En 1999, le ministère de l’Éducation définissait des « orientations pour la formation continue du personnel enseignant ».
Le document définissait ainsi la responsabilité des enseignantes et les enseignants
Les enseignantes et les enseignants sont, au premier chef, responsables de leur formation continue. À ce titre, leur rôle consiste à :
N déterminer leurs besoins individuels et collectifs de formation;
n participer à l’élaboration de stratégies individuelles et organisationnelles de formation;
n participer à l’exécution des stratégies planifiées, comme concepteurs et premiers utilisateurs de ces stratégies;
n évaluer la mise en œuvre et les effets des stratégies de formation planifiées afin d’en dégager les étapes subséquentes.
En somme, les enseignantes et les enseignants doivent être au cœur même d’un processus de développement qui se déroule par des choix successifs de moyens de plus en plus efficaces.
Je doute que ces orientations aient eu beaucoup de suites. Et je fais l’hypothèse que cela tient au fait qu’aucun organisme les représentant n’a pris en charge la gestion d’une politique de formation continue. Je voudrais être convaincu du contraire, mais quand je lis que l’Association québécoise des professeurs de français réclamait en 2005 une politique de formation continue, je suis, hélas, conforté dans mon doute.
Il est donc le temps de passer à l’action.
L'autonomie professionnelle des enseignantes et des enseignants, affirmée par la Loi sur l'instruction publique et dans les discours officiels, comporte aussi l'exigence pour chacun d'assurer son développement professionnel tout au long de la vie. Le principe est admis, mais, en pratique, les exigences sont nulles. Le temps est venu de passer à l'action.
Attendu que la Loi sur l’instruction publique fait un devoir aux enseignants « de prendre des mesures appropriées qui lui permettent d'atteindre et de conserver un haut degré de compétence professionnelle » (a. 22, 6e);
Attendu que la capacité de « s’engager dans une démarche individuelle et collective de développement professionnel » constitue une compétence attendue de toute enseignante et de tout enseignant;
Attendu que l’autonomie professionnelle reconnue aux enseignants doit s’accompagner de la responsabilité professionnelle de rendre compte de l’usage qui est fait de cette autonomie;
Attendu que le Conseil supérieur de l’éducation a, en septembre 2004, recommandé au personnel enseignant de « se doter d’un plan individuel de développement professionnel souple qui tienne compte de ses besoins professionnels et des priorités de l’organisation scolaire, et de témoigner de son cheminement auprès de la direction d’école »
Attendu que cette recommandation est demeurée lettre morte et qu’aucun mécanisme n’a été mis en place pour assurer, au-delà de la formation initiale, un développement généralisé et continue des compétences professionnelles;
Attendu l'absence d'un ordre professionnel des enseignants et la volonté connue de ces derniers de ne point s'en donner;
Je demande au futur gouvernement du Québec :
de modifier la législation pertinente de manière à prescrire aux enseignantes et aux enseignants l’obligation de se doter d’un plan individuel de développement professionnel et de rendre compte périodiquement de sa mise en oeuvre auprès de la direction de leur établissements.
Attendu par ailleurs que les directions d’établissement exercent aussi des responsabilités professionnelles;
Attendu que leur première fonction est de nature pédagogique, soit « d’assurer la qualité des services éducatifs » au sein de leur établissement,
Je demande au futur gouvernement du Québec
de prescrire aux directions d’établissement de se doter aussi d’un plan individuel de développement professionnel et d’en rendre compte auprès de leur supérieur.
À suivre
La Centrale des syndicats du Québec et dix autres organismes ont publié hier un manifeste réclamant du gouvernement qu’il fasse de l’éducation une priorité nationale. Il propose les 10 orientations générales suivantes. On en retrouvera le texte intégral sur le site de la CSQ.
1. Renouer avec la mission fondamentale du système d’éducation dans une perspective démocratique
2. Se donner les moyens de combattre l’échec scolaire
3. Miser sur la justice sociale et l’égalité des chances
4. Consolider le réseau national des cégeps
5. Replacer la mission de l’université au centre de ses activités
6. Baliser les rapports entre éducation et entreprise privée
7. Développer l’accès à l’éducation des adultes et à la formation continue
8. Améliorer la condition financière des étudiantes et des étudiants
9. Reconnaître et valoriser le personnel de l’éducation
10. Mettre fin au sous-financement chronique de l’éducation
En passant, que proposent les lecteurs de ce blogue pour faire avancer l’éducation ? Ils sont bien silencieux.
À lire et compulser les plates-formes de revendications des uns et des autres, je me suis dit que je pourrais faire l'effort de réfléchir et de dire ce qui me tient à coeur en éducation et ce que j'ose réclamer du futur gouvernement que l'on élira le 8. Je commence donc par ce premier billet consacré à l'apprentissage de la lecture.
Je ne suis tout de même pas un expert en ce domaine. Je me présente donc comme un citoyen intéressé et qui a lu deux ou trois "affaires" sur le sujet. Les lecteurs de ce blogue qui s'y connaissent mieux que moi sont donc fortement invités à contester, compléter ou améliorer ces revendications.
1- La lecture
Attendu l’importance primordiale de la compétence en lecture pour le développement des autres compétences.
