Mme Courchesne ne branle plus dans le manche. Elle veut mettre fin à la réforme

10/25/07

Permalink 01:28:30 pm, par Jean-Pierre Proulx,
Catégorie: Discussion

Mme Courchesne ne branle plus dans le manche. Elle veut mettre fin à la réforme

La ministre de l'Éducation, Mme Michelle Courchesne, a donné mercrdi soir une singulière entrevue à Patrick Lagacé aux Francs-Tireurs de Télé-Québec.

Mme la ministre, y a-t-on appris, voudrait de tout coeur mettre fin à la présente réforme. Une seule chose la retient: elle ne sait pas encore par quoi la remplacer. Mais ce n'est qu'une qustion de temps. Pour l'heure, donc elle démolit à la pièce. Ella commencé avec les bulletins, le redoublement et bientôt sans doute, avec l'inscription des connaissances dans les bulletins.

En réalité, cette entrevue d'une demie heure est une suite d'inepties comme on n'aura jamais entendues de la part d'une ministre de l'Éducation.

Je n'arrive pas à comprendre d'une part comment Télé-Québec, qui a un mandat éducatif, diffuse une émission aussi incroyablement populiste que vulgaire que les Francs-Tireurs et moins encore comment la ministre de l'Éducation du Québec puisse accepter de se frotter à un tel torchon.

C'est dit.

Commentaires, Pingbacks:

Commentaire de: Amine Tehami [Visiteur] Email
Je m’explique mal la guerre qu’elle nous livre, Jean-Pierre. Comme si cette réforme était le bébé des fonctionnaires. Dont je suis (directeur d'école). J’ai de la difficulté à respecter mon devoir de réserve lorsque mon boss bafoue les conditions qui sous-tendent ce devoir de réserve. J’étais sous l’impression que dans une démocratie parlementaire, les fonctionnaires étaient des rouages inodores et muets précisément parce qu’ils ont pour fonction de mettre en œuvre le vœu de la population, tel que compris par ses élus. J’étais sous l’impression que cette réforme, petite-fille du Rapport Parent et fille de la converge d’une demi-douzaine de réflexions/rapports/énoncés et tutti quanti, sans parler des états généraux, que cette réforme, dis-je, était aussi proche qu’on peut l’être du modèle théorique : le peuple s’exprime, le Parlement décide, les fonctionnaires exécutent. Cette ministre veut s’en tirer un peu facilement : au lieu de mener un combat sur le terrain politique (au sens noble du terme), elle mène une guerre publique contre le bouc émissaire favori des politiciens bassement populistes—les maudits fonctionnaires ésotériques. C’est révoltant.
PermalinkPermalien 10/25/07 @ 16:15
Commentaire de: Jean Archambault [Visiteur] Email
Moi, c'est l'animateur Lagacé que je féliciterais! Il a été particulièrement habile à passer sous le nez de la ministre de l'Éducation des n'importe quoi n'ayant rien à voir avec la réforme, sans que celle-ci ne s'en apperçoive, ni qu'elle réagisse! Vous avez réussi à la ridiculiser en public, monsieur Lagacé!

Savez-vous, madame la Ministre, qu'une étudiante de cepep d'aujourd'hui, qui fait plein de fautes d'orthographe, était en 6e année au moment du début de la réforme dans les écoles primaires et qu'elle n'a donc pas goûté à cette réforme? Elle a été formée par ce système que monsieur Lagacé trouve si bon et que vous approuvez!

Savez-vous, madame la Ministre, que les chauves-souris et leur orthographe n'ont rien à voir avec la réforme de l'éducation, mais qu'ils tiennent plutôt d'une réforme de l'orthographe? Savez-vous, madame la Ministre, que le projet et la coopération ne sont pas des crétations, ni des injonctions de la réforme de l'éducation? Savez-vous, madame la Ministre, que quand on traite trop son personnel de trou-du-cul, il y a toujours quelque chose qui finit par nous retomber dessus!

