La réforme = moyen détourné de rationaliser des compressions budgétaires?

03/14/08

Permalink 12:32:48 pm, par Amine Tehami,
Catégorie: Discussion

La réforme = moyen détourné de rationaliser des compressions budgétaires?

Je me prépare à une table ronde puis un débat public sur la réforme. La première, mardi prochain au Cégep du Vieux-Montréal, réunira Pierre Saint-Germain, Odette Lefrançois et votre serviteur. Le second, un mois plus tard, seulement P. St-Germain et moi.

Le président de la FAE a beaucoup d'objections à la réforme.
L'une d'elles se résume à:

la réforme = moyen détourné de rationaliser des compressions budgétaires

Dans une allocution prononcée en 2004 et intitulée la Face cachée de la réforme de l'éducation, il raisonnait ainsi:

Le monde dans lequel nous vivons est un monde où le marché domine [...] La diminution des dépenses de l'État vise à laisser de plus en plus de place au privé. [...] La lutte au déficit a ainsi pris le pas sur la qualité des services [...] Le MEQ doit [...] gérer ses budgets tout en livrant la marchandise au moindre coût possible. Le bien-être des élèves et des personnels, ça vient après!

Lorsque j'entends des appels à une injection de ressources additionnelles en éducation, j'ai ce débat intérieur:

  • l'immigrant en moi, je m'en confesse, roule les yeux au plafond en marmonnant qu'on se plaint donc le ventre plein;
  • le directeur d'école que je suis lui intime de se taire et, salivant devant les possibilités offertes par une plus grande marge de manoeuvre, seconde ces appels;
  • le citoyen qui s'apprête à remplir sa déclaration de revenus s'inquiète de l'augmentation des dépenses publiques dans le contexte du double vieillissement (population & infrastructures);
  • quant au militant au sein du RAEQ, il se demande deux choses:
    1. 1) a-t-on des raisons objectives de croire qu'un ajout de ressources fera avancer l'éducation chez nous?
      2) a-t-on des raisons objectives de croire que la réforme s'est bel et bien traduite par des compressions budgétaires?

    J'étale mes cartes ici, avec l'espoir de me faire objectiver si jamais il y avait des failles dans mon raisonnement. Étant donné la dénatalité au Québec, j'ai retenu la dépense de l'état par élève. En ajustant ces dépenses pour tenir compte de l'inflation, j'obtiens:

    depense_eleve_98_06

    Est-ce à dire que Pierre St-Germain a tort d'imputer des motivations d'abord budgétaires aux promoteurs de la réforme québécoise?

    Mise à jour de 16h: François a raison, il faut considérer la % du PIB. Ce premier tableau, extrait des indicateurs du MELS:

    Dépenses de programmes du gouvernement du Québec, selon le secteur, en %

    semble donner raison à Pierre Saint-Germain. De l'aveu même du MELS:

    Entre 1992 et 1998, la part de l’éducation, du loisir et du sport dans l’ensemble des dépenses de programmes a diminué de 3,3 points de pourcentage, passant de 29,2 % à 25,9 %. Cette diminution s’explique surtout par des compressions budgétaires et l’application d’importantes mesures d’économies dans les organismes d’enseignement.

    C'est là un mouvement qui dépasse largement nos frontières, comme en atteste cette illustration de la dépense globale en éducation par rapport au PIB:

    Dépense globale d’éducation par rapport au PIB, Québec, Canada sans le Québec et États-Unis (en %)

    et qui s'explique en bonne partie par la part de nos impôts siphonnée par les soins de santé attendus par nos boomers vieillissants. Pour revenir à l'éducation, il y a une bonne et une mauvaise nouvelles.
    La mauvaise: avec les universités qui crient famine, nos écoles primaires et secondaires ne sont pas prêtes à voir des injections significatives à moyen terme.
    La bonne? On se console en se comparant. Selon les statisticiens du MELS:

    La dépense par étudiant plus élevée au Québec s’explique principalement par de plus petits rapports étudiants-enseignant pour tous les ordres d’enseignement, par des dépenses plus importantes en ce qui concerne les immobilisations et les frais financiers, pour la recherche dans les universités, pour les services de garde en milieu scolaire et le transport scolaire.

