Article complet: Les conditions gagnantes!

20/01/07

Quelles sont les conditions gagnantes qui faciliterait le l'intégration des TIC en pédagogie?

Dans mon dernier billet, je questionnais l'impact du modèle en tant que formateur. J'ai essayé d'illustrer les dérives possibles que peut engendrer une telle approche.

Dans ce billet, je vais tenter d'identifier les prémisses importantes à mettre en place avant même de former le personnel enseignant.

1. Une gestion éclairée:

Nous serions porté à croire que la prémisse initiale serait d'avoir accès à la technologie, et comme le disait si bien Michel Arcouet, "et que celle-ci fonctionne!" C'est en partie vrai, mais selon moi, c'est une erreur. L'approche technologique met l'emphase sur l'outil avant l'humain. C'est selon moi un cul-de-sac. Ce n'est pas l'ustensile (l'outil) qui doit avoir préséance sur l'apprentissage. L'outil est là pour faciliter, pas pour encarcaner. Par contre, les ustensiles doivent être facilement accessible.

Je préconise plutôt une approche systémique. Il y a beaucoup trop d'intervenants dans le dossier pour laisser les choses à la légère. Ça prend un leader qui croit dans le potentiel pédagogique qu'offre les TIC. Et c'est au directeur de l'établissement qu'incombe cette responsabilité; il doit exercer son rôle de leader. C'est lui qui devra démontrer au personnel enseignant que l'intégration des technologies offrira une plus-value dans le développement des compétences des élèves; et que ce n'est surtout pas une mode. Sinon, le personnel enseignant percevra l'implantation de la technologie comme un surplus de travail.

Le leader éclairé doit croire dans le socio-constructivisme et la culture de réseau. Ce leader, c'est le directeur de l'école, et non les gestionnaires de la commission scolaire. Une directive provenant du haut de la pyramide organisationnelle est bien souvent perçue comme une ingérance dans la vie de l'école; ce qui n'est pas positif. La commission scolaire doit plutôt agir comme agent facilitateur dans le processus et non comme leader. Il incombe donc à la direction d'établissement de tracer la route et d'établir un plan

2. Les conditions technologiques:

Ensuite, il faut mettre en place les outils et réfléchir au potentiel pédagogique qu'ils peuvent offrir. Malheureusement au Québec, nous avons bien souvent tendance administrativement parlant de financer nos désirs administratifs en les camouflants sous de soi-disant besoins pédagogiques. Les outils sont déployés non pas pour répondre aux besoins pédagogiques, mais pour répondre aux besoins administratifs. Ainsi, les outils sont proposés sans même que le personnel enseignant ait pris le temps d'analyser le potentiel pédagogique. C'est selon moi, la pire approche. Les gestionnaires de services informatiques devraient tenir compte d'abord et avant tout des préoccupations pédagogiques avant de proposer des solutions. Il s'agit ici beaucoup plus d'une approche verticale que systémique qui ne répond que très peu aux besoins pédagogiques.

3. Les conditions pédagogiques:
La prémisse de base, c'est un gestionnaire qui croit au potentiel des TIC. Par la suite, il faut qu'il insuffle une vision. À partir de cette vision, l'équipe école devra créer la vision de la communauté d'apprentissage professionnelle qui aura à se prononcer sur les valeurs que la communauté prône et les objectifs à court, moyen et long terme qu'elle veut se donner. Il n'est pas nécessaire que toute l'équipe école adhère d'emblée à cette vision; un petit noyau suffit. Le temps fera son oeuvre par la suite.

C'est cette communauté d'apprentissage professionnelle qui se mettra en action sous l'impulsion du gestionnaire éclairé. Cette communauté se placera alors en veille technologique pour déterminer l'usage et la plus-value pédagogique de l'outil informatique. Les services informatiques seront alors véritablement au service de la pédagogie. Elle veillera à se doter d'un plan de formation continue axé sur les valeurs et les objectifs qu'elle s'est donné collectivement.

4. Un déploiement efficace:
- La communauté d'apprentissage professionnelle veillera à s'informer pour déterminer l'utilisation pédagogique qui sera conforme aux valeurs qu'elle préconise.
- Elle se formera à l'utilisation pédagogique du matériel informatique avec un regard critique.
- Elle sera accompagné par le gestionnaire qui participera activement au séance d'information et de formation, mais aussi par le professionnel le plus qualifié de la commission scolaire, l'animateur du service local du RÉCIT.