Au fait, madame la Ministre, que savez-vous de la réforme? Si vous voulez la remplacer par quelque chose, peut-être serait-il utile de savoir en quoi elle consiste, au risque de vouloir la remplacer par... elle-même!
PermalinkPermalien 10/25/07 @ 17:09
Commentaire de: Mario Asselin [Membre] · http://carnets.opossum.ca/mario
Mme Courchesne a poussé un peu loin sa quête de distance avec les «gens du 17e» au MELS. Je me demandais ce soir si elle ne serait pas tentée de mettre son gâchis sur le dos du journaliste et ce texte du Devoir (http://www.ledevoir.com/2007/10/26/161999.html ) semble confirmer cette théorie (elle parle plutôt d'un mauvais montage) malgré un certain repentir. Comme si elle ne voyait pas le nombre de profs engagés avec convictions dans le renouveau; que des fonctionnaires, ben oui?!?

«Il faut rectifier le tir» Mme la ministre, comme le demande une éditorialiste du Devoir (http://www.ledevoir.com/2007/10/26/161993.html ).
PermalinkPermalien 10/26/07 @ 00:47
Commentaire de: André Roux [Membre]
Il semble que les attachés politiques de la Ministre auraient eu avantage à développer leur compétence à lire et apprécier des textes variés en relation avec le domaine général de formation Médias. Cette démarche leur aurait permis de mieux cerner la «profondeur» (à être pris ici au sens de creux) d'une émission comme les Frans-Tireurs où les sujets traités sont soumis à la confusion des genres, oscillant continuellement entre l'information et le divertissement, cherchant plus l'effet que la compréhension.

Ils auraient ainsi pu éviter à leur ministre de se laisser piéger.

En ces temps où l'information se définit de plus en plus par les cotes d'écoute et l'édition de «soundbites», il est impératif que tout citoyen, la Ministre incluse, puisse développer un discernement suffisamment fort pour éviter les pièges de l'info-divertissement qui mène malheureusement trop souvent à un diner de con.

Il est urgent que la Ministre corrige publiquement le tir par écrit ET en conférence de presse.
PermalinkPermalien 10/26/07 @ 06:43
Commentaire de: M.Poupore [Visiteur] Email
Mme la ministre devrait démissionner.

Elle a démontré en maintes occasions qu'elles ne maîtrise pas les compétences transversales de l'ordre personnel et social de même que celles reliées à la communication.

Elle exerce son autorité dans une perspective positiviste, elle évite le dialogue, empêchant ainsi toute socioconstruction.



PermalinkPermalien 10/26/07 @ 10:08
Commentaire de: Hélène Fontaine [Visiteur] Email
Mercredi soir, sous le choc de ce que je venais d'entendre, j'ai écris cette lettre au Devoir et à La Presse:


Je voudrais réagir à l'entrevue de Patrick Lagacé avec la Ministre de L'Éducation, madame Michèle Courchesne, dans l'émission des francs-tireurs.
J'ai eu à maintes reprises l'occasion d'apprécier le travail de Patrick Lagacé, mais cette fois, j'ai été très déçue de le voir verser dans le populisme et la désinformation crasse.

À titre d'exemple de faussetés, monsieur Lagacé nous expliqué comment "la réforme, pour ne pas traumatiser les enfants rois, leur avait permis d'écrire chauve-souris sans trait d'union" J'aimerais lui signaler qu'il faisait alors allusion à a réforme de l'orthographe approuvée par l'Académie Françcaise en 1990 et non à la réforme de l'Éducation au Québec. Oupse!

Pour prouver combien cette réforme était selon lui dommageable, il cite un un texte écrit par une étudiante de CEGEP qui comptait presqu'une faute d'orthographe à chaque deux mots. Malheureusement, pour monsieur Lagacé non seulement un tel exemple ne démontre rien, mais en plus, le problème c'est que cette étudiante n'est aucunement une enfant de la Réforme. Re oupse!


