Un très bon billet (en fait une partie du billet) de M. François Guité me chicotte depuis quelques jours. Je dirais même me chicotte beaucoup en nous posant des grosses (graves) questions.

La calculatrice (et par le biais les TIC) est-elle un outil qui nous enlève quelque chose? Nous déshumanise-t-elle? Faut-il savoir extraire la racine carrée (ou tout autre opération) à la main avant d'utiliser la calculatrice?

Doit-on être capable d'utiliser le compas et la règle avant d'exploiter la puissance de Geogebra?

Faut-il être capable d'écrire 100 phaultes pour utiliser Antidote?

Est-ce qu'écrire à la main ne se perd pas avec le clavier (et la reconnaissance vocale)?

Quand je lis le 2e principe de M. Guité: «La technologie doit seconder la pensée sans s’y substituer.» J'y devine une crainte. La crainte du transhumanisme peut être (je viens de lire le livre «Les peuple des connecteurs» qui en parle).

J'avais également écrit ce billet jadis et une conférence de Michel Serres me donne des éléments de réponse sur ce que les technologies peuvent ou non enlever à l'humain.

Je sais je sais, c'est pas clair comme billet et il y a des questions sans réponse, mais je promets de me rattraper quand mes idées seront plus structurées. Pouvez-vous m'aider chers lecteurs et très chères lectrices?

6 commentaires

Commentaire de: François Guité [Visiteur] Email
François GuitéJ'essaie de limiter la problématique à une perspective scolaire, dans la mesure où cela a encore un certain sens. Mais je n'en suis plus certain. Tu soulèves des questions très intéressantes. Il faudra que j'écoute la conférence de Michel Serres pour pousser plus avant ma réflexion, à laquelle tu contribues grandement.
29/11/06 @ 15:23
Pierre LachanceDes questions, j'en ai d'autres ;o)

Est-ce que les élèves doivent passer par où nous sommes passé pour apprendre? J'ai appris à utiliser un traitement de texte avant de faire du web dynamique, donc je dois faire de même avec les élèves?

La pensée, est-ce seulement de reproduire des «recettes» comme de résoudre un système de 2 équations ou de mémoriser des trucs?

Quand on juge un savoir-faire comme important, on le juge selon une application dans le présent, la futur ou le passé?

Sommes-nous plus «sensibles» lorsque les technologies touchent le cerveau et ses facultés?

Je vais sûrement écrire un billet sur mon opinion sur ces questions.
30/11/06 @ 11:59
Commentaire de: François Guité [Visiteur] Email
François GuitéÀ brûle-pourpoint:

Q. 1: Non

Q. 2: Certainement pas. Les animaux savent reproduire des apprentissages. La pensée, ultimement, sert à synthétiser, c'est-à-dire à créer.

Q. 3: Les trois à la fois. Le sens a un antécédent historique, une connotation immédiate, et une finalité dans l'avenir.

Q. 4: Fort probablement, puisque nous nous définissons d'abord par nos facultés intellectuelles.
02/12/06 @ 23:59
Pierre LachanceMerci M. Guité pour vos réponses à mes questions. Je m'en servirai pour continuer ma réflexion.

Merci aussi pour les 25 livres, cool!
04/12/06 @ 08:41
Commentaire de: Danielle Lemay [Visiteur] Email
Danielle LemaySur l'influence des TIC sur la profession d'enseignant, ça vaut la peine d'écouter le tour d'horizon des grands pédagogues, présenté par Jacques Languirand, dans la 3e heure de l'émission par Quatre-Chemins dy 3 décembre, qu'on peut écouter en ligne http://www2.radio-canada.ca/radio/emissions/emission.asp?numero=26
en cliquant dans la colonne de droite : écouter la dernière émission. Il parle des grands pédagoques depuis Socrate, Aristote...jusqu'au cyber-pédagogue avec les TIC.

Il pose notamment le fait que les pédagogues sont déchirés entre deux tendances : être la caisse de résonnance de leur époque mais aussi un rôle d'innover pour améliorer la situation. Parmi les grandes questions: «Si l'enseignement traditionnel repose en grande partie sur la transmission de modèles, quel modèle veut-on transmettre si le modèle n'arrête pas de changer ?» Bonne question, n'est-ce pas ?

L'auteur du livre, Georges Minois, pose un jugement très critique face aux TIC à l'école. Il dit, entre autres, que l'école parait toujours en retard sur la société, malgré les réformes et que les TIC mènent la course en avant...au détriment du maître. Il critique sévèrement (trop ?) le virtuel en ces termes : «autrefois, le maître dominait le savoir, maintenant il est dominé par les machines...et surclassé par le technicien». Il faut en effet éviter que l'enseignant soit submergé par la technologie et c'est pour cela que le RÉCIT travaille à mettre les TIC au service de la pédagogie...

Il ajoute que dans un monde où l'image et les médias sont omniprésents, le savoir est partout, sous une forme vulgarisée, l'élève acquiert sa culture en dehors de l'école. Et le maître n'a plus de modèle à diffuser. Le nouveau rôle du maître serait de former à la citoyenneté autant qu'au savoir alors que son prestige est au plus bas...

Malgré son pessimisme, il fait réfléchir sur le changement de culture qui accompagne les TIC. Ça ne répond pas directement aux questions de Pierre, mais ça pose autrement la question sur la place des TIC en éducation.
04/12/06 @ 17:24
Commentaire de: François Guité [Visiteur] Email
François GuitéVoilà, j'ai amendé mon billet (http://www.opossum.ca/guitef/archives/003454.html) et le schéma, en espérant que ce soit effectivement pour le mieux. Merci de ton apport.
10/12/06 @ 18:31

Laisser un commentaire


Votre adresse email ne sera pas révélée sur ce site.
(Les retours à la ligne deviennent des <br />)
(Pour mon prochain commentaire sur ce site)
(Autoriser les utilisateurs à me contacter par un formulaire de message -- Votre adresse email ne sera pas révélée.)
This is a captcha-picture. It is used to prevent mass-access by robots.

Please enter the characters from the image above. (case insensitive)

Array