Dans ce billet de M. Lachance, l'une des solutions pour former est de se donner comme modèle aux enseignants qui suivent une formation sur la façon d'intégrer les TIC en classe avec les élèves.
Comme lui, ça fait bientôt sept ans que je m'évertue à trouver "LA" façon de former qui inciterait le personnel enseignant à utiliser l'ordinateur, non pas comme un ustensile, mais comme un outil pour favoriser le développement des compétences des élèves. Je crois dans ce modèle, mais il a ses limites.
Il est évident qu'il faut partir des intérêts des enseignants, de proposer des contextes similaires à la réalités de la classe pour démontrer qu'il est possible d'apprendre sans être obligé de suivre un cours de 45 heures pour utiliser un traitement de texte. Qu'il faut que le besoin émerge chez l'élève pour qu'il s'approprie l'outil et qu'il sollicite sa créativité pour réaliser une production originale. Il est important d'accompagner pour s'assurer que lorsqu'un besoin surgit, que la ressource (l'enseignant ou autre) soit là pour apporter du soutien. Nous sommes là en plein dans le paradigme de l'apprentissage. Paradigme que la plupart des animateurs et animatrices du RÉCIT partageons (du moins, j'ose l'espérer).
Malheureusement, la plupart des enseignants en sont encore au paradigme de l'enseignement. Pour eux, il faut enseigner afin de s'assurer que tous les élèves disposent des outils nécessaires pour réaliser la même tâche, le même produit standardisé! Bon! Je sais! Je généralise! Mais...
Ainsi, lorsque je me propose comme modèle, que je questionne les apprenants sur leur motivation à apprendre à utiliser les TIC, que je leur demande leur vision de l'utilisation qu'ils pourraient en faire en classe, que je les place en contexte d'apprentissage, que je prends le temps de réguler le processus d'apprentissage avec eux et enfin, que je prends le temps d'objectiver pour une utilisation possible de l'outil ou du projet TIC, bien souvent, je ne me trouve pas dans le même registre qu'eux! Certains s'attendent à avoir le procédurier (la recette! Mais c'est un terme un peu trop préjoratif) pour reproduire intégralement le projet dans la classe.
D'autre sont là pour consommer! Ils assistent au spectacle et ne se sentent nullement concerné par ce qui est proposé; j'en suis conscient et ça ne me dérange pas. Au mieux, cela les pistera sur une façon de faire en classe, mais en mode enseignement. En tant que spectateur, ils consomment; ils sont loin d'être en mode acteur. Ce qui se passe en avant ne les concerne pas; surtout si la direction de l'école a insisté pour qu'ils soient présents. Au mieux, ils ont passé du bon temps!
Il y a ceux qui sont dans le même registre, qui croient dans l'intégration des TIC. Mais, généralement, ils ne sont pas nombreux. Du moins, nous en n'entendons pas parler. Pourquoi? Parce qu'ils aiment innover et que ça dérange la masse. Ainsi, ils ferment la porte de la classe et font réaliser des apprentissages à leurs élèves. Ils demeurent en vase clos pour éviter de déranger et de se le faire reprocher par les pairs. On serait porter de croire qu'ils devraient rayonner dans leur école. C'est pourtant le contraire qui se passe. Il agissent bien plus souvent comme un "épouvantail à moineaux". Ils passent tellement d'heures à peaufiner leurs projets qu'ils font peur aux autres enseignants. Ils sont de bonne foi, mais ils provoquent l'effet inverse. Ainsi, ils s'isolent et préfère ne pas s'impliquer dans l'émergence d'une culture de réseau.
Il faut bien comprendre! Je ne remet pas en question l'idée du formateur en tant que modèle. Je dis simplement qu'il faut prendre le temps d'expliquer notre intention lorsque nous donnons une formation centré sur le paradigme de l'apprentissage. Sinon, les enseignants croiront que nous utilisons une simple technique d'animation pour des adultes et qu'il est impossible de reproduire le modèle que nous offrons en classe.
Le modèle d'intégration des TIC en classe est a inventé! Nous y travaillons tous très fort depuis sept ans. Mais, je pense qu'il faut être conscient des dérives qu'il peut générer.
Il faut aussi être patient. Le climat de morosité généralisé dans les écoles présentement en ce qui concerne le renouveau pédagogique et l'augmentation du nombre d'heures de présence à l'école fait que nous avons déjà deux prises contre nous (référez-vous au baseball!) avant même que l'on ait débuté notre formation.
Lorsque la possière aura retombé et que les compétences professionnelles auront émergées, je pense que nous aurons alors un auditoire plus réceptif. Je suis optimiste de nature.
Animateurs et animatrices! Percévérons!
Le gars du Bas-du-Fleuve
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