Le 20 décembre dernier, j'ai accompagné 5 enseignantes en adaptation scolaire au primaire dans une première exploration de la robotique. Leur clientèle: des élèves avec des troubles spécifiques d'apprentissage (TSA). Tout en préparant mon matériel papier, mon matériel électronique, mon matériel plastique, mes métaphores et mes mots d'esprit, je sentais que j'arriverais à faire une torpinouche de bonne job!

J'étais convaincu que la principale difficulté des élèves de ces enseignantes en serait une de langage. Comprendre une consigne écrite ou verbale, formuler une consigne écrite ou verbale. Comprendre le problème posé, etc. J'avais bien raison. Toutefois, ces enseignantes m'ont amené à voir quelque chose de plus important encore quant à cette clientèle bien précise.

En effet, elles étaient d'accord avec moi à propos du langage. Toutefois, ces élèves ont, disent-elles, perdu la "couche protectrice" qui permet à un apprenant de se tromper et de recommencer sans se fâcher trop. "Il y en a qui vont écrapoutir le robot sur le mur s'il ne fonctionne pas du premier coup." Moi qui rêve de commander de nouveaux ensembles chez B&B!

Plus encore que sur le langage, ces enseignantes disent qu'elles vont insister sur comment développe-t-on sa patience face à la robotique. Les transferts, inutile de le dire, son potentiellement nombreux: machine distributrice de croustilles; honnête concitoyen devant nous au guichet automatique; énoncé d'un problème dans une SAÉ; nouveau logiciel; nouveau prof; langue seconde; etc.

Mon grand-père me disait "Avant d'apprendre à pêcher, faut apprendre à se la fermer!". La patience sans chercher à meubler par d'autres bruits. La détermination, l'intention ou la patience? Est-ce la même chose?

Rapidement, mon accompagnement s'est soldé par une confirmation de mon raisonnement et par une ouverture sur quelque chose que je ne soupçonnais pas. Oui. Je fais un beau métier.