    Il y a également une importante précision à apporter sur la comparaison de la dépense par étudiant du Québec avec celle du reste du Canada; elle concerne les différences dans le coût de la vie. En effet, le coût de la vie est moins élevé au Québec que dans le reste du Canada (écart d’environ 10 % en 2005-2006) et, si l’on ajustait les dépenses pour en tenir compte, la dépense par étudiant, plus élevée au Québec, le serait encore plus.

    La question demeure donc: Pierre Saint-Germain a-t-il raison de voir un lien de cause à effet (compressions budgétaires --> réforme) là où je vois une co-occurrence?

    Commentaires, Pingbacks:

    Commentaire de: François Guité [Visiteur] Email · http://www.opossum.ca/guitef/
    Le tableau démontre effectivement l'exagération de la position de Saint-Germain, qui semble un peu gros de préjugés néolibéralistes.

    Par ailleurs, on peut faire dire bien des choses aux chiffres. Sans être économiste, il me semble que les chiffres que tu présentes devraient être mis en relation avec l'enrichissement collectif (PNB, budget provincial, etc.). Si l'argent investi dans l'éducation est largement en deçà de la croissance du budget total, on peut insinuer que l'éducation est négligée.
    PermalinkPermalien 03/14/08 @ 14:16
    Commentaire de: François Guité [Visiteur] Email · http://www.opossum.ca/guitef/
    Beau travail de recherche de données, Amine. Je suis impressionné. À la lumière de ces nouveaux chiffres, je ne crois pas que l'on puisse sérieusement accuser le gouvernement de faire des économies sur le dos de la réforme. Depuis 1998, la part dévolue à l'éducation est pratiquement inchangée.

    On voit bien, par ailleurs, qu'il y a eu transfert de priorités vers la santé et la famille. À mon avis, il s'agit d'une simple prérogative des politiciens qui ont la responsabilité de répartir les fonds publics en fonction des besoins de l'heure. L'on pourra discourir longtemps sur ces choix, mais on ne peut pas en induire une volonté de changer les programmes pour faire des économies.

    Au contraire, un changement aussi important que la réforme exigerait, en principe, d'importants investissements de fonds publics. Il semble plutôt que l'absence de cette infusion d'argent peut expliquer bien des déboires de la réforme.
    PermalinkPermalien 03/14/08 @ 17:36
    Commentaire de: Mario Asselin [Membre] · http://carnets.opossum.ca/mario
    Je reviendrai plus tard sur ton analyse Amine, mais ce matin, j'ai été intrigué de lire dans cet article de Clairandrée Cauchy que le même type d'argument avait été invoqué par M. Saint-Germain pour baliser (voire freiner) le développement des écoles communautaires.
    «On a besoin d'un peu de calme à l'école. [...] Il y a des limites à ce que l'école doit se donner comme responsabilités», croit Pierre Saint-Germain, qui redoute que la mode de l'école communautaire ne soit en fait qu'une façon détournée de compenser le sous-financement des services publics.»


    En passant, très bonne idée de se servir du blogue pour objectiver ton raisonnement ;-)
    PermalinkPermalien 03/15/08 @ 12:08
    Commentaire de: F. P. [Visiteur] Email
    M. Tehami,

    Je me demande si les coupes faites dans les années 1990 n’ont pas finalement mené à la réforme pour finalement éponger tous ces manques à gagner. Une baisse de 29,2 à 25,9 % du PIB doit bien correspondre à quelque chose dans la réalité, non? Si l’on s’en tient à la tendance des années 2000, on ne verra évidemment pas que l’Éducation a été singulièrement amputée dans ses budgets de fonctionnement.

