Coup de tonnerre dans Le Devoir de ce matin : « Landry, Facal et Lisée partent en guerre contre la réforme ». Les trois viennent de s’allier au mouvement Stoppons la réforme en signant leur manifeste qui réclame un moratoire sur son implantation au 2e cycle du secondaire. S’ajoute a ces signatures prestigieuses, celle de l’actuel vice-président du PQ et en même temps président de sa commission politique, François Rebello.
Les raisons des uns et des autres?
Landry : « On ne nous a jamais dit au conseil des ministres que cela voulait dire la disparition des moyennes de groupe, que ça signifiait le non-redoublement et la primauté des ‘compétences transversales’ des mots à peine compréhensibles ».
L’ancien premier ministre évoque surtout le recul du Québec aux tests internationaux. « On le voit : ça produit le contraire de ce qu’on souhaitait ». Pour lui, « ce n’est pas une question de politique » . C’est en sa qualité de « grand-père qui a des enfants à l’école » qu’il s’inquiète!
Facal évoque lui aussi sur sa condition de parent, mais il insiste sur « le rejet massif de la réforme par les enseignants eux-mêmes ».
Quant à Lisée, il parle de « détournement » de réforme par la bureaucratie et plaide pour un moratoire de dix ans, le temps de tester le tout par des projets-pilotes.
Le Devoir ne cite pas les motifs de Rebello dont les coups de poignard risquent de faire le plus mal, vu ses fonctions au PQ.
Mais les quatre affirment qu’il ne faut pas voir dans leur initiative un croc-en-jambe à Mme Marois, qui, comme ministre de l’Éducation, a lancé la réforme en 1997!
La belle affaire!
Quel sera l’impact de cette fronde à rebours? Il y a gros à parier que Mme Courchesne vient de trouver l’argument politique définitif pour stopper la réforme.
Pour ma part, je ne peux m’empêcher de noter l’incohérence des opposants à la réforme. On vient à peine de commencer à en évaluer vraiment et systématiquement les résultats et elle est déjà condamnée sur la « primauté des compétences transversales »!
Mais un fait incontestable demeure : une portion significative et surtout organisée d’enseignantes et enseignants ont dit non à cette réforme. À mon avis, c’est, en général, pour de mauvaises raisons. Mais peu importe, ils ont dit non. Et en politique, il n’y a pas que la force des arguments. La force du nombre compte davantage.
Quel gâchis!
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