5. Le RECIT, un outil efficace et efficient!
L'animateur a à coeur de soutenir l'utilisation pédagogique du matériel informatique. Celui-ci devra être un membre à part entière de la communauté d'apprentissage professionnelle qu'il guidera dans l'élaboration d'une culture de réseau socio-constructiviste. Ainsi, il sera à même de prendre en considération l'affectif du personnel enseignant engagé dans un processus de formation continue. Il pourra ainsi guidé ladite communauté d'apprentissage pour qu'elle puisse atteindre ses objectifs.

Wow! C'est le fun de rêver éveillé! Mais est-ce si utopique?

Je peux vous confirmer que non! Pourquoi? Parce qu'en décembre dernier, j'ai été invité à visiter le Centre d'apprentissage du Haut-Madawaska. Je vous avoue avoir fait un voyage dans le futur. J'y ai rencontré des enseignantes passionnées (bonjour Brigitte et Danis :) ) ainsi que des élèves motivés, fier du travail et des apprentissages qu'ils réalisaient. Je sais maintenant! C'est ce rêve est possible et accessible aux gens de bonne volonté.

Mise à jour: Je suis tombé par hasard sur le plan de réussite du Centre d'apprentissage du Haut-Madawaska. Vraiment intéressant!

Mise à jour: Tanya, Jean-Claude et Peter ont écrit un texte pour aider à la rédaction d'un plan TIC école. L'approche de type systémique est très intéressante! De l'excellent travail!

Catégories: Je réfléchis  
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Commentaires, Trackbacks:

Commentaire de: Gilles G. Jobin [Visiteur]

Un leader qui y croit? Bien sûr, mais en fait, le leader N'A PAS LE CHOIX d'y croire car la compétence TIC est dans le programme de formation.
Mais même s'il y croit, QUE PEUT-IL FAIRE? Son budget est limité, ses profs n'ont pas de machine pour APPRENDRE à vivre avec un ordinateur, et les enfants ont souvent un labo informatique bloqué par la "sécurité".
Il faut beaucoup plus que croire au potentiel des TIC... Tout le monde le dit "Les TIC sont un incontournable.. bla-bla-bla". Je ne connais PERSONNE qui ne croit pas au potentiel des tic. Mais je connais plein de monde qui ne mettent pas leur culotte.

Par ailleurs, je ne crois pas au "plus-value" des tics. D'ailleurs, je ne vois nulle part où cette plus-value est démontrée. Est-ce que mettre du gras dans un traitement de texte est une plus-value par rapport à le faire avec une dactylo? Sans doute! Pis apres??? (Faudrait que je développe là-dessus ; peut-être que j'en ferai un billet! :-))

Un gestionnaire qui assiste à des formations n'y change rien (bien sûr, ça aide, mais...) : le problème, c'est la formation en tant que telle. Depuis des années, on forme... PIS ÇA donne RIEN... Des miettes, tout au plus. Ce sont nos formations surtout qu'il faut interroger et non pas ceux qui y assistent.

La solution, pour moi, est "simple" : donner une machine au prof, donner une machine aux élèves et ACCOMPAGNER les enseignants directement en salle de classe dans le concret.

Quant au RECIT, faut se demander s'il exerce vraiment un leadeship...

Je crois bien comprendre ton billet, Martin. Mais je me demande si des solutions de type conseiller pédagogique sont suffisantes. Encore la semaine dernière, à notre rencontre régionale, la direction régionale m'a lancé :
"Dans vos cs, y croit-on car vois-tu, le MELS ne peut pas faire grand'chose?" because l'autonomie des cs...
"Chère dame, lui ai-je répondu, dites-moi donc QUI a le pouvoir, et je vais aller lui parler dans le blanc des yeux."
"Personne n'a le pouvoir. C'est un peu tout le monde", m'a-t-elle répondu.
Ah ! Ah ! voilà le problème... PERSONNE N'EST IMPUTABLE! La compétence TIC ne se développe pas ET TOUT LE MONDE S'EN FOUT... Et ceux qui ne s'en foutent pas sont perdus dans une masse d'indifférence ou de fonctionnaires qui ont bien d'autres chats à fouetter.

Sorry pour ma réponse un peu longue. Mais moi, je suis convaincu que l'intégration des TIC ne se fait pas...
Bien sûr, il y a des beaux projets dans la province, mais c'est quantitativement fort peu. C'est TOUS les enfants qui doivent développer la compétence TIC.


