C'était ma première expérience des Rendez-vous virtuels du RÉCIT avec l'outil Via. C’est exigeant, c’est incomplet, ça ne remplace pas tout d’une rencontre en personne, mais j’ai bien aimé! Les 1er, 2 et 3 juin derniers j'ai participé et animé des ateliers pendant cette rencontre.

Pour ce qui est de l'outil, sans être parfait, il permet une réelle rencontre de personnes à distance, des interactions riches et multiples. Je retiens particulièrement l'utilisation de l'outil d'annotations texte et des crochets pour l'approbation des idées émises. Cependant, la récupération de ces textes n'est pas chose facile, car, si j'ai bien compris, une fois la diapositive passée, on perd l'accès au texte. À mon sens, un outil comme EPad du RÉCIT pourrait faire le travail encore plus efficacement.

Autre aspect que je retiens, c'est la possibilité d'émettre des commentaires via le clavardage. Mais encore là, l'outil ne me permet pas d'émettre des commentaires à tous si je ne suis pas animateur (du moins, de la façon dont il était configuré). Un outil pour émettre des commentaires externes me semble essentiel au dynamisme du déroulement de l'atelier. Cela permet aux participants de réagir, de manifester leur intérêt, de poser des questions sans ralentir le rythme de l’atelier et donne de la rétroaction aux animateurs. Encore une fois, Epad peut faire le travail.

Le fait de pouvoir s’exprimer verbalement à différents moments me semble aussi intéressant. Il est parfois plus simple et rapide d’exprimer verbalement une idée. Avec les fonctions « Main levée », audio et vidéo, cela est bien géré par Via.

Un manque, c'est celui du « backchanneling ». Qu'est-ce que c'est? La traduction me semble difficile pour bien rendre le concept. J'ai lu « canal alternatif » ou « canal secondaire ». Pour ma part, je propose « flux parallèle » ou « canal parallèle ». En fait, c'est l'accès à un flux continu de commentaires et de partage entre toutes les personnes, peu importe l'atelier auquel ils participent. L'utilisation de service de microblogue comme Endirect ou Twitter permet d'émettre des commentaires, de partager des découvertes, de pointer vers des ressources utiles au déroulement de l'atelier, et ce, de façon publique. Cet aspect public permet aussi à des acteurs externes d'interagir avec l'événement en cours, de poser des questions et de découvrir en même temps que nous, voire de proposer des ressources supplémentaires en lien avec les besoins de l’atelier. Vous pouvez trouver ces flux ici :

  • http://recit.org/endirect/tag/rvrecit
  • http://recit.org/endirect/tag/rdvirtuel
  • http://twitter.com/#search?q=RV_RECIT
  • Je reviens sur la dimension publique du « backchanneling » qui me semble essentielle en cette ère du Web 2.0 et de la démocratisation du savoir. Le fait de partager publiquement nos échanges, du moins une partie de ceux-ci, donne accès à l’information à un plus grand nombre. Enseignante ou enseignant, conseillère ou conseiller pédagogique, universitaire ou tout autre acteur intéressé par l’éducation et les TIC est en mesure de faire des bouts de chemin avec nous, de contribuer à notre réflexion, de partager son expérience, de confronter nos points de vue à la réalité de la classe, de remettre en question nos postulats, d’exprimer ses craintes, ses inquiétudes, mais aussi ses passions, ses coups de cœur, etc. Cela donnerait une plus grande signifiance aux deux premières lettres du RÉCIT, « RÉ » pour réseau.

    Enfin, j’ai participé à quelques événements à distance ces derniers mois et j’en viens à un constat. Nos rencontres en personne, réelle, face à face, côte à côte auraient parfois avantage à tirer profit des outils mis de l’avant pour la collaboration à distance. Je m’explique. J’ai mainte fois assisté à des rencontres improductives, longues et démotivantes parce qu’inefficaces. Quand nous tentons de réfléchir à plusieurs sur une question autour d’une table, ce sont finalement souvent les même qui s’expriment plusieurs fois. En plus, la plupart du temps, ils se répètent croyant qu’on ne les a pas bien compris la première fois ou parce qu’ils ne se sont pas exprimés clairement cette première fois, ce qui, du coup, revient au même. Plusieurs finissent par ne pas s’exprimer soit pour ne pas allonger les discussions, soit pour ne pas perdre de temps ou encore parce qu’ils croient que cela ne changera rien. Si l’on introduisait certains des outils énumérés plus haut pendant nos rencontres réelles, les bénéfices seraient les mêmes.

    On peut exprimer plusieurs idées en même temps à l’écrit avec un outil comme EPad du RÉCIT : les concepts peuvent se construire en même temps, cela amène une interaction supplémentaire, permet de préciser les idées au fur et à mesure de leur élaboration, augmente l’implication de toutes et tous. Le « backchanneling » permet de faire circuler les idées en dehors de leur serre chaude et inoculée, peut amener des interactions externes qui enrichissent cette réflexion et surtout peut profiter à un plus grand nombre.

    Évidemment, tous ces principes s'appliquent en salle de classe. Cela nécessite un encadrement et du jugement mais les profits pour les élèves seront tout aussi riches.

    Le Web 2.0 est utile à la vie virtuelle, mais il l'est tout autant à la vie réelle. Mobilisons-le, nous en tirerons profit.