    Il est assez remarquable de voir comment les données récentes du MELS sont présentées en fonction d’une logique qui escamote ces coupes faites dans les années 90. Vous ne vous rappelez pas qu’on annonçait en ces années des coupes de plusieurs centaines de millions régulièrement sous l’impératif des déficits 0. L’école a pu continuer de fonctionner un certain temps avec la mise à la pré-retraite massive d’enseignants qui a permis de récupérer dans la masse salariale des enseignants de l’argent pour payer l’épicerie. Mais dès 2000, la réforme et l’intégration des élèves en difficulté, avec une tendance nette à ne plus les évaluer, se sont installées dans nos écoles. Déjà, on notait dans ces années que même ceux qui avaient des cotes avait souvent de la peine à recevoir des services. On utilisait les sommes des EHDAA pour payer aussi l’épicerie.

    Bon, en cherchant, on peut trouver des données, qui ne sont jamais simples à comprendre, mais j’ai fini par trouver ce résumé éclairant :

    Un document intéressant du gouvernement du Budget 2001-2002, http://www.tresor.gouv.qc.ca/fr/publications/budget/01-02/01-02_vol4.pdf , montre l’évolution des budgets des années 1990 (voir le tableau p.163). Grosso modo, on voit que le budget de 1990-1991 d’environ 10 milliards en éducation n’a pas bougé pendant 10 ans, toujours 10 Milliards en 2001. Il y a même eu des baisses significatives au milieu des années 1990. Pendant la même période de temps l’inflation est de 17%, si on en croit le site que vous indiquez où l’on peut la calculer. Bref, le budget pour l’éducation a perdu pendant les années 1990 près de 1/5 de sa valeur. On le sait, on a mis massivement les profs expérimentés avant leur temps à la retraite et on a commencé la politique d’intégration des élèves EHDAA en classe normale. Faut-il rappeler qu’on allouait une subvention doublée en dollars pour des enfants reconnus en difficulté? 15% des jeunes, il me semble, recevait cet argent et on l’utilisait pour des services adaptés quand j’ai commencé à enseigner dans les années 90..

    Bref, si on tient compte de la réalité des années 1990, ne peut-on pas être d’accord avec M. Saint-Germain ou, à tout le moins, constater que les États généraux coïncidaient avec un contexte particulièrement incisif de coupes. Puis, la réforme, notamment en intégrant les élèves en EHDAA en classe normale, en n’évaluant plus les élèves, en les dés-étiquetant lors du passage primaire-secondaire des élèves en difficulté, et en reléguant le redoublement (500 millions d’économie par an) à une mesure exceptionnelle, ne vient-elle pas finalement rééquilibrer le manque à gagner des coupes des années 1990.

    Mais il y a bien autres choses qu’on a fait aussi pour économiser. Les bacs 4 ans des enseignants a permis de rendre normal pour tout enseignant la prise en charge de plusieurs matières en plus d’endoctriner bien solidement la valeur de la réforme dans la tête des jeunes enseignants.. On alloue plus volontiers des 26 périodes (que 24 auparavant) par cycle à un maximum de profs, avoir 2 niveaux d’enseignement du français à mon école est pratiquement la norme, ce qui permet de sauver des postes ici et là, de la masse salariale ou de baisser sensiblement les ratios, ce qui paraît bien sur le papier, mais se traduit par une augmentation de la tâche des enseignants.

    On a alloué de l’argent pour les enfants en difficulté dernièrement, l’école va se payer une orthopédagogue de plus . Vous croyez que ça va changer quelque chose à la réalité difficile que nous vivons des classes régulières au secondaire surchargées d’élèves qui ont des retards scolaires non reconnus. Les manuels-réformes ne tiennent absolument pas compte de cette réalité. Ce matériel constamment servis à la dernière minute depuis des années ne donnent aucune prise à la critique. Si on ajoute que peu d’enseignants du réguliers ont été préparé à recevoir une telle quantité d’élèves en difficulté, on comprendra que beaucoup d’entre eux ressentent un malaise. Je soupçonne qu’on éponge les résultats désastreux qu’obtiennent les jeunes confrontés à ce matériel rédigé pour des surdoués.

    Pendant que tout le monde se demande où donner de la tête, personne n’a beaucoup de temps pour confronter réellement le MELS à la réalité de terrain qui devient à mon sens assez surréaliste par moment.

