Depuis un certain temps, ça me trottait dans la tête. Mais depuis l'AQUOPS, c'est devenu très clair! Il y a vraiment une distorsion entre ce que l'on prêche (enseigner avec l'ordinateur) et ce qui se passe dans la réalité (enseigner l'ordinateur).
Pourquoi y a-t-il un si grand fossé entre ce que l'on prône (l'ordinateur, une ressource au service du développement des compétences) et ce qui est: l'enseignement de l'ordinateur? Il y a aussi un autre fossé entre le fait d'être un "acteur" dans la construction de compétences et un consommateur qui cherche des activités éducatives utilisant les TIC pour occuper ses élèves.(N'oubliez pas, il s'agit de fabulations; je me permet de généraliser
).
Dès la première heure du précolloque de l'AQUOPS, c'était palpable: les gens "magasinaient" les ateliers. Les premières années, ça me laissait indifférent; je me disais qu'il devait être difficile de faire un choix avec la qualité des ateliers présentés. Par contre cette année, ça m'a vraiment agacé.
Deuxième fait relevé suite à une discussion avec Roberto: Il en était à sa première participation à l'AQUOPS et il s'est dit choqué de voir que les gens voyagaient pendant la conférence de Mario Asselin; c'était pour lui un très grand manque de respect. Je suis parfaitement d'accord avec lui. Comment interprété ce "va-et-vient" lors de la conférence? Est-ce parce que les gens étaient peu ou pas intéressé par les propos de Mario? Est-ce que le discours de Mario était d'un autre niveau par rapport à leur besoin de consommation et qu'ils l'on tout simplement zappé? J'espère que non!
La qualité des ateliers me laissent un peu perplexe. J'ai assisté à plusieurs ateliers et je ne veux pas remettre en cause ici la pertinence de ceux-ci. Mais, je ne peux que me questionner.
J'assiste depuis sept ans assiduement à des ateliers où les gens présentent leur première expérience avec les TIC. C'est très pertinent pour moi parce que cela me permet de m'ajuster dans mes accompagnements. Ça me permet de me remettre au diapason et d'éviter de proposer aux profs de ma C.s. des projets trop flyés! Mais, j'ai observé que les présentateurs ne poursuivent pas leurs témoignages année après année. On dirait qu'un coup l'émerveillement passé, qu'ils gardent pour eux leurs expérimentations et se contentent de magasiner. À 700 congressistes, il est facile de remarquer des visages, année après année.
Autre constat: J'ai assisté cette année à la présentation d'une recherche universitaire en lien avec les stades d'appropriation et d'intégration des TIC en classe, recherche qui a eu lieu en 2002-2003. Quatre ans pour réfléchir avant de présenter les résultats d'une recherche, quand on sait que les TIC évoluent rapidement; il me semble que c'est long.
Chose intéressante: C'est incroyable de constater combien il pouvait y avoir d'animateurs de services locaux lors de la présentation de Services nationaux. On se serait cru à une rencontre nationale du RÉCIT.
Dernier fait: Il me semble qu'il y a beaucoup d'ateliers en lien avec les services locaux. Mais, il me semble que ce sont les enseignants qui ont vécu le projet qui présentent le projet, l'animateur ne faisant office que de maître de cérémonie: présentation de l'expérimentation et des enseignants pendant trois ou quatre minutes et intervention uniquement lorsque les questions du public sont un peu plus "corsées".
À la lumière de ces faits, la culture de réseau ne se limite-t-elle qu'au partage de ressources?
Lorsque vient le temps d'échanger des idées, des opinions, des positions ou des expérimentations d'envergures pourquoi se fait-il que ce soit toujours les mêmes qui prennent le crachoir? Pourtant, dans chacune de nos C.s. respective nous prenons le crachoir plus souvent qu'à notre tour pour expliquer le potentiel des TIC en éducation ou pour former nos enseignants au Renouveau pédagogique. Comment se fait-il alors que nous passons notre tour aux Rencontres nationales? On prend une petite pause? Un p'tit congé et on laisse la tribune à quelqu'un d'autres! On magasine? Est-ce représentatif de la Culture de réseau?
La prochaine rencontre nationale du RÉCIT est un exemple éloquent. Ça fait déjà deux courriels que le comité organisateur nous envoie pour proposer d'animer des ateliers. La formule a même changé cette fois-ci. On nous propose des buffets à travers duquel on peut participer activement, échanger, discuter, construire... Jusqu'à présent, peu d'entre-nous se sont levés pour prendre la pôle. Le pire dans tout cela, on ne se gêne pas pour critiquer vertement la qualité des ateliers. On consomme plus que l'on peut être acteur!
Selon moi, il serait temps que l'on se questionne véritablement sur ce que devrait être la "Culture de réseau"!
Qu'est-ce qu'il faut faire pour que ce soit autre chose qu'une utopie parmi tant d'autres?
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