Je demande au futur gouvernement du Québec d’accorder la première priorité dans l’allocation des ressources, au développement de la lecture au préscolaire et au premier cycle du primaire en :
• en mettant sur pied un programme de formation spécifique pour la mise à jour des compétences des enseignantes et des enseignants en exercice du préscolaire et du primaire;
• en précisant dans le référentiel de compétences de formation des futurs enseignants et enseignants, les exigences propres au développement des compétences en lecture;
• en créant sans tarder un groupe de travail pour mettre à profit 1) l’expertise déjà reconnue des meilleurs enseignants et enseignantes dans l’apprentissage de la lecture, 2) l’expertise des universitaires dans le même domaine;
• en créant des outils de communication efficaces pour assurer le transfert de ces expertises au sein du corps enseignant et des familles.
2- Le dépistage et le suivi des jeunes enfants en difficulté
Attendu par ailleurs qu’un nombre important d’enfants arrivent à l’école sans la maturité scolaire nécessaire à leurs futurs apprentissages, comme l’a révélé une enquête récente de la Direction de la santé publique.
Attendu les ressources disponibles en orthopédagogie et autres spécialités professionnelles susceptibles d’aider les jeunes
Je demande au futur gouvernement d’élaborer une politique visant :
• à favoriser la concentration de ressources spécialisées dans le dépistage des difficultés d’apprentissage des enfants dans les Centres de la petite enfance et dans les classes du préscolaire;
• à affecter prioritairement les ressources professionnelles d’aide aux enfants en difficulté d’apprentissage au préscolaire et au premier cycle du primaire;
• s’assurer que les élèves devant passer du premier au deuxième cycle d’apprentissage du primaire et n’ayant pas acquis les compétences nécessaires en lecture soient tous, sans exception, assurés de bénéficier de l’aide soutenu de professionnel dans ce domaine.
3. Les rôles parentaux à l’égard de la lecture
Attendu, comme l’a montré le Conseil supérieur de l’éducation que les filles développent plus rapidement leur compétence en lecture que les garçons et conservent leur avance à cet égard tout au long de leurs études.
Attendu que les garçons développent leur identité en bonne partie en se distinguant des filles et qu’ils considèrent de ce fait la lecture comme une activité féminine;
Attendu qu’il s’agit là d’un phénomène culturel lié aux rôles sexuels appris dans l’enfance et que ce phénomène n’est pas irréversible;
Attendu que le goût des livres et de la lecture est traditionnellement transmis par les mères dans la petite enfance et que de ce fait la lecture est perçue comme une activité féminine;
Attendu qu’il convient de changer ce modèle culturel au bénéfice des garçons sans affecter les compétences des filles,
Je demande au futur gouvernement d’élaborer, en partenariat avec les institutions scolaires (commissions scolaires, enseignantes, parents, etc.) et culturelles concernées (éditeurs, libraires, clubs de lecture, salons du livre, etc. ) et les médias, une politique d’éducation populaire et de communication de masse visant à :
. Transformer la culture familiale de manière à modifier les rôles parentaux et à intégrer les pères dans le développement du goût de la lecture chez leurs enfants.
à suivre
La Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec vient d'écrire aux chefs de parti pour leur demander de redonner à l’éducation un statut de priorité nationale. Elles font valoir que..,
...le taux d’obtention d’un diplôme de baccalauréat au Québec demeure de 6,4 points de pourcentage moindre qu’en Ontario, que les sociétés comparables à celle du Québec visent un taux d’accès au baccalauréat de 50 % et que le système universitaire québécois fait l’objet d’un sous-financement reconnu par tous.
Cinq enjeux principaux, écrit la CREPUQ, sont en cause, mais en les lisant, on constatera que l'on parle plutôt de défis, sauf pour ce qui est du deuxième point:
. fixer des objectifs ambitieux en termes de diplomation aux premier, deuxième et troisième cycles universitaires, compatibles avec ceux des juridictions concurrentes ;
. favoriser un enseignement et une recherche de haute qualité pour redonner au Québec la place de leader qu’il occupait durant les années 1980 ;
. Soutenir les initiatives universitaires visant à accentuer l’internationalisation de l’enseignement et de la recherche universitaires ;
. donner suite au rapport de l’Institut sur la gouvernance des organisations publiques et privées en reconnaissant qu’une saine gouvernance des institutions universitaires doit respecter « la diversité des histoires, des traditions, des cultures et des valeurs propres à chaque institution universitaire » ;
. relever le niveau de financement par étudiant au niveau moyen constaté pour l’ensemble des universités du reste du Canada.
Québec solidaire a rendu public ses engagements en éducation. Ils sont articulés autour des trois axes suivants. Mais le plus intéressant, ce sont les moyens proposés. POur en prendre connaissance, il faura aller lire la plate-forme elle-même!
(1) Réaliser la gratuité scolaire par les mesures suivantes :
(2) Réinvestir dans le réseau public, du préscolaire à l’Université :
(3) Consolider une école publique fragilisée par les coupures budgétaires, par le manque de professionnels-elles et par l’application du renouveau pédagogique (réforme) afin que l’éducation donne accès à la culture (arts, sciences et sciences humaines), à la citoyenneté et à la solidarité
Les Verts parlent d'éducation
"Le Parti vert du Québec [...] propose, notamment, un réinvestissement dans la formation professionnel et technique ainsi qu'une diminution du nombre d'élèves par classe.
« Pour nous, l'éducation constitue le moyen central pour lutter contre la pauvreté, pour améliorer la santé, pour assurer un développement économique durable, pour une vie culturelle dynamique et pour comprendre les enjeux liés à la sauvegarde de l'environnement » a déclaré Michel Lemay, candidat dans Laurier-Dorion.