Le lendemain, j'ai pensé qu'écrire directement à Patrick Lagacé pourrait être utile:

Monsieur Lagacé,
hier j'ai écouté l'entrevue que vous faisiez avec madame Courchesne. Connaissant un peu votre style d'intervention j'espérais que vous réussiriez à faire sortir notre Ministre de l'Éducation de son discours lénifiant empli de lieux communs tels que "j'ai tant à coeur l'avenir de nos enfants en particulier ceux qui sont en difficulté et je suis très préoccupée par la qualité du français, je déteste la malbouffe..."
J'ai été plutôt estomaquée de votre hargne et de votre ignorance à propos de cette réforme.
D'abord, vous avez laissé entendre que cette "utopie ésotérique" était une lubie typiquement québécoise. Or, ce mouvement vers le souci de ne pas se contenter de faire apprendre des connaissances sans se soucier de leur application pratique dans des situations de la vie courante est un mouvement mondial. Tout le Canada, certains états américains, la France, la Belgique, la Suisse, l'Australie et plusieurs autre pays ont compris la nécessité de rehausser le niveau culturel de leur programme scolaire et de favoriser des apprentissages durables et qui ont du sens. (Kes ça done m'sieur d'apprendre l'histoire... anyway, sont toutt morts?) Ensuite, vous avez utilisé une boutade classique qui, si vous y pensez sérieusement, ne peut pas être vraie. "Moi, j'ai appris à écrire en faisant des dictées" Votre style percutant et irrévérencieux ne vous est sûrement pas venu en écrivant sous la dictée d'un maître.
Je gagerais que vous étiez plutôt le genre de rebelle talentueux qui réussit "les deux doigts dans le nez" qui s'ennuie à mourir devant les exercices répétitifs pas rapport, mais qui se défonce et donne tout ce qu'il a quand on lui propose des défis à sa mesure. Vos profs préférés étaient sûrement ceux qui sortaient du livre, qui donnaient du sens à leur enseignement et qui vous laissaient de la corde en masse.
Parmi ceux-là, certains vous ont probablement enseigné qu'on pouvait tout dire à condition de le faire avec rigueur.
Je le devine parce que je vous ai, entre autre, entendu ramasser Julien Poulin en lui reprochant d'avoir tenu un drapeau du Hezbollah sans réfléchir au sens de ses actes. Je vous ai entendu demander à Gilles Proulx où était passé son sens critique et son jugement journalistique.
À propos de cette réforme donc, saviez-vous que
1. elle est née des états généraux de l'éducation (1996) constataient la nécessaire adaptation de l'école aux nouvelles réalités sociales.... eh oui ! L'école doit s'adapter aux enfants d'aujourd'hui. On n'a pas les moyens d'avoir plus de décrocheurs que de diplômés.
2. elle avait pour but principal de recentrer l'école sur les matières essentielles comme le français, l'histoire, et les sciences
3. elle est particulièrement exigeante pour les enseignants auxquels on demande de proposer des situations d'apprentissage plus complexes que de simples questions de connaissances: "écoute ce que je te dis et recrache-le tel quel à l'examen", loin d'un nivellement par le bas, c'est un déploiement vers le haut
4. que les principaux lobbys de résistance ne sont pas venus des écoles privées, mais de certains syndicats d'enseignants particulièrement réactionnaires et, disons-le, "assis sur leur steak"
5. qu'elle est portée à bout de bras depuis 7 ans par des profs, des conseillers pédagogiques des directions d'école qui y croient, appréciée par des parents qui la comprennent et vécue par des enfants qui s'y développent
6. que madame Courchesne, qui se préoccupe plus de ses élections que de la qualité de l'éducation, va peut-être réussir à la scrapper comme vous l'avez enjointe de le faire en moins de temps qu'il n'en faut pour épeler "con pettance trans vert sale"
7. qu'il n'y a jamais été dit nulle part que les dictées étaient interdites et qu'on devait travailler par projet que -by the way - les accents circonflexes, les traits d'union et autres orthographes nouvelles, man ça a pas rap' avec la réforme de l'éducation, ni avec le Reform party, ni avec l'école de réforme Yoh!
8. que.... comme disait un de mes amis profs, "développer des compétences, c'est comme monter un piano au 3e étage... c'est ben d'l'ouvrage, mais quand t'es rendu en haut, t'as pas l'goût de redescendre"

Alors monsieur Lagacé, sincèrement, aviez-vous fait vos devoirs et étudié vos leçons avant l'exposé oral des franc tireurs ou avez-vous seulement compté sur votre bagout et votre talent pour servir l'ignorance, répété des lieux communs et flatté l'opinion populaire et son légendaire GROS BON SENS?