 
Permalien 20/01/07 @ 21:30

Commentaire de: Pierre Lachance [Visiteur]

Bon dimanche à vous.

Définition personnelle pour le présent commentaire :: éducateur: personne travaillant dans le système d'éducation.



Et si ce n'était pas de leur (direction, CS, MELS, syndicat, CP, services informatiques, RÉCIT, etc) faute, mais de la mienne (éducateur qui a un programme de formation à respecter) si l'intégration des TIC ne se fait pas autant qu'elle le devrait?

Je ne sais pas si c'est le manque de neige (en Beauce en tout cas) mais on regarde toujours chez le voisin pour trouver LE coupable. Alors que je suis le coupable. Je fais partie des AUTRES, ceux qui doivent faire des efforts pour que nos jeunes puissent se préparer convenablement au monde qui les entoure.

Personne ne dit que c'est facile d'intégrer les TIC dans l'apprentissage des élèves et dans ses propres apprentissages. Non, ce n'est pas simple. Enseigner non plus. Tout comme prendre sa part de responsabilité dans un problème.

C'est dans cet esprit que j'ai écrit ce billet: http://recit.org/index.php/mst/2007/01/19/un_schema_derangeant

Martin nous amène un cas où ça semble marcher. À qui la faute? Celle de l'éducateur qui a fait des efforts pour que ça marche. Donc probablement plusieurs personnes. Bravo à tous!
 
Permalien 21/01/07 @ 13:03

Commentaire de: Clément Laberge [Visiteur]

Je suis assez d'accord avec l'approche de leadership sous-entendue dans le texte de Pierre. Cela me fait penser à ce texte, lu plus tôt aujourd'hui:

ARE YOU A LEADER?
http://www.michaelhyatt.com/fromwhereisit/2007/01/are_you_a_leade.html

J'ai personnellement pris la résolution dans les dernières semaines de cesser de me battre « contre » et de consacrer toutes mes énergies à me battre « pour » — c'est à dire éviter de « déplorer, dénoncer, critiquer » et d'adopter plutôt comme stratégie d'action la proposition. Cesser de « répondre » et proposer — au risque de se tromper. J'apprécie beaucoup les textes de Martin depuis quelques jours pour cette raison.

Il faut écrire: nos blogs, des livres, des manifestes (le groupe REPARTIR 2.0?) — pour tracer la voie. Écrire pour avancer, malgré les obstacles, plutôt qu'écrire pour en signaler l'existence. Ce sera mon parti pris cette année en tous cas.

Salutations à tous et à toutes du RÉCIT!
 
Permalien 21/01/07 @ 17:17

Commentaire de: Brigitte Long [Visiteur]

Salut Martin,
Contente de te lire. Oui, il y aura toujours des gens qui placeront des barrières. Oui il y aura toujours des personnes pour dire que ce n’est pas possible, que ça ne vaut pas la peine.

Dans ma démarche d’intégration des tics, j’ai compris assez rapidement que le message d’un enseignant insatisfait se répète beaucoup plus souvent qu’un enseignant satisfait. Chez-nous, on mise sur les « Ça marche ! ». . Et plus nous disons « Ça marche ! », plus l’intégration se fait de façon continue.

Ce qui fait que notre école vit des réussites et mêmes plusieurs réussites est le fait qu’on y croit, qu’on veut y croire et qu’on n’arrêtera pas d’y croire. À force d’y croire, les gens croient en nous et le tout n’est plus un projet de 2 ou 3 enseignants, ni un projet d’école, mais un projet où la communauté d’apprentissage s’agrandit. La preuve, un groupe, de nos élèves, arrive de France pour partager nos réussites.

Nos élèves sont choyés et ont la chance d’apprendre dans un environnement où les technologies occupent une grande place. Oui c’est possible et oui il y a des apprentissages significatifs qui se font. Nos élèves se surpassent dans bien des domaines.

À bientôt et n'oublie pas...c'est possible



 
Permalien 21/01/07 @ 20:01

Trackback de: Mario tout de go [Visiteur]

L'immense défi que pose l'intégration des TIC aux apprentissages scolaires
L’année 2007 démarre sur des chapeaux de roues sur la question de l’intégration des TIC aux apprentissages scolaires. Plusieurs billets. Plusieurs conversations. C’est fascinant… À mon sens, ça...
 
Permalien 21/01/07 @ 23:44

Trackback de: zanaflex cheap online [Visiteur]

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Permalien 29/09/07 @ 03:09

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