Pour rejoindre la moyenne canadienne de dépenses par élève en éducation (pas la dépasser), le Parti vert propose d'investir 460 millions de dollars afin d'atteindre la moyenne canadienne. « Une somme importante mais nécessaire, voire essentielle pour le développement de notre société. Encore faut-il l'investir au bon endroit. » a dit Guy Rainville, chef du parti et candidat dans Deux-Montagnes.
Le Parti vert du Québec propose aussi de réduire le nombre d'élèves par classe au primaire de 11% à 17% et d'augmenter les ressources spécialisées appuyant les enseignants. « Parce qu'un élève en difficulté qui se sent entouré, supporté et aimé, a mille fois plus de chance de réussir dans la vie, d'être heureux et de contribuer à la société. » a déclaré le chef du parti. Il compte le réaliser en abolissant le financement des écoles privées pour réinvestir ces sommes dans le réseau scolaire public.
Le Parti vert du Québec entend mettre en place des mesures facilitant l'accès au poste d'enseignant pour les diplômés universitaires et les gens de métier désireux de s'investir en éducation. Il veut également mettre « fin au dédoublement des ressources et à la confusion qui existe » en regroupant les programmes de formation professionnelle et les programmes de formation technique sous un responsable unique, les cégeps, a expliqué Michel Lemay.
Pour améliorer la formation de la main d'œuvre, le Parti vert du Québec veut obliger les entreprises ayant une masse salariale de 300 000$ et plus à investir 1% de celle-ci. Il investira aussi dans la mise sur pied de mutuelles de formation dans toutes les régions du Québec.
P.S. : Je n'ai encore rien trouvé sur l'éducation en provenance du PLQ sinon l'annonce déjà vieille, mais introuvable ailleurs que dans les médias, sur l'ajout d'enseignants et la réduction du nombre d'élèves par classe.
Mme Marois a précisé aujourd'hui ses engagements en matière d'éducation.
Le document commence comme suit...
« Afin d’assurer la réussite des enfants à l’école, un gouvernement du Parti Québécois diminuera le nombre d’enfants par classe. Le Parti Québécois réduira en priorité la taille des classes de 20 % au primaire et au secondaire pour les écoles en milieu défavorisé. Une diminution de 10 % du nombre d’élèves par classe sera par la suite appliquée à l’ensemble des écoles d’ici la fin du mandat, a expliqué Pauline Marois. Ces diminutions seront accompagnées de mesures établies en collaboration avec les enseignants afin de permettre de meilleures conditions d’intégration des élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage ».
et se termine comme cela...
« L’éducation demeure une priorité encore et toujours pour le Parti Québécois. Les enseignants du Québec, qui verront leur autonomie valorisée par les mesures que nous annonçons, seront appelés à jouer un rôle encore plus important dans notre réseau scolaire. En assurant une éducation de qualité à nos jeunes, on se donne le premier outil pour bâtir ensemble un Québec gagnant », a conclu Pauline Marois.
Aux membres du RAEQ et à tous ses amis
Cordiale invitation à une journée d'étude du RAEEQ le 29 novembre prochain
SUR
La décentralisation
La qualité de la langue
La formation continueOù
Université de Montréal,
Pavillon Marie-Victorin
90 Vindent-d’Indy
Métro Edouard-Montpetit
Local B-259Horaire
8h30 Accueil et inscriptions aux ateliers
9h00 Mot de bienvenue et retour sur les actions du RAEQ depuis avril 2008
9h30 Table ronde pour introduire les ateliers
10h00 Ateliers:-Après la loi sur la gouvernance scolaire (loi 88)
que reste-t-il de l'autonomie des écoles?
Avec Amine Tehami,
directeur de l'école Marie-Rose Pelletier (csmb)-Un manifeste sur la qualité de la langue,
que pourrait-il contenir ?
Avec Camille Marchand,
directrice de Vie pédagogique-Que serait un plan de formation continue idéal
pour les enseignants et enseignantes ?12h00 Dîner
13h00 Retour sur les ateliers
14h00 Plan d’actions 2008-2009
15h00 Mot de la finInscrivez-vous:
raeq@uqtr.ca
avant le 21 novembre prochain.
Une contribution de 20$ est demandée pour le lunch et pour aider le RAEQ à défrayer ses dépenses.
La CSN a rendu public hier ses constats et revendications en éducation dans le cadre de la présente élection
Éducation : des problèmes
de fond qui persistentLe fait saillant des engagements du PLQ en 2007 fut certes celui de ne plus positionner l’éducation comme une priorité et de n’avoir pratiquement rien fait en enseignement supérieur. Qui plus est, le gouvernement Charest a même laissé entendre au gouvernement fédéral qu’il pourrait bien mettre de côté la réclamation du montant de 800 millions de dollars qui doit être versé par Ottawa pour l’enseignement supérieur et que nous réclamons depuis plusieurs années à la faveur d’un large consensus au Québec.
Sous la gouverne de la ministre Courchesne, l’éducation a malgré tout été sur la sellette. Prenant acte des engagements de son parti et des problèmes présents dans les ordres d’enseignement, la ministre a décidé d’agir rapidement en multipliant les consultations et les comités de travail. Le gouvernement est intervenu à propos des bulletins scolaires, de l’apprentissage du français, de la mise en place de nouveaux programmes, de la démocratie scolaire, de la reconnaissance des acquis, du transport scolaire, etc.