Aujourd'hui, je ne sais plus si je dois rire ou pleurer. A-t-elle réellement atteint le fond du baril?
Jusqu'à maintenant avec son parler vrai, son gros bon sens, son "rentre dedans gros Jean par devant" (pardonne-moi Jean, c'est une expression consacrée) sa compassion pour les enfants privés du privilège de redoubler et de se mesurer à la moyenne n'apprendront pas à vivre dans le vrai monde, et avec ses bonnes habitudes alimentaires et ses recettes de bon manger, la Ministre était une chouchou des médias. Maintenant qu'elle est, elle aussi.si la "victime d'un mauvais montage des journalistes" y en aura-t-il qui chercheront à être autre choses qu'un haut-parleur?
PermalinkPermalien 10/26/07 @ 14:10
Commentaire de: Amine Tehami [Visiteur] Email
Dans ma boîte courriel, qui ne dérougit pas, vient d'arriver cette info qui me laisse pantois. Elle provient de quelqu'un qui, manifestement, travaille à l'étage évoqué plus haut par Mario: "La ministre nous a rencontré ce matin à 11h00 pour réaffirmer sa confiance en nous et en notre travail, ainsi qu'au renouveau pédagogique. Elle nous a expliqué pourquoi elle a si mal paru aux Francs-tireurs. Paraît qu'il y a des grands bouts qui ont été coupés au montage... :) lol..."
Je ne suis pas assez maso pour re-visionner le torchon mais il me semble qu’il ne contenait pas tant de montage que ça. Et puis les extraits cités dans l’édito du Devoir, on ne les a pas rêvés.
On nage en plein règne de l’infotainment, un royaume où les mots ne veulent plus rien dire et où les idées n’ont plus de place. Mais j’oubliais, c’est la fôte de la réforme, ça aussi.
TGIF…
PermalinkPermalien 10/26/07 @ 14:28
Commentaire de: Mario Asselin [Membre] · http://carnets.opossum.ca/mario
@ Amine

J'ai parlé à quelqu'un de l'équipe de production des «Francs-Tireurs» cette P.M. et ils n'en reviennent pas de la position de Mme Courchesne à l'effet qu'elle ait été «la victime» d'un montage «peu représentatif de son discours à propos de la réforme de l'éducation». Ils ont décidé de publier sur Internet «l'intégrale» de l'entrevue (http://lesfrancstireurs.telequebec.tv/ministrecourchesne). Selon les informations que je possède, le «mea culpa» de la ministre n'a pas entraîné une onde de sympathie au 17e, Amine...

Par contre, plusieurs se consolent à l'idée qu'elle a fait une éloquente démonstration de sa méconnaissance des enjeux actuellement en cause. Je ne parle pas de politique (là-dessus, son calcul se justifie peut-être bien que...), mais d'éducation. Même Patrick Lagacé a été meilleur joueur sur son blogue en admettant qu'il a erré dans un segment de l'entrevue: la «réforme de l’orthographe n’émane pas du ministère de l’Éducation (...) Mea maxime culpa. Sincères excuses à la ministre et aux gens qui ont regardé l’entrevue sur ce point précis.» (source: http://blogues.cyberpresse.ca/lagace/?p=70720537 ).

Tout est à repreprendre avec cette ministre, si c'est encore possible.

Je ne voudrais pas être dans les souliers du sous-ministre qui était responsable (dans le paradigme de l'apprentissage) de la briefer sur les enjeux en cause!
PermalinkPermalien 10/26/07 @ 22:45
Commentaire de: Luc Papineau [Visiteur] Email
M. Proulx, l'insulte n'a jamais tenue lieu d'intelligence. Un homme comme vous nous nous avez habitué à plus de... délicatesse, disons.

Habituellement, un ministre est briefé par ses fonctionnaires. Par exemple. M. Fournier est devenu une magnifique «cassette» à sa deuxième année comme ministre.

Dans le cas de Mme Courchesne, le fait qu'elle confonde réforme de l'orthographe et renouveau pédagogique me donne à penser que ceux-ci la laissent dériver jusqu'à ce qu'elle se casse la gueule magistralement. Ainsi, elle retournera vers eux, penaude, ou bien elle sera mutée à un autre poste.