    Puisque les enseignants désertent massivement la profession de toutes les façons(burouts, congé parentaux, abandon de la profession…), on entre dans nos écoles depuis des années des suppléants avec un simple Cégep pour garder les élèves occupés… Encore des économies. Vous pensez qu’on fait redoubler des jeunes non performants quand ils ont eu 4 profs pendant leur année?

    Pendant ce temps, on essaie encore de comprendre comment évaluer nos compétences. On m’a balancé un article du MELS sur une compétence qu’on veut que j’évalue. Voilà l’ « in-formation » qu’on m’a donné sur le sujet! Quand je vois comment s’installe les programmes de 2e cycle de maths dans l’improvisation la plus navrante, je suis désolé, je me permets de douter sérieusement de la volonté du MELS d’implanter une vraie réforme de l’enseignement. J’ai l’impression qu’on a intérêt à entretenir la confusion pour escamoter le fait que l’école publique doit coûter moins cher et ceux qui ne sont pas contents ont juste à inscrire leur enfant dans une école privée. La plupart des enseignants considèrent sérieusement cette option pour leur propre enfant… Ce qui permet encore 40% d’économie par pipe.

    Vous continuez de croire que M. Saint-Germain fabule?
    PermalinkPermalien 03/15/08 @ 15:22
    Commentaire de: Amine Tehami [Visiteur] Email
    Je continue de croire que si, dans ses tripes, on rejette les fondements normatifs de la réforme, on prend une co-occurrence pour un lien de causalité, M. P. De deux choses les deux: 1) les centaines de promoteurs de la réforme sont d'une discipline hors du commun (je veux dire que pas un seul d'entre eux n'a jusqu'ici eu la conscience qui l'a suffisamment démangé pour "sortir" dans les journaux la nouvelle du complot initial: "nous entendions virer le système québécois cul par-dessus tête, et le secouer le temps qu'il tombe de ses poches quelques dollars") et 2) d'une stupidité indicible, je les imagine se taper tous sur le front: "oui! bonne idée, que n'y ai-je pas pensé avant: on va tout changer, tout chambarder, former des milliers de profs, modifier tous les programmes, changer tous les manuels..., comme ça on va sauver des sous".
    Quant au redoublement: pourquoi retenir l'hypothèse du complot lorsqu'il existe des gens de bonne foi (j'ose me compter parmi eux) de chaque côté du débat sur sa désirabilité?
    PermalinkPermalien 03/16/08 @ 11:01
    Commentaire de: Mario Asselin [Membre] · http://carnets.opossum.ca/mario
    Est-ce que les politiciens ont vu dans la réforme une occasion d'économiser des sous ($)? Est-ce que le déploiement de la réforme a été motivé par le besoin de moins mettre d'argent en éducation?

    Il n'y a pas de réponse simple à ces questions.

    Quand on a rendu obligatoire la maternelle à temps plein, on a sûrement mis le bien des enfants avant celui des économies à faire parce qu'il n'y avait là aucune économie d'argent à faire... On s'entend?

    Pour ce qui est du non-redoublement et de l'intégration (un peu sauvage parfois), difficile de savoir quelle place la question des sous ($) a prise. Officiellement, j'ai entendu de la bouche des promoteurs en haut lieu qu'il était urgent de remettre en question des pratiques qui ne donnaient rien de bon aux enfants. Par contre, faut pas être naïf, ces décisions devaient sûrement plaire à ceux qui avaient le porte-feuille à gérer...

    Enfin, en cours de route, j'ai vu le nombre d'élèves par classe devoir diminuer par décision nationale avec influence sur les paramètres de calcul des montants de base à la maternelle et au premier cycle du primaire. Ça coûte des bidous des mesures comme celle-là!

