Catégorie: "Je réfléchis"

Rapport de l'ACSAQ: L'impact d'Internet sur les écoles

Juin 3rd, 2008

Lu sur Canoë ce matin.

L'Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ) a mandaté le rapport préparé par un groupe de travail d'experts externes - un commentateur média, un cadre supérieur en soins de la santé, un officier supérieur des services policiers et des élèves.

Sept recommandations émanent de ce comité:

1. Éduquer et rassembler la communauté pour une utilisation d'Internet responsable et informée.

2. Développer et appuyer des programmes et du matériel afin d'intégrer Internet efficacement dans l'enseignement et l'apprentissage.

3. Contribuer à augmenter la sensibilisation du public sur les enjeux clés d'Internet.

4. Élaborer et adapter des politiques claires et cohérentes sur l'utilisation d'Internet.

5. Entreprendre les mesures nécessaires afin d'assurer la sécurité.

6. Introduire des cours de compétences en culture informationnelle aux enseignants et au personnel des écoles.

7. Encourager le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) à reconnaître l'impact des nouvelles technologies et à y réagir activement.

Ces recommandations vont moduler mon plan d'action en tant que personne-ressource associé au RECIT &#59;) pour l'an prochain. Il est temps pour moi d'informer, de former et d'accompagner le personnel enseignant afin de les préparer à ce que j'appelle le côté noir d'Internet.

Vaut mieux prévenir... qu'interdire! Solution facile qui ne règle rien puisque les fauteurs de troubles ne font que se valoriser par une utilisation abusive de l'Internet.

Vers une pratique réflexive formelle!

Avril 16th, 2008

Je me dis qu'en tant qu'animateur d'un Service local du RECIT, j'aurais avantage à faire ce type de réflexion assez régulièrement!

Le Webmestre pédagogique 1

Ce passage dans le billet me fais particulièrement réfléchir:

On "blâme" les enseignants de ne pas assez utiliser les technologies mais on ne leur donne pas les conditions nécessaires pour en faciliter l'utilisation. Imaginez un dessinateur industriel qui devrait s'occuper de commander ses cartouches d'encre, d'acheter la nouvelle version de son logiciel de dessin, de l'installer, de régler les problèmes de réseau avec l'administrateur, de voir à la bonne maintenance de son ordinateur et des autres appareils, de faire la sauvegarde de ses données (backup), etc. Je pense qu'il ne dessinerait pas beaucoup. Heureusement dans un bureau, il y a des personnes qui s'occupent de toutes ces tâches. Le dessinateur peut alors s'asseoir devant son ordinateur et dessiner. Sans entrer dans les détails, je peux affirmer qu'à l'école, c'est un peu différent... Les conditions gagnantes ne sont pas réunies encore... Mais, continuons. Je reviendrai peut-être sur ces détails dans un autre billet.

Il me faudra suivre ce blogue beaucoup plus étroitement.

La nécessité d'innover lorsque l'on intègre les TIC

Mars 27th, 2008

J'ai lu l'article de M. Robert Bibeau paru dans la dernière édition de "Vie pédagogique"(Les technologies de l’information et de la communication peuvent contribuer à améliorer les résultats scolaires des élèves).

D'entrée de jeu, M. Bibeau explique qu'il faut innover lorsque l'on intègre les TIC:

"Une façon de changer sa façon d’enseigner consiste à intégrer les technologies numériques à ses activités pédagogiques. Mais il faut se rappeler que changer, ce n’est pas innover. Pour qu’il y ait innovation, l’intégration des TIC doit favoriser le développement de l’une ou de plusieurs des pratiques suivantes :

* multiplier les contacts enseignants-élèves en présentiel ou à distance;
* favoriser des attentes élevées de la part des élèves;
* soutenir l’apprentissage réactif, proactif ou interactif;
* faciliter une rétroaction immédiate et efficace;
* améliorer et augmenter le temps d’étude et de lecture;
* encourager les talents diversifiés;
* valoriser la coopération entre les élèves.

Si l’usage des TIC ne favorise pas le développement de l’un ou l’autre de ces principes, alors il y a changement, mais il n’y a pas innovation pédagogique."

Je vous dirais que cet argument m'agresse comme conseiller pédagogique TIC et animateur du Service local du RECIT.