Certaines avancées sont intéressantes, alors que d’autres s’apparentent davantage à des opérations cosmétiques. En adoptant l’approche du cas par cas, elle n’a pas situé la problématique dans une vision intégrée et cohérente du réseau de l’éducation. La bonne note que plusieurs lui donnent ne fait pas foi de tout.
La ministre a agi pour lever certaines difficultés rencontrées dans la poursuite de l’implantation de la réforme de l’éducation au primaire et au secondaire et pour mettre en place des conditions afin de contrer le décrochage scolaire. Par contre, aucune intervention n’a été amorcée pour mettre fin à la sélection des élèves et pour permettre un accès universel à des projets particuliers répondant à leurs intérêts et à leurs besoins.
Le Parti libéral s’était engagé à développer la formation professionnelle dans toutes les régions. Des plans régionaux de rapprochement entre la formation professionnelle et technique sont en voie d’élaboration et il faudra voir leurs effets sur le maintien d’une offre de formation diversifiée sur l’ensemble du territoire.
Au moment où le Québec doit devenir une société du savoir, le gouvernement Charest a mis fin, au printemps 2008, au gel des droits de scolarité universitaires en imposant aux étudiantes et aux étudiants une hausse de 100 $ par année pendant cinq ans. Il est trop tôt pour évaluer l’impact de cette décision, mais il est à craindre qu’elle restreigne l’accessibilité aux études universitaires, plus spécifiquement pour les personnes vivant en milieu défavorisé, et qu’elle accroisse l’endettement étudiant.
Un mécanisme d’encadrement des frais institutionnels obligatoires a aussi été mis en place, ces derniers étaient devenus une mesure palliative utilisée par les universités pour contrer leur sous-financement chronique. Ce mécanisme est à deux vitesses, freinant d’une part l’augmentation des frais afférents dans les universités où ceux-ci étaient élevés et, d’autre part, permettant aux universités ayant maintenu ces frais à la baisse de les augmenter, et ce, au détriment des étudiantes et des étudiants.
Dans les suites de la dérive immobilière de l’UQAM, le gouvernement Charest a tardé avant de dévoiler ses engagements financiers. Cependant, la question du sous-financement du réseau demeure entière.
Finalement, quelques jours avant le déclenchement des élections, le gouvernement a déposé des projets de loi sur la gouvernance dans les cégeps et les universités dont les contenus soulèvent beaucoup d’inquiétudes pour l’avenir.
Constats et attentes
Afin de faire face aux difficultés auxquelles notre société est confrontée, l’éducation est assurément un facteur structurant pour l’avenir du Québec qui repose autant sur les jeunes et leur réussite que sur les adultes qui doivent avoir la possibilité de développer leurs connaissances et leurs compétences. L’État doit assumer une responsabilité accrue en éducation, en raison d’une croissance rapide des besoins de formation initiale et continue de toute la population.
La CSN exige que le prochain gouvernement fasse de l’éducation une réelle priorité nationale et adopte des stratégies éducatives claires, cohérentes et coordonnées afin de faire face à la situation appréhendée pour les années à venir. Il devra aussi allouer aux différents ordres d’enseignement le financement adéquat afin qu’ils puissent répondre aux besoins des jeunes et des adultes et accroître la persévérance et la réussite scolaires.
Finalement, la CSN exige du gouvernement fédéral le versement des montants d’argent dûs au Québec pour l’enseignement supérieur (800 millions $).
Le Parti libéral ou tout autre parti ne doit pas reculer sur cette question.
Voici les revendications électorales de la Fédération des syndicasc de l’enseignement (CSQ). Cette liste complète celle que CSQ a rendue publique plutôt cette semaine.
1. Financer adéquatement l'éducation publique.
2. S'assurer que l'intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières réponde aux besoins de ceux-ci, tout en garantissant le niveau de services requis pour les intégrer, et qu'elle n'occasionne ni contrainte excessive à l'organisation de la classe ni ne porte atteinte aux droits des autres élèves.
3. Réduire significativement le nombre d'élèves par classe, autant au secteur des jeunes qu'à celui des adultes.
4. Revoir la politique d'évaluation des apprentissages pour que l'évaluation et les tâches qui en découlent soient ramenées à des proportions plus réalistes et permettent d'évaluer réellement le contenu du programme enseigné.
5. Poursuivre la réforme de la réforme, notamment en précisant le niveau de progression des connaissances attendu des élèves pour l'ensemble des programmes et pour chacune des années scolaires.
6. Maintenir le moratoire au sujet de l'implantation de la réforme à l'éducation des adultes, tant et aussi longtemps que les conditions nécessaires à sa réussite ne seront pas réunies.
7. Redonner à la formation professionnelle les outils et le financement nécessaires afin d'offrir des formations qualifiantes et transférables pour répondre adéquatement aux besoins de
Main-d’œuvre qualifiée.
8. S'assurer d'un climat propice à l'apprentissage, exempt de violence et empreint de respect.
9. Reconnaître l'expertise du personnel enseignant dans la prise de décision affectant la vie des établissements et lors de l'élaboration des politiques ministérielles.
10. Reconnaître l'autonomie professionnelle des enseignantes et enseignants dans le choix des outils et modalités d'évaluation et d'enseignement.
11. Mettre en place de meilleures conditions d'attraction, d'insertion et d'exercice de la profession enseignante, ce qui contribuerait à la valoriser.
12. Réduire la précarité d'emploi du personnel enseignant à tous les secteurs d'enseignement (jeunes, adultes et formation professionnelle).
