performance du prof sont bons à utiliser
- pour créer un lien avec les élèves, il faut utiliser les technologies qu'ils utilisent. La craie n'est pas moins bien, dans l'absolu... Simplement, elle est en dehors du monde des élèves.
- il faut accoutumer les élèves à l'informatique. Le TBI est un bon moyen pour ce faire - et assez bon marché, somem toute, par-rapport aux classes multimedia (avec ordi par élève).
Je vous renvoie à quelques billets de mon blog qui développent tout ça.
Former, c'est créer des liens : http://www.speechi.net/fr/index.php/2007/12/12/former-cest-creer-des-liens/
Pourquoi le TBI mobile (interview): http://www.speechi.net/fr/index.php/2007/10/30/pourquoi-le-tableau-interactif-mobile-interview-de-rafi-holtzman-n02/#more-861
Les TBI sont-ils utiles pour l'enseignement ? : http://www.speechi.net/fr/index.php/2007/07/02/les-tableaux-interactifs-sont-ils-utiles-pour-lenseignement/
http://www.tqs.ca/videos/techno/2008/02/la-techno-et-l-enseignement-25117.php
http://fausse-piste.net/piste1/spip.php?article299
A lire également, des témoignages d'utilisateurs du TBI, ainsi que des boîtiers de vote sur le blog Usage des Tice dans le val d'Oise :
http://www.usagestice95.ac-versailles.fr/blog