J'ai vu la mine de la ministre au congrès de l'AQPF et elle était profondément bouleversée. Un peu de retenue et de compassion serait peut-être souhaitable.

De toute façon, à force de nous entre-déchirer comme nous le faisons, ce sera bientôt avec l'ADQ que nous devrons vivre bientôt. Un beau jour, il va falloir arrêter de se battre et trouver des concensus.

Mme Tehami: croire que le Renouveau vient directement des États généraux de l'éducation est un mythe.

PermalinkPermalien 10/27/07 @ 00:12
Commentaire de: Clément Laberge [Visiteur] Email
@Luc Papineau

De grâce, n'invoquez pas la nécessaire compassion pour la ministre profondément bouleversée. C'est risible.
PermalinkPermalien 10/27/07 @ 03:03
Commentaire de: Michel Le neuf [Visiteur] Email · http://carnets.opossum.ca/LeNeuf
Ce matin, j'étais à la Rencontre nationale. Les organisateurs avaient invité le professeur Claude Lessard à s'adresser aux participants (plus de 600). M. Lessard nous a parlé de ce que c'était une organisation apprenante et d'où ça venait et comment cette idée pouvait s'appliquer à l'éducation. Il a eu, au moment de sa conclusion, cette phrase qui en a fait sourciller plusoeurs autour de moi: "On ne peut pas marcher pendant 20 ans sur le consensus des États Généraux". Comme quoi, il y a autre chose à faire et à construire. Pour ce qui me concerne, c'est un nouveau virage. L'histoire ne se fait pas en ligne droite.
PermalinkPermalien 10/29/07 @ 14:48
Commentaire de: Luc Papineau [Visiteur] Email
M. Laberge: Est-ce tout ce que vous avez retenu de mes idées?

(extrait d'un message sur le blogue de M. Asselin)

La ministre a dit ce qu'elle croyait. Il n'y avait rien de nouveau pour qui l'a suivie depuis son arrivée au MELS. C'est peut-être la façon de le faire et l'attitude de M. Lagacé qui ont frappé les esprits.

À cet égard, réécoutez l'entrevue de Jean-Marc Fournier à Tout le monde en parle l'année dernière et vous serez consterné par le manque de vision de celui qui a été ministre de l'éducation et dont le manque d'intérêt pour la chose éducative était notoire.

J'aime mieux une ministre concernée par le ministère qu'elle dirige qu'un autre qui attend un remaniement ministériel. À cet égard, je juge l'attitude de M. Jean-Pierre Proulx bien décevante. L'insulte n'a jamais tenue lieu d'intelligence. Tout le monde a droit à son opinion, m'a enseigné Pierre Bourgault, mais certaines sont meilleures que d'autres.

Si je lis dans ma boule de cristal, la ministre n'abolira pas une réforme à laquelle elle ne croit pas. Elle la corrigera, mettra de l'avant des solutions. Bref, elle se tentera de se montrer pragmatique. N'est-ce pas une attitude plus sage que de toujours refaire le monde à chaque 15 ans? Le défi appartient donc à ceux qui sont des éducateurs de faire valoir leurs idées sans dénigrer les individus qui s'opposent à eux.

Le fait de constater qu'elle veut rassembler les gens divisés est aussi un signal intéressant. Il va bien falloir un jour ou l'autre cesser de se battre et trouver des compromis pour le bien d'une institution que nous commençons tous à discréditer. Le jusqu'au-boutisme est la pire des politiques. Oui, oui: la FAE et vous devrez vous parler un jour... : )

En français, je crois que la ministre va au départ envoyer un signal clair que certaines formes d'apprentissage n'ont pas été interdites et ont toujours lieu d'être (dictées, etc.). C'est la variété des pratiques pédagogique qui importe aussi! Il existe des directions d'école et des conseillers pédagogiques qui ont pris leurs rêves pour des réalités et ce recentrage est nécessaire. je reviendrai sur ce point.