    Personnellement, une chose m'a toujours frappé dans le déploiement de la réforme. Le réseau privé a laissé passer beaucoup de réformes dans les années 70, 80 et 90, ayant le réflexe de ne pas introduire de changements à moins qu'ils soient éprouvés. De 2000 à 2008, les 150 quelques écoles privées ont fait le pari que cette réforme-là valait la peine d'être introduite et collectivement, les écoles de la FEEP ont été parmi les plus actives à «vendre» aux parents des élèves qui fréquentent les écoles ladite réforme. À l'automne 2005 (si j'ai bonne mémoire), ils sont allés jusqu'à consacrer leur magazine promotionnel d'automne aux compétences transversales! Je ne crois pas que le privé s'est intéressé à la réforme parce que ça leur permettrait de sauver des sous ($). Je crois sincèrement qu'ils ont vu dans l'esprit des changements proposés une bonne occasion d'augmenter la qualité des services à offrir. Je les ai vu foncer pour s'approprier les changements à faire alors que j'ai vu pendant ce temps-là des écoles publiques utiliser la réforme comme objet de négo (au moins deux boycotts de la réforme au primaire au début des années 2000).

    Alors, je reviens avec mes deux questions de départ et des réponses toutes personnelles:
    Est-ce que les politiciens ont vu dans la réforme une occasion d'économiser des sous ($)?
    C'est possible. Pour ceux d'entre eux qui avaient des ministères à vocation économique, il est possible qu'on leur ait dit que l'objectif du déficit zéro était compatible avec le déploiement de cette réforme. Pour les autres, je crois qu'ils se disaient, ça prendrait plus d'argent, mais on croit tellement que c'est ce qu'il faut faire du point de vue éducatif que c'est ce qu'on doit faire point.

    Est-ce que le déploiement de la réforme a été motivé par le besoin de moins mettre d'argent en éducation?
    Je crois sincèrement que la meilleure garantie d'économie aurait été de retarder les changements à faire. L'intégration des élèves en difficultés dans les classes régulières et le non-redoublement à l'intérieur d'un cycle (qui sont les deux mesures souvent pointées par ceux qui répondent «oui» à la question) n'étaient pas des éléments clés de la réforme. Je dirais même qu'ils ne faisaient pas partie intégrante des décisions réformes à devoir prendre. Si ces mesures ont été favorisées par les C.S., c'est peut-être davantage par «opportunisme circonstanciel » que par «conviction réforme» qu'elles ont été mises de l'avant.

    En terminant, je dirais à M. Saint-Germain que depuis le début, les syndicats ont voulu se servir de la réforme comme objet de négociation. Depuis le tout début. Je le comprends d'avoir senti que des préoccupations monétaires étaient en cause. Dans des négos, l'argent est le coeur du problème. De son point de vue, à l'intérieur des négos, la recherche de gains financiers étaient la cible des gens en face de lui. L'équation devient facile: ils cherchent à épargner et ils tiennent à leur réforme... les deux sont liés!
    PermalinkPermalien 03/16/08 @ 12:25
    Commentaire de: F. P. [Visiteur] Email
    M. Tehami et M.Asselin,

    Je ne sais pas si le gouvernement a sauvé des sous avec cette réforme. Je ne suis pas dans les livres du gouvernement. Je constate juste que le budget de l'éducation a globalement très peu augmenté en 18 ans si on compare les budgets actuels à ceux du début des années 90.

    La politique d'intégration en classe normale d'élèves en difficulté, la tendance à de moins en moins les évaluer ou à faire disparaître leur dossier entre le primaire et le secondaire m'apparaît des mesures visant à substantiellement économiser des services. On a vu ainsi le Mels par la suite saupoudrer ici et là un peu plus de services orthopédagogiques et lancer des cours de rattrapage bidon avec les plans de réussite.

    L'intérêt du privé abondamment alimenté en élèves doués ne m'étonne pas.La réforme scolaire pose surtout des problèmes à l'enseignant au prise avec les élèves du régulier et avec sa popuation de plus en plus hypothéqué par des difficultés et des retards d'apprentissage.

    Le PEI, le "privé" gratuit des écoles publiques s'accommodent très bien de la réforme, car il faisait déjà réforme avant la réforme.

    Mais la majorité de nos élèves ne sont pas en classe PEI, messieurs...
    PermalinkPermalien 03/19/08 @ 07:49

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