La revue Vivre le primaire publiée par l’Association québécoise des enseignantes et enseignants du primaire (l’AQEP) vient de publier un dossier spécial sur le programme Éthique et culture religieuse.
On n’y trouve pas toutes les réponses à nos questions, mais des réponses fort intéressantes. Le dossier a été piloté par Georges Leroux qui, on le sait, y a travaillé de près.
Le dossier n’est malheureusement pas encore en ligne, mais les impatients peuvent certainement téléphoner à Mme Jacinthe Asselin entre 9h00 et midi au 819-778-6671 ou lui écrire par courriel à : vivreleprimaire@aqep.org.
Incidemment, ceux et celles qui sont secoués par la récente intervention de Mario Dumont sur ce programme trouveront aussi des informations de base et même beaucoup plus sur le site du MELS qui lui est consacré (au programme, pas à Mario Dumont!) Je viens d’en faire l’expérience en vue de mon cours de demain qui porte là-dessus.
Reçu aujourd’hui à l’Académie Saint-Louis, une école privée de Québec, M. Dumont a promis à nouveau l’abolition des commissions scolaires et plaidé pour l’autonomie des écoles. Son communiqué se déploie autour des quatre éléments suivants :
• Autonomie des écoles
• Réduire la bureaucratie
• Mettre en valeur les équipements scolaires
• Plus de ressources pour les écoles
p.s. Je n’ai encore rien lu chez le PLQ concernant l’éducation. Cela m’aurait-il échappé?
D'après Radio-Canada, l'ADQ a repris son programme électoral de 2007. Et d'après M. Dumont, Mme Marois a "saboté" notre système éducatif.
Mais surtout, l’ADQ prône le retour à la rigueur et aux connaissances. C'est écrit dans son programme.
Son communiqué commence comme ceci…
Parmi les actions auxquelles le Parti Québécois s'engage dans sa plateforme électorale rendue publique le 8 novembre dernier, la Fédération des cégeps retient notamment la volonté de fournir un meilleur accès de la population à la formation continue à temps partiel et à la reconnaissance des compétences et des acquis. Ce sont là des mesures nécessaires, à la fois pour répondre aux besoins des adultes et pour faire face aux pénuries de main-d’œuvre qualifiée.
Et se termine comme cela…
Par ailleurs, les étudiants étrangers représentent un apport culturel et social indéniable à la vie québécoise. Les cégeps aimeraient en accueillir un plus grand nombre, notamment dans les régions où les effets des baisses démographiques se font le plus sentir. La Fédération précise enfin que les cégeps, les universités et les écoles secondaires font déjà partie de l'Initiative conjointe gouvernement-réseaux de l'éducation en matière de recrutement d'étudiants et d'étudiantes étrangers lancée cet automne et qu'en conséquence, les délégations du Québec sont invitées à appuyer le recrutement
à l'étranger des trois réseaux d'enseignement.
À quelques jours des élections présidentielles américaines, je vous ai résumé les grandes lignes d'un débat s'étant tenu entre les deux conseillères en éducation des deux principaux candidats. Or, vous connaissez comme moi le résultat de ces élections: Obama est aujourd'hui président "élu" et les gens attendent beaucoup de lui. En fait, on est bien loin ici du brouillard de cynisme qui entoure présentement les élections provinciales québécoises.
Dans le cadre du "fellowship" que je réalise présentement à l'Université du Wisconsin-Madison, je m'apprête à aller discuter de la plate-forme éducative proposée par Obama. En voici, traduit bien rapidement, les grandes lignes....
-Réformer le No Child Left Behind Act;
-Assurer l'accès à des programmes éducatifs et à des services de garde de haute qualité afin que les enfants puissent entrer à la maternelle prêts à apprendre;
-Travailler à placer des enseignants efficaces dans toutes les classes, particulièrement celles des zones de grande pauvreté ou très diversifiées;
-Récompenser les enseignants efficaces qui assument des tâches difficiles et qui aident les enfants à réussir
-Appuyer les directeurs et leaders scolaires efficaces;
-Faire des mathématiques et des sciences une priorité nationale;
-Réduire le taux de décrochage au secondaire en mettant l'accent sur des méthodes éprouvées qui améliorent la réussite des élèves et augmentent les chances de diplômation et de poursuite aux études supérieures;
-Réduire les écarts de réussite et investir dans ce qui fonctionne;
-Aider les parents afin qu'ils puissent élever des enfants en santé et qui réussissent en jouant un plus grand rôle dans l'éducation de leur enfant à la maison comme à l'école.
Je ne suis pas nécessairement en accord avec tout ce que contient ce document qui compte 15 pages et où chacune des mesures est relativement détaillée. Je ne voudrais pas nécessairement que le Québec s'en inspire. Mais, en lisant le document et en prenant connaissance de ce que nos politiciens provinciaux proposent au cours de ces élections-éclair, j'éprouve un grand malaise. En effet, voilà un président qui propose une vision assez claire de ce qu'il désire voir se réaliser en matière d'éducation au cours de son mandat, et qui le détaille suffisamment pour devoir rendre des compte éventuellement. Je tiens à rappeler que l'éducation n'est pas, selon la constitution de ce pays, un champ de compétence "officiel" du gouvernement fédéral américain, bien que celui-ci y intervient régulièrement depuis le début des années 1960, et que son intervention, surtout financière, y est aujourd'hui devenue indispensable.
