(N.D.L.R. : Toute ressemblance avec la réalité n’est que pur coïncidence)
Un bon prof de mathématique de la première année du deuxième cycle du secondaire (3e secondaire, selon l’ancien curriculum) cherchait une façon d’enseigner le théorème de Pythagore à ses élèves à la manière du renouveau pédagogique (l’ancienne « réforme » du temps du MEQ). Il se disait, mais tout en demeurant sceptique, qu’il pourrait amener ses élèves à réaliser des apprentissages en lien avec ce concept. Sachant que plusieurs de ses élèves avait des difficultés avec cette partie de la matière, il se demandait s’il serait plus avantageux pour eux de leur proposer d’en faire la découverte. Ce n’est pas qu’il doutait des capacités intellectuelles de ses élèves; ils savaient pertinemment que s’ils avaient appris à marcher et à parler dès leur plus jeune âge sans qu’on leur ait enseigner quoi que ce soit, qu’ils étaient capables, lorsque le concept était bien présenté, d’apprendre bien des choses.
Il cherchait un outil qui stimulerait la motivation des élèves à apprendre ce concept et qui permettrait à ceux-ci de réaliser des manipulations autres que papier qu’il considérait comme trop statique. Plusieurs élèves refusaient de reprendre la manipulation jugeant qu’ils avaient déjà investi beaucoup d’efforts dans la réalisation d’un ou deux exercices; n’ont pas qu’ils étaient paresseux, mais bien parce qu’ils voulaient réussir du premier coup. En première année du deuxième cycle du secondaire, ils avaient déjà rencontré tellement de modèles qui réussissaient du premier coup leurs démonstrations qu’ils étaient convaincus qu’ils étaient assez compétents pour réussir eux aussi du premier coup; à cet age, l’on ne peut avoir droit à l’erreur!
En réfléchissant à ce problème, il rencontre au guichet automatique de sa banque, un ancien étudiant qui s’empresse aussitôt de le saluer. Heureux d’être abordé ainsi, notre enseignant s’empresse de lui demander ce qu’il devient dans la vie. Celui-ci lui répond tout de go que puisque son ancien maître lui avait insufflé l’amour des mathématiques, mais qu’il n’avait aucun don pour l’enseignement, qu’il avait étudié pour devenir programmeur-analyste.
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