Une bonne partie de mon travail consiste à rassurer les enseignants sur le fait que c'est facilitant d'utiliser les TIC pour faire réaliser des apprentissages aux élèves. Ce propos de M. Bibeau ne fait que donner des munitions aux gens qui sont contre l'intégration des TIC en éducation. Tenir un tel propos ne fera que faire reculer la cause.

Je crois qu'il n'est pas nécessaire d'innover pour intégrer les TIC. Comme spécifié dans la compétence professionnelle à intégrer les TIC en formation initiale, je pense que les TIC sont une approche à intégrer dans sa palette de stratégies d'enseignement/apprentissage et que l'innovation n'est surtout pas une condition sine qua non de l'utilisation de cette stratégie.

Web 2.0! La réaction s'organise...

Février 22nd, 2008

Google Alerte vient tout juste de me pister sur ce texte: « Je suis contre cette culture de l’amateurisme »

Il s'agit d'une entrevue réalisé avec Andrew Keen baptisé « l’Antéchrist de la Silicon Valley », qui a récemment publié le livre"The Cult of the Amateur".

Essentiellement, ce que dénonce M. Keen, c'est que le Web 2.0 nivelle la culture vers le bas. Comme si la culture avec un grand "C" n'était que l'apanage d'une élite très restreinte. Il dénonce la soi-disant médiocrité de la pensée émanant de la masse et qui trouve écho dans Internet. Il ne semble pas croire que la richesse du foisonnement d'idées générer par la contribution de tous et chacun sur la toile puisse être un puissant levier vers la liberté. Au contraire, ce foisonnement d'idées serait, selon ses dires, subversif.

Dans le fond, je n'y vois que la réaction d'un soi-disant intellectuel qui a peur de perdre ses privilèges; tel un aristocrate français pendant la Révolution française qui se rend compte sur l'échafaud que les règles du jeu ont changé. Le Web 2.0 serait-il une guillotine pour pseudo intellectuel en mal d'écoute?

Représentation de l'éducation 2.0

Février 9th, 2008

Voici comment le commun des mortels se représente le concept Éducation 2.0
Éducation 2.0
Source: http://www.flickr.com/photos/benjamingauthey/2242533906/

La vision occidentale de l'éducation suggère que la classe soit un espace privé. Moi, je crois que la classe est un espace public. Que l'enseignement et l'apprentissage qui s'y fait est public. Pour que les apprentissages soient pertinents, il faut qu'il soit communiqué à la communauté.

Un proverbe africain dit qu'il faut tout un village pour élever un enfant. C'est ce que l'école et les TIC devraient permettre.

Ma représentation du Renouveau pédagogique! (bis)

Novembre 27th, 2007

Voici un autre aspect occulté par le débat autour du Renouveau pédagogique: Les théories de l'enseignement et de l'apprentissage. Est-ce que nous faisons référence aux mêmes concepts?

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Ma représentation du Renouveau pédagogique!

Novembre 25th, 2007

Eh oui! J'y crois encore!

Vous comprendrez peut être pourquoi en visionnant ce diaporama:

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En passant, c'est pas parce que j'ai cessé d'écrire dans mon blogue, que je prends des vacances! Vous en saurez plus dans les prochains mois...

Virtualiser l'accompagnement! Une solution économique?

Juillet 11th, 2007

En tant que conseiller pédagogique TIC et animateur du Service local du RECIT de ma commission scolaire, j'ai identifié trois axes d'intervention à privilégier: Informer, former et accompagner.

Je pense que je me débrouille assez bien comme formateur; déformation professionnelle oblige. Pendant mes onze années à enseigner la micro-informatique (c'était l'époque des APO où l'on ne pensait qu'à enseigner l'ordinateur; cette époque diffère de l'époque des TIC où il faut penser enseigner AVEC l'ordinateur, ce qui est très différent!) j'ai développé ma compétence à former à l'utilisation de l'ordinateur.

Puisque ma fonction a changé dans mon organisation, je dois maintenant beaucoup travailler sur des aspects de mon travail qui sont moins naturels pour un enseignant, c'est-à-dire informer et accompagner!

Ces sept dernières années, j'ai énormément sous-estimé le fait d'informer. Je me disais que si je devais former, bien c'était parce que les gens étaient informés. Ce postulat est faux! L'évolution des nouvelles technologies est tellement rapide, qu'il faut prendre le temps d'informer les enseignants. Penser que les enseignants de ma C.s. vont fréquenter mon site Web relève de la pensée magique. Pourtant, c'est ce que je croyais ces dernières années. Il me faut revoir de fond en comble cet axe d'intervention. Je dois me centrer sur les directions d'établissement; ce sont eux les leaders pédagogiques!