Quand je lis et entends ce que nos politiciens provinciaux proposent en matière d'éducation, je trouve que les menus nous donnent une idée bien vague de ce que contiendra l'éventuelle assiette, et que les chefs pourront bien aisément se défiler si le client reste sur sa faim, ou pire, fait une indigestion. Or, contrairement au gouvernement fédéral américain et du politicien qui le dirige, nos politiciens provinciaux sont les premiers responsables des grandes orientations et de l'encadrement de notre système éducatif. Sans voir tomber nos politiciens dans le piège du micro-management, il me semble que cette responsabilité devrait être prise avec davantage de sérieux. Quelles sont vos priorités, quels moyens voulez-vous mettre en oeuvre pour les atteindre et avec quelles ressources? Voilà ce que je voudrais savoir le plus rapidement possible... Et au diable les sapins de Noël!
Lu dans Le Devoir ce matin
Des détracteurs de la réforme pédagogique exigent des correctifs importants
Dans un ouvrage collectif, des enseignants, des historiens et des philosophes critiquent le dérapage du ministère de l'Éducation dans l'application de la réforme.
Les partis politiques doivent s'engager sur l'avenir de la réforme de l'éducation. S'il n'est plus question de «stopper la réforme» puisqu'elle est déjà implantée jusqu'en quatrième secondaire, ses détracteurs exigent des correctifs importants pour remettre les connaissances à l'honneur.
Voilà le message lancé par l'historien Robert Comeau, qui publie cette semaine un ouvrage collectif intitulé Contre la réforme pédagogique. «Il doit y avoir un débat public. Il faut qu'on parle d'éducation et que les partis se prononcent sur la façon de corriger la réforme», croit l'historien qui s'est intéressé à l'ensemble de la philosophie de la réforme après avoir scruté à la loupe les programmes d'histoire.
La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ont rendu public dimanche leur « plate-forme de revendications ».
Cela commence ainsi :
"La campagne électorale qui se déroule en ce moment aura un impact majeur sur l'avenir du Québec. Nous vivons une crise financière mondiale, nous faisons face à une menace de récession imminente, nous subissons une intense compétition internationale et nous manquons de main-d’œuvre qualifiée. Pour que le Québec se tire d'affaires, il est essentiel de se doter d'une stratégie à long terme forte. Alors, pour avoir un "Québec gagnant", qui "se donne le pouvoir" ou qui met "l'économie d'abord", il faut maximiser l'accès au savoir. Nous avons besoin de diplômés et c'est donc en misant sur l'éducation que nous sortirons tous gagnants."
…et se termine comme suit :
"La présente élection interpelle les jeunes travailleurs de demain, les étudiants collégiaux, universitaires et professionnels. C'est pourquoi nous demandons aux partis d'interpeller les jeunes à travers des sujets et des projets d'avenir qui sauront les toucher dans leur quotidien. Les préoccupations jeunes que nous soumettons aux partis à travers notre plate-forme sont nombreuses et diversifiées, c'est maintenant aux partis de
s'engager clairement"
Le Parti québécois a rendu public samedi sa plate-forme électorale. Voici la déclaration liminaire du chapitre concernant l’éducation
L’éducation : la clé d’une société gagnante
« La conjoncture peut imposer aux gouvernements d’agir rapidement, avec détermination et force, pour protéger la paix sociale, soutenir l’économie ou faire face à un problème de santé publique. Il y aura toujours des circonstances où un gouvernement n’a pas le droit de se dérober. C’est vrai, mais il faut toujours se souvenir que la plus grande priorité d’une société, son premier devoir, c’est de permettre à chacune et à chacun de se réaliser, c’est de préparer ses enfants à trouver leur place dans un monde ouvert où la compétition est de plus en plus forte. Cette grande priorité qui fera du Québec une société gagnante a un nom :
l’éducation. »Pauline Marois
Primaire et secondaire
Chaque famille doit donner à ses enfants un environnement chaleureux et sécuritaire. Cependant, et même s’il s’agit là du premier milieu d’existence et d’apprentissage de la vie, la famille ne peut tout faire. L’école doit aussi permettre à chaque enfant de découvrir ses talents, d’acquérir les connaissances et les habiletés nécessaires pour s’insérer dans la société et poursuivre sa formation durant sa vie adulte. L’accès à l’école primaire et secondaire est un droit universel qui n’est pas fondé sur le mérite mais sur la nécessité d’acquérir une formation de base.
L’école doit aussi permettre l’égalité des chances et donner à tous la base commune nécessaire à la vie en société. Elle doit permettre à chacune et à chacun de trouver sa façon de réussir.
Le taux de décrochage scolaire au Québec est très préoccupant : 31 % chez les garçons et 20 % chez les filles. Pour les familles, c’est toujours un drame. Pour le Québec, c’est une catastrophe sociale et, les études le démontrent, une catastrophe dont les coûts économiques sont très lourds à porter. Les causes de ce phénomène sont multiples : le désintérêt pour l’école, les problèmes d’organisation interne ou d’encadrement à l’école, le manque de préparation adéquate de nombreux enfants pour affronter cette importante étape de leur vie, la pauvreté de certaines familles, le manque de transport dans certaines régions, la tentation pour les élèves de prendre le chemin de l’emploi en délaissant celui de l’école, le travail à temps partiel qui vient gruger les heures d’études... les causes sont connues. La clé de la réussite aussi : les intervenants du milieu scolaire doivent se concerter et toute la communauté se mobiliser pour ses enfants. Par ailleurs, malgré les efforts investis depuis une décennie, les données concernant l’analphabétisme demeurent très préoccupantes. Selon que l’on parle d’analphabétisme total ou fonctionnel, entre 800 000 personnes et 1 300 000 personnes sont concernées.