Mme Courchesne va également insisiter sur les compétences (en français, nous enseignons des compétences depuis toujours, vous savez? Nos grilles de correction, nos objectifs sont formulés sous forme de compétences), mais elle va réaffirmer l'importance des connaissances, de la grammaire.

Je crois aussi que la ministre va s'attarder au dossier de l'évaluation, une lutte que je mène depuis des années, et je ne serais pas surpris de la voir ramener progressivement des notions de rigueur et d'exigence dans des grilles de correction qu'on élabore, non pas en déterminant ce que veut dire maîtriser sa langue maternelle, mais en tenant compte d'un taux acceptable d'échecs. Ce serait une bonne manoeuvre politique dans tout ce débat identitaire qui anime le Québec depuis quelque temps.

Pour ce qui est des fonctionnaires du MELS, cet électrochoc s'imposait. Depuis des années, ils sont plus ou moins encadrés à cause du nombre incroyable de ministres qui sont passés par là. D'ailleurs, votre crainte à l'effet que la ministre «doit trouver un moyen de réparer pour continuer d'avoir un futur au MELS» montre bien tout le pouvoir dont ils disposent. Est-ce normal? acceptable? Désolé, mais je ne verse aucune larme pour eux. En bon québécois, ils étaient «dus» depuis longtemps.

En passant, en parlant des patrons des écoles et des CS qui y vont de leurs interprétations quant à la réforme, certaines directions d'école ont perdu la face cette semaine. Nonobstant les directives de la ministre, elles avaient indiqué à leurs enseignants de remplir leur bulletin avec des cotes. Qui a dû se refarcir tout le travail quand la CS s'est aperçue de cet écart de conduite»? Les enseignants, bien sûr! Mais cette histoire n'a pas fait la une du Journal de Montréal comme l'a fait celle des enseignants de la CSDM l'année dernière avec le bulletin.

L'éducation est déchirée, vous ai-je dit?