Donc, l'an prochain, je vais mettre l'emphase sur l'information en préparant des séances d'informations en essayant de répondre à ces septs questions (merci François!):

• Qu’est-ce que c’est?
• Qui l’utilise?
• Comment ça fonctionne?
• Pourquoi est-ce important?
• Quels sont les inconvénients?
• Quelles sont les perspectives futures de l’application?
• Quelles sont les implications pour l’enseignement et l’apprentissage?

Je pense ainsi avoir beaucoup plus d'impacts dans ma C.s. et arrêter de passer pour un extra-terrestre!

Je ne négligerais pas non plus l'autre axe d'intervention, c'est-à-dire l'accompagnement. J'ai toujours présumé que le fait d'identifier des ressources numériques lors de mes formations permettrait d'augmenter la fréquentation de mon site Web. Ça ne semble pas être le cas. Seuls les passionnés le font. Est-ce que ceux que je ne réussis pas à atteindre sont pris du même syndrome que les enseignants français?

Les intervenants ont aussi souligné qu’il n’existait aucune éducation numérique à l’école en France, ce qui est un véritable problème à l’heure actuelle, car les conséquences sont là : il existe un décalage de plus en plus grand entre la vie civile et le système éducatif.

Je pense que la solution passe par l'accompagnement. Pour inventer le nouveau modèle d'enseignant, celui de l'Éducation 2.0, il faut beaucoup d'accompagnement en classe et en dehors de la classe.

Par contre, l'accompagnement en présence est une mesure difficile à mettre en place parce qu'elle est dispendieuse économiquement; le territoire de ma C.s. est particulièrement étendu.

Je suis persuadé qu'il est possible d'accompagner virtuellement en mettant en places des communautés de pratiques virtuelles. Les jeunes enseignants ne sont pas réfractaires à l'utilisation des TIC; c'est qu'ils ne savent pas comment s'en servir efficacement en classe avec les élèves.

C'est pour cette raison que je tente de déployer un portfolio numérique centré sur le développement des compétences professionnelles. Donc, il sera plus facile d'amener l'apprentissage professionnel des TIC en contextualisant ces dits apprentissages. Du même coup, j'habilite les jeunes enseignants à l'utilisation d'un portfolio. Comment peut-on utiliser un outil d'évaluation quand personne ne nous a montré comment faire?

Il existe aussi une autre alternative pour favoriser l'accompagnement. Il pourrait être intéressant de développer le côté pédagogique de Second Life! Par la constitution d'avatars, il est possible de fixer des rendez-vous virtuels avec les enseignants qui ont besoin d'être accompagné! Il semble qu'il y ait beaucoup de potentiel de ce côté; André Roux du Service national du RECIT semble particulièrement intéressé par la question. C'est à surveiller!

À quand un service national ou local du RECIT sur Second Life?

TIC et paradigme: Qu'en est-il réellement?

Mai 25th, 2007

Depuis hier, je lis des billets (ici et ici) faisant référence à l'intégration des TIC en éducation et le concept de paradigme.

Ce qui m'a amené à me poser ces deux questions:

  1. Qu'est-ce qu'un paradigme?
  2. Est-ce qu'un enseignant adhère inconsciemment ou non à un paradigme lorsqu'il intègre des TIC comme stratégie d'enseignement/apprentissage?

Voici ce que dit Wikipédia du concept de paradigme:

Un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée).

L'intégration des TIC en éducation n'est certainement pas une représentation du monde! C'est tout au plus une manière de voir les choses. S'agit-il d'un modèle théorique? Je ne crois pas. Selon moi, il s'agit plutôt d'une stratégie parmi tant d'autres qui amène l'élève à réaliser des apprentissages. S'agit-il d'un courant de pensée? Nous sommes un bon groupe de "trippeux" qui croient dans l'importance de généraliser l'utilisation des TIC en classe à l'ensemble du corps professoral.

Alors, quels sont les critères qui me permettent d'établir si l'utilisation des TIC en classe peut être défini comme un paradigme?