Collégial et universitaire
Pour grandir, pour se développer, une société a besoin d’institutions d’enseignement de haut niveau, des établissements dont elle doit être fière et qu’elle doit soutenir. Dans le contexte d’une société où le principal atout est le savoir, l’importance du rôle de ces institutions est multipliée comme jamais dans notre histoire.
Les cégeps et les universités sont essentiels pour que les Québécoises et Québécois puissent avoir accès aux savoirs, trouver le complément de formation dont ils ont besoin ou se donner les outils pour construire la science de demain. Il faut donc s’assurer que l’accès à ces établissements soit le plus large possible. C’est à travers les programmes collégiaux et universitaires que se transmettent les connaissances de pointe aux générations montantes et que se tissent les réseaux qui permettront à notre économie et notre société d’être en contact avec le monde de demain.
Les engagements du PQ se déploient autour des quatre axes suivants. On lira le détail dans le texte même du document
• Agir pour que tous nos enfants réussissent à l’école primaire et secondaire
• Agir pour que nos adolescents et les jeunes adultes ne décrochent pas de l’école
• Lutter contre l’analphabétisme
• Faciliter l’accès aux études supérieures
La CSQ a rendu publique hier la liste des priorités qu’elle souhaite voir débattre dans la présente campagne. Cette liste a été dressée après la tournée qu’a faite l’exécutif des différentes régions
Proposition 1 : Faire de l'éducation une priorité nationale
Proposition 2 : Éliminer la concurrence entre les établissements
Proposition 3 : Assurer de meilleures conditions d'apprentissage et de réussite pour toutes et tous
Proposition 4 : Améliorer les conditions d'exercice du personnel de l'éducation
Proposition 5 : Reconnaître et valoriser le travail du personnel de l'éducation
On lira le détail dans son communiqué.
La CSQ appuie aussi ses propositions sur un sondage mené auprès de la population qui, dit-elle, estime à 97% que l’éducation doit constituer une priorité durant la présente campagne.
Infobourg, un site consacré d'abord, à l'information pédagogique sur les TIC constitue un carrefour incontourbale et on peut s'abonner à sa lettre hebdomadaire.
Je viens d'y lire cet article très intéressant sur la réforme expliquée aux parents.
Trois de mes collègues, Pierre Lapointe, Jean Archambault et Roch Chouinard, viennent de publier un rapport de recherche troublant intitulé « L’environnement éducatif dans les écoles publiques et la diplomation des élèves de l’île de Montréal ».
La recherche commanditée par le Comité de gestion de la taxe scolaire de l’île de Montréal est demeurée cachée sur le site de cet organisme et n’a reçu aucun écho dans les médias. Dommage. On y lit notamment ce qui suit:
Parmi les 17 554 élèves entrés en 1re secondaire pour la première fois [en 1998], à l’âge de 12 ou 13 ans au secteur des jeunes, dans une école secondaire privée ou publique de l’île de Montréal, 5 125 n'ont pas obtenu de diplôme, soit près d'un élève sur trois (29 %). Ce groupe est formé à 60 % de garçons, ce qui signifie qu’il y a quand même 40 % des filles parmi les non diplômés. Quarante-cinq pour cent des élèves non diplômés sont entrés à l'école secondaire à l'âge de 13 ans, c'est-à-dire avec un an de retard par rapport à l'âge prévu au programme, et 36 % ont été identifiés comme EHDAA. Près de la moitié des non-diplômés ont changé d'école une fois ou plus (54 %) et près d'un élève sur deux a interrompu ses études à un moment ou l'autre de son parcours scolaire (48 %). Enfin, 87 % des élèves non diplômés de cette cohorte fréquentaient le réseau des écoles publiques.
On y apprend aussi des choses passionnantes sur la relation entre les pratiques pédagogiques et la réussite et notamment que
« les taux de diplomation varient en fonction de l’importance accordée au temps d’enseignement et à l’application des règles de vie en classe. De même, ces taux sont plus élevés dans les écoles où les enseignants évaluent le climat éducatif de manière positive, c’est-à-dire qu’ils jugent que l’accent est mis sur les apprentissages et la réussite des élèves ».
Je n’en dis pas plus parce que j’estime que chacun devrait lire ce rapport.
La Fédération des commissions scolaires a été la première hier à intervenir dans la campagne à propos del’éducation.
Dans un communiqué, elle réclame un financement adéquat de l’éducation
« Cela veut dire, affirme son président André Caron, pas de compression budgétaire, de s'engager à financer tous les projets de développement et permettre une complète transférabilité des ressources qui seront accordées aux commissions scolaires dans le prochain budget afin de pouvoir répondre aux besoins locaux ».
La FCSQ demande aussi
« de revoir le financement de l'enseignement privé, d'abolir le financement du transport des élèves des établissements privés et de transférer ces ressources aux commissions scolaires ».
Pour ma part, j’ai hâte de voir si l’ADQ va reprendre son idée d’abolir les commissions scolaires.
Appel aux lecteurs de ce blogue.
Une campagne électorale est un moment privilégié pour débattre des enjeux diversifiés de notre vie collective.
Je lance donc un appel à tous les lectrices et lecteurs de ce blogue, aussi bien aux habitués que ceux qui le lisent en passant.
Si vous étiez candidate ou candidat, que proposeriez-vous pour faire avancer l’éducation? Ou, encore, que souhaitez-vous que les partis en lice proposent en même matière?