PermalinkPermalien 10/29/07 @ 14:51
Commentaire de: Amine Tehami [Visiteur] Email
RE : le « taux acceptable d'échecs » de Luc : si la remarque signifie ce que je crois qu’elle veut dire (i.e., l’idéologie de la « réussite pour tous » se leurre car dans tout groupe d’élèves, il y a la réalité de la courbe de Poisson), je voudrais relater ici une recherche longitudinale menée par Bernard Rey, un chercheur belge (je l’ai contacté en vain pour obtenir la référence écrite—ce qui suit découle de mes notes prises lors d’une présentation par lui, il y a 7 ans, lors d'un colloque de l’ACSQ à Québec. Rey relatait avoir suivi 193 élèves sur 36 mois. Au début de l’enquête, environ le tiers des élèves témoignaient du signe le plus fréquemment associé à l’intelligence : la capacité à mobiliser des savoirs scolaires pour résoudre un problème extra-scolaire—ce que le jargon déploré par certains appelle le transfert. 18 mois ans plus tard, mois au cours desquels le transfert était au cœur de l’acte pédagogique, voire l’obsession centrale des enseignants participant à l'étude, le tiers du milieu avait rattrapé le peloton de tête. Autrement dit: transférer, ce n'est pas inné—ça s'apprend. Quant au dernier tiers, il s’est avéré incapable de transférer même après une réforme des pratiques pédagogiques et surtout évaluatives. Cette recherche, me semble-t-il, heurte de plein fouet une prémisse fréquente chez les enseignants, prémisse selon laquelle :
 il faut et il suffit que l’élève écoute attentivement son professeur, prenne des notes proprement, révise ses leçons et fasse assidûment ses devoirs
 qu’il en fasse autant dans toutes les matières que le curriculum aura cru bon de saucissonner
 et le jour où il aura à mobiliser ces savoirs parcellaires dans la « vraie vie », sa mémoire fera les intégrations et les liens nécessaires.
Ce qui est manifestement faux pour l’élève docile du peloton du milieu, celui qui s’accroche de peine et de misère… et qui quittera l’école sans apprentissages durables donc véritables.
J’ai une hypothèse pour expliquer cette prémisse: les enseignants d'aujourd'hui faisaient jadis partie du premier tiers à l'école. C'est une prémisse qui se renforce au contact de chaque nouvelle cohorte d'élèves qui leur ressemblent, des élèves parfaitement adaptés au modèle traditionnel, des élèves qui réussissent et qui prouvent bien que cette réforme ne servira à rien… tandis que le tiers du milieu alimente des cohortes de drop-in. Chaque année, le Ministère de l'éducation du Québec publie « Les indicateurs de l'éducation», une série de fiches statistiques sur les ressources allouées à l'éducation, sur la persévérance scolaire, sur l'obtention des diplômes ou l'évaluation des apprentissages, sur des comparaisons régionales ou internationales, ...etc.
L'une de ces fiches, mise à jour dans chaque édition, illustre ce phénomène : des 100 écoliers du primaire sur la ligne départ, bon an mal an, une vingtaine quitteront le cégep sans diplôme, et une dizaine quitteront l'université sans baccalauréat, ...etc. 20+10=30, selon moi le tiers du milieu chez Rey.
Ce tiers ne mérite que l’on revoite nos prémisses?
PermalinkPermalien 10/29/07 @ 16:14
Commentaire de: Amine Tehami [Visiteur] Email
Je voulais dire: ...ne mérite PAS que l'on revoiE nos prémisses?
PermalinkPermalien 10/29/07 @ 16:16
Commentaire de: L Lefebvre [Visiteur] Email
Je n’ai jamais entendu autant de sottises démagogiques et autant de remarques désobligeantes de la part d’une élue à l’égard de ses électeurs et du ministère qu’elle représente. Vos propos tenus à l’émission « Les francs tireurs» démontrent clairement une mauvaise compréhension du dossier et une mauvaise foi de votre part. Vous avez cautionné les propos vindicatifs de Monsieur Lagacé et vous avez accepté le fait que des informations trompeuses et erronées n’ont pas été corrigées. Monsieur Lagacé a su faire ressortir la vraie nature d’une politicienne carriériste. Je n’accorde aucun crédit à cet interviewer, ni à cette émission polémiste qui vous a pourtant évidement bien tendu un piège dans lequel vous avez volontairement plongé. Ne réclamez pas, de grâce, le droit d’être membre honoraire du club des « mal-cités ».
Vous laissez entendre que « l’ancien régime » allait très bien. Regardez les statistiques de votre ministère de façon plus rigoureuse et vous constaterez par vous-même que ce n’était pas le cas. Je vous invite à lire le rapport de la Commission des États généraux sur l'éducation de 1996 car il est visible que vous n’avez pas fait vos devoirs. Le renouveau pédagogique est une réponse à un problème de société. Le renouveau pédagogique ne clame pas corriger tout les problèmes d’ordre pédagogique mais pour la première fois il permet de questionner ce qu’il se fait dans la classe contrairement à ce que pouvait prétendre l’ancien programme. Vous savez très bien que les « ratés» de la «Réforme» proviennent de sa non-application et du manque de leadership d’une ministre qui volontairement laisse l’ensemble de son ministère dans le néant pour mieux le discréditer. Il y a seulement ceux qui ne font rien qui ne font pas d’erreur et ceux qui n’écoutent pas les conseils font pire.
Le renouveau pédagogique est maintenant compris, accepté et connait une adhésion par une majorité d’enseignants de plus en plus nombreuse. Il est très insultant d’entendre dire que l’ensemble des acteurs scolaires sont de mauvaise foi et résistant. Serait-ce parce que les caprices de la Ministre ne sont pas comblés?
J’ai la profonde conviction que votre parti soulève volontairement des polémiques pour faire de l’ombre sur les partis de l’opposition dans les médias. «Parlez de moi en bien ou en mal, mais parlez de moi.» C’est triste de voir que les parents « ignorants » et les fonctionnaires «tête de cochons», comme vous avez sous-entendu, payent les frais pour une carriériste avide de pouvoir prête à sacrifier encore quelques vies scolaires.

Bonne chance dans votre combat solitaire contre le gros bon sens.

Luc Lefebvre, père« ignorant », fonctionnaire « tête de cochon» en éducation, membre d’un syndicat qui ne comprend rien.

PermalinkPermalien 11/15/07 @ 11:19

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