Thomas Kuhn définit un paradigme scientifique comme suit :

  1. un ensemble d'observations et de faits avérés,
  2. un ensemble de questions en relation avec le sujet qui se posent et doivent être résolues,
  3. des indications méthodologiques (comment ces questions doivent être posées),
  4. comment les résultats de la recherche scientifique doivent être interprétés.

En lien avec le premier critère, plusieurs universitaires et praticiens ont observé une augmentation notable de la motivation des élèves à réaliser des apprentissages grâce aux TIC. De plus, Depover, Karsenti et Komis, grâce à une recension des écrits scientifiques affirment qu'utilisé adéquatement, les TIC servent à développer des compétences.

Pour le second critère, j'imagine que si l'on écrit un livre sur le sujet, c'est qu'il doit y avoir des questions en relation avec le sujet (l'intégration des TIC en classe) et qu'elles doivent être résolues!

Pour ce qui est des deux derniers critères, là selon moi, il s'agit de préoccupations d'universitaires et je n'ai pas la réponse.

De toute façon, il faut avouer que la pédagogie est beaucoup plus un art qu'une science...

Essayons une autre piste!

Dans Wikipédia, il est dit:

Hors de la science, le mot paradigme s'emploie le plus fréquemment dans le sens de Weltanschauung (perception du monde). Par exemple, dans les sciences sociales, le terme est employé pour décrire l'ensemble d'expériences, de croyances et de valeurs qui influencent la façon dont un individu perçoit la réalité et réagit à cette perception. Ce système de représentation lui permet de définir l'environnement, de communiquer à propos de cet environnement, voire d'essayer de le comprendre ou de le prévoir.

Intéressant! Si je me fis à ce paragraphe, je peux affirmer que l'intégration des TIC en classe pourrait être considéré, par des observateurs de l'extérieur, comme étant un paradigme.

Que pensent ceux qui adhèrent ou non à ce "paradigme"? Que pensent ceux qui m'observent dans les méandres de ma pratique réflexive?

Poussons plus loin la réflexion!

Mai 1st, 2007

Dans ce billet, je critiquais très vertement la Culture de réseau dont l'ensemble des membres du RÉCIT se réclament (du moins, c'est ce que j'ose croire!).

Question de synthétiser, je demandais tout simplement si la "Culture de réseau" telle que l'ensemble d'entre-nous la vivions se résumait à "Donner au suivant"; exactement comme l'émission de télévision ou le film du même nom?

Quelques blogueurs ont réagi m'amenant à pousser ma réflexion un peu plus loin. Je sais, je suis un impulsif! Je suis très émotif parce qu'un sujet comme celui-ci me tient à coeur. Je voulais provoquer des réactions.

En préparant un sondage sur l'utilisation des TIC de façon pédagogique dans ma C.s. (petit mandat qui émane du comité "TIC et pédagogie" dont je fais parti), j'ai relu quelques passages décrivant la compétence des enseignants à intégrer les technologies de l'information et des communications aux fins de préparation et de pilotage d'activités d'enseignement-apprentissage, de gestion de l'enseignement et de développement professionnel. Il y est écrit:

"Une personne qui adhère à une culture de réseau est quelqu'un qui ne travaille pas seul, qui utilise des ressources collectives et qui a le reflexe d'actualiser ses connaissances en allant chercher des ressources récentes [...] quelqu'un qui partage ses savoirs, ses ressources [...] qui construit avec les autres"

Arcouet, M. (2000). Développer la culture des réseaux et les réseaux qu'il faut dans les écoles, Comité de veille TIC de la Montérégie.

Ça m'amène à poser ces questions: De quelle façon je construis avec les autres? Tout seul dans mon coin? Virtuellement? Lors des rencontres de concertation régionale et/ou nationale?

Vous comprendrez bien ici à la suggestion de Gilles que c'est la culture que je questionne et non le réseau.

Comme lui, je crois qu'en tant que membre d'un réseau, nous avons des privilèges, mais aussi des devoirs! Je n'adhère pas à un réseau comme j'adhère à un régime de retraite. Ce que nous devons questionner, c'est notre niveau de participation à la construction de ce réseau.

Le problème d'adhésion au réseau en est-il un de divergence d'intérêts? Est-ce que je suis en "conflit émotif" entre mon adhésion à mon organisation et mon adhésion au réseau du RÉCIT?

La question est lancée!