Le moment est particulièrement propice pour en débattre.
Au plaisir de vous lire nombreux.
Un parent qui , en vertu de la Loi sur l’instruction publique, demande qu’une décision prise par une personne en autorité dans la commission scolaire soit révisée, a-t-il le droit d’être représenté par un avocat?
La question est soulevée depuis quelques temps par des parents mécontents de ce que l’on refuse d’exempter leurs enfants du cours éthique et culture religieuse. Selon quelques témoignages recueillis dans les médias et dans la blogosphère, les commissions scolaires refusent que des parents soient représentés par un avocat. Dans les milieux qui combattent ce programme, cela est vu comme de l’intimidation.
Les articles pertinents de la Loi sur l’instruction publique sont les suivants :
9. L'élève visé par une décision du conseil des commissaires, du comité exécutif, du conseil d'établissement ou du titulaire d'une fonction ou d'un emploi relevant de la commission scolaire ou les parents de cet élève peuvent demander au conseil des commissaires de réviser cette décision.
10. La demande de l'élève ou de ses parents doit être faite par écrit et exposer brièvement les motifs sur lesquels elle s'appuie. Elle est transmise au secrétaire général de la commission scolaire.
Le secrétaire général doit prêter assistance, pour la formulation d'une demande, à l'élève ou à ses parents qui le requièrent.
11. Le conseil des commissaires dispose de la demande sans retard.
Il peut soumettre la demande à l'examen d'une personne qu'il désigne ou d'un comité qu'il institue; ceux-ci lui font rapport de leurs constatations accompagnées, s'ils l'estiment opportun, de leurs recommandations.
Dans l'examen de la demande, les intéressés doivent avoir l'occasion de présenter leurs observations.
12. Le conseil des commissaires peut, s'il estime la demande fondée, infirmer en tout ou en partie la décision visée par la demande et prendre la décision qui, à son avis, aurait dû être prise en premier lieu.
La décision doit être motivée et notifiée au demandeur et à l'auteur de la décision contestée.
Une vieille règle de droit veut que dans un litige on entende les deux parties. M. Landry a rendu célèbre, il y a quelques années, la formule latine qui énonce cette règle : « Audi alteram partem » ! Cette règle est effectivement ici formellement reconnue, comme le précise le deuxième alinéa de l’article 11 de la LIP: « Dans l'examen de la demande, les intéressés doivent avoir l'occasion de présenter leurs observations ».
La loi ne précise pas cependant si les intéressés peuvent ou non être représentés par un avocat. C’est une question qui, à ma connaissance, n’est pas tranchée. On dit seulement que le secrétaire de la commission scolaire doit aider la personne à formulé sa demande.
En revanche, l’esprit du mécanisme mis en place dans la Loi depuis 1988 n’est certainement pas de judiciariser les conflits scolaires et pédagogiques – il existe des tribunaux pour cela – mais d’offrir un mécanisme souple de révision des décisions prises par une personne en autorité. D’ailleurs, ces décisions ne sont généralement pas prises en fonction de règles de droit, mais plutôt en fonction de leur pertinence pour l’intérêt de l’enfant. C’est le cas de bon nombre de cas de demandes qui portent sur le redoublement ou le classement d’un élève ou le passage d’un cycle à l’autre.
On comprend donc les commissions scolaires de refuser de mêler des avocats à ce genre de litige. D’ailleurs, la jurisprudence constante des tribunaux supérieurs est à l’effet que ces derniers n’ont pas à se prononcer pas sur les questions à caractère pédagogique,à moins que l’on démontre que, dans l’exercice de ses pouvoirs, la commission scolaire a abusé de sa discrétion, pris des décisions manifestement déraisonnables ou agi de manière illégale.
En ce qui concerne les demandes d’exemptions au cours ECR, ils sont logés en vertu de l’article 222 de la Loi sur l’instruction publique qui énonce ce qui suit :
« Pour des raisons humanitaires ou pour éviter un préjudice grave à un élève, la commission scolaire peut, sur demande motivée des parents d'un élève, d'un élève majeur ou d'un directeur d'école, l'exempter de l'application d'une disposition du régime pédagogique […].
La rédaction de l’article montre que la commission scolaire exerce ici un pouvoir discrétionnaire puisqu’elle « peut » exempter. Elle doit juger de la pertinence ou non de le faire en fonction de l’intérêt de l’élève.
Dans la bataille qu’ils mènent contre le programme, les opposants ont choisi de jouer sur tous les fronts. Le front juridique est déjà ouvert à Drummondville où un tribunal a été saisi d’une demande de parents qui veulent voir leur enfant exempté. Ils ont ici pleinement le droit d’être représentés par un avocat. Une école privée anglophone a fait de même. Attendons voir ce qui en sortira.
Les annonces se multiplient en éducation, comme ailleurs, il va sans dire. Or, voilà une initiative qui est attendue depuis des lustres par les étudiantes et étudiants en enseignement, bien qu'on aurait probablement préféré de l'argent sonnant plutôt qu'un éventuel rapport. Étant donné le contexte, j'imagine que plusieurs doivent prendre l'annonce avec un grain de sel. En effet, si elle n'engage à rien, il demeure que cette initiative tombe bien pile!
| Dim | Lun | Mar | Mer | Jeu | Ven | Sam |
|---|---|---|---|---|---|---|
| << < | Courant | > >> | ||||
| 1 | ||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 |
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 |
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 |
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 |
| 30 | ||||||