Le dernier numéro de la revue printemps 2007 de Nouvelles CSQ publie un spécial « jeunes ». J’ai remarqué, en particulier, le témoignage de Mme Marie-Daniel Loiseux, enseignante, qui a intitulé son texte : « Pourquoi je n’ai pas abandonné l’enseignement ». Mais elle a bien failli! Elle a persévéré, écrit-elle, grâce à l’appui de sa famille.
Fort bien, mais on se serait attendu que l’appui lui vienne avant tout de son milieu professionnel, autant de l’institution que de ses collègues. Du reste, Mme Noiseux suggère quelques mesures dont elle aurait souhaité bénéficier et qui vont dans ce sens.
On ne m’en voudra pas de citer l’avis du Conseil supérieur de l’éducation de septembre 2004 (je l’ai quitté en septembre 2007) intitulé : « Un nouveau souffle pour la profession enseignante ». Le Conseil faisait état des abandons de la profession en début de carrière, question qu’il souhaitait voir davantage étudiée. « Malgré tout, écrivait-il, on peut formuler l’hypothèse qu’au moins une partie de ces abandons de la carrière pourraient être évités si les nouveaux enseignants étaient davantage soutenus lorsqu’ils débutent dans leur profession ».
Devant l’absence de mesures systémiques et systématiques d’insertion professionnelle (on en discutait toujours dans les colloques en 2004), le Conseil concluait : « La question de l’entrée et de l’insertion dans la profession enseignante doit constituer une priorité pour les acteurs impliqués ». Et il recommandait au ministère de « s’assurer la mise en place de mesures visant à soutenir l’insertion des nouveaux enseignants, en particulier des enseignants à statut précaire, dans chaque école et dans chaque commission scolaire ».
Je sais que des commissions scolaires se sont donné des politiques à cet égard. On en trouve des traces intéressantes sur internet.
Il y a aussi l’action d’animation menée par le Carrefour national de l’insertion professionnelle en enseignement. Mais, je n’ai pas trouvé de politique générale sur la question.
Pour leur part, les enseignants et les organismes qui les représentent sont aussi interpellés par cette question au plan professionnel, mais aussi sur le plan syndical. En effet, les règles d’affectation du personnel prévues par les conventions collectives privilégient l’ancienneté. Par conséquent, il arrive que les classes les plus difficiles soient confiées aux moins expérimentés.
Les amateurs de la série télévisée « Dre Grey – Leçon d’anatomie » auront constaté qu’à l’hôpital de Seattle, c’est exactement le contraire qui se passe! Les chirurgiens internes assistent leurs patrons qui, en retour, leur apprennent leur métier!
Peut-on rêver que l’on aboutisse à quelque chose du genre à l’école?
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