J’aime à le répéter : le sens des choses que l’on vit se trouve (aussi) dans leur genèse et leur histoire. Or voilà qu’un livre vient de paraître sur le « père » de l’école québécoise moderne, M. Paul-Gérin Lajoie. Le journaliste Mario Cardinal vient de lui consacrer une imposante biographie publiée il y a quelques jours chez Libre Expression, sous le titre : « Paul Gérin-Lajoie. L’homme qui veut changer le monde ».
Pour les lecteurs plus jeunes à qui on aurait caché la chose : Paul Gérin-Lajoie n’est pas que le père de la dictée qui porte son nom! Il a été le premier ministre de l’Éducation au Québec en 1964, tout autant qu’il fut artisan de la création de ce ministère, cet événement phare de la Révolution tranquille.
Mario Cardinal raconte la jeunesse et la carrière de cet avocat constitutionnaliste (un de premiers au Canada français), de son engagement à l’ACDI puis au service de l’éducation dans les pays en voie de développement à travers la fondation qui porte son nom.
Mais c’est surtout, le récit de son combat pour la création du ministère de l’Éducation qui a retenu mon attention. Elle est en effet un événement majeur de l’histoire du Québec en ce qu’elle marque une rupture radicale avec le passé : en 1964, la gouvernance de l’éducation qui était entre les de l’Église depuis le Régime français est en effet passée à l’État. Non sans mal.
Paul Gérin-Lajoie a dû en effet mener un combat de six ans pour la démocratisation de l’éducation – y compris contre son premier ministre Lesage et d’autres membres de son cabinet, et il l’a fait avec une ardeur sans faille. Mario Cardinal en raconte tous les détours pendant quelque 200 pages de cet ouvrage qui en compte presque 500.
J’ai eu le privilège de lire le manuscrit avant la parution de l’ouvrage. J’ai admiré chez l’auteur autant la rigueur que l’élégance du récit. Et je fus captivé du début à la fin. J’ai hâte de le relire.
Ouvrage recommandé donc à toute enseignante et tout enseignant qui veut continuer d’être un héritier, un critique et un interprète éclairé du monde où il exerce sa profession; recommandé aux reporters à l’éducation qui veulent donner quelque profondeur à leurs papiers; recommandé enfin à tout citoyen, désireux ou non de devenir un jour ministre de l’Éducation! Tous trouveront en Paul Gérin-Lajoie le modèle exemplaire d’une citoyenneté achevée.
Et en Mario Cardinal, un biographe tout aussi exemplaire.
Cet article n'a pas de Pingbacks pour le moment...
| Dim | Lun | Mar | Mer | Jeu | Ven | Sam |
|---|---|---|---|---|---|---|
| << < | > >> | |||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | |||
| 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 |
| 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 |
| 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 |
| 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | ||