J'adhère à 100% aux propos de François en lien avec ce billet: "Le retard technologique du Québec en éducation!"
Mais, maintenant que François a dénoncé, qu'est-ce que l'on doit faire? Qu'est-ce que l'on peut faire?
Je dénonce depuis longtemps moi aussi, ce qui pourrait sembler être du laxisme en matière d'intégration des TIC en éducation au Québec. Mais, après avoir dénoncé, qu'est-ce que je peux faire pour faire avancer les choses?
Je suis de plus en plus persuadé que nous prêchons dans le désert! Seuls ceux qui ont la même préoccupation que moi (l'intégration des TIC en éducation) entendent mon discours. Que ce passe-t-il alors avec les autres? Eh bien! Ils en l'entendent pas. Ils n'ont pas la même perspective que moi. Ils ne voient pas les problèmes. Pour eux, il n'y a pas de problèmes...
En éducation, il n'y a pas que deux paradigmes (enseignement vs apprentissage), il y en a des dizaines!
Le paradigme encyclopédique (seul le prof est le détenteur du savoir et lui seul est en mesure de le dispenser! Le prof sait, les élèves ne savent pas!)
Le paradigme humaniste (je prends l'élève en considération)
Le paradigme utilitariste (je prépare les élèves au marché du travail)
Le paradigme marxiste-léniniste (travailleurs de l'éducation unissons-nous pour de meilleures conditions de travail)
Le paradigme holistique (je brûle de l'encens pour créer un atmosphère d'apprentissage afin de créer un climat propice pour attirer les ondes positives et j'aligne les bureaux des élèves pour respecter le Feng shui)
Le paradigme techno-pédagogique (j'utilise la technologie pour motiver les élèves à réaliser des apprentissages)
etc.
Je sais, j'ironise pour ce qui est des différents paradigmes; je manque de rigueur. Mais, ils existent bel et bien. Chacun d'entre-nous avons choisi d'enseigner parce que nous avons rencontré un modèle d'enseignant qui nous a marqué. Nous adhérons, tacitement ou non, à une des facettes du merveilleux monde de l'éducation, mais pas à l'ensemble des discours entourant cet univers. C'est pour cette raison que nous ne sommes pas tous et toutes d'accord avec bien des points de vue présentés par nos collègues; mais, nous respectons (tant bien que mal parfois) les différences; c'est ce qui fait la richesse de nos interventions auprès des élèves.
Donc, à quoi sert de dénoncer, si nous ne sommes pas compris? Triste réalité!
Alors quoi faire?
Honnêtement, je ne sais pas! Par contre, ce que je sais, c'est qu'au lieu de canaliser mes énergies pour dénoncer (énergie mal dépensé selon moi), j'essaie de me centrer sur mon rôle de modèle.
Seymour Papert a dit quelque chose un jour qui ressemblait à ceci: On peut comparer l'ordinateur à un virus et le monde de l'éducation à un organisme. N'étant pas en mesure de se débarrasser du virus (l'ordinateur), l'organisme (le monde de l'éducation) s'adapte; ça ne veut pas dire qu'il l'accepte.
J'ai déjà écrit que le modèle d'intégration des TIC en éducation est à inventer. Nous disposons d'ordinateurs dans les laboratoires et les salles de classe seulement depuis le milieu des années 80; c'est insignifiant comme période de temps à comparer à l'histoire de l'éducation. D'ailleurs, celle-ci est truffée d'exemples démontrant que la technologie ne s'est pas intégré tout d'un coup! L'utilisation pédagogique des TIC est le lot d'enseignants novateurs et ils ne sont pas nombreux. Michel Arcouet disait souvent: "Pour intégrer la technologie dans la salle, il faut préalablement que la technologie fonctionne"! Nombreux sont les enseignants qui ont déchantés devant ce qui semblait être l'Eldorado. Beaucoup de promesses non tenues, beaucoup de désillusions, beaucoup d'amertume...
De plus, pour nos collègues, nous faisons plus souvent qu'autrement, office d'épouvantails à moineaux! NOUS FAISONS PEUR! Les gens ne comprennent pas nos motivations qu'ils associent bien souvent à des lubies. Ce qui explique notre marginalité.
Donc, maintenant que nous comprenons que nous sommes différents. Comment devons-nous démontrer la pertinence de l'intégration des TIC? Ma réponse: Donnons-nous comme modèle!
Prenons le temps de nommer formellement nos pratiques. Prenons le temps d'expliquer nos intentions pédagogiques lorsque l'on utilise les TIC. Expliquons en quoi les TIC sont une plus-value, plutôt qu'un surplus de travail. Expliquons les gains que nous faisons à utiliser les TIC avec nos élèves. Consacrons toute notre énergie à rayonner au lieu de prêcher! Ainsi, en nous offrant comme modèle, nous serons en mesure de marquer des points; ce que nous ne réussissons pas quand nous ne faisons que dénoncer.
Ce que j'entends bien souvent lors de mes formations: "Prouve-nous que ça marche, que les élèves vont apprendre, qu'ils vont être motivés à réaliser des apprentissages, qu'ils vont performer aux "examens" (sic), que je vais quand même passer mon programme (que la plupart confondent avec le matériel didactique) et alors nous embarquerons avec toi!"
Donc, j'ai pris comme résolution d'être un modèle. Mais, moi j'ai du temps pour pelleter des nuages, je suis un conseiller pédagogique... J'ai beaucoup moins d'impact qu'un prof sur le terrain.
Je pense que si l'ensemble des enseignants et enseignants qui croient dans l'intégration des TIC cessaient de décrier et qu'ils mettaient de l'énergie à démontrer par l'exemple à leurs collègues que ça marche et surtout COMMENT FAIRE!, eh bien, nous serions de plus en plus nombreux à intégrer les TIC, et de moins en moins à dénoncer un soi-disant laxisme.
Mais, comme le titre de mon blogue l'indique, il ne faut pas prendre mes propos au pied de la lettre; il ne s'agit que de fabulations! ![]()
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