Le retour du « top down » en éducation au Québec

05/14/08

Permalink 07:26:02 am, par Amine Tehami,
Catégorie: Discussion

Le retour du « top down » en éducation au Québec

16 mai 2000, Pierre Lucier, deux fois sous-ministre, sur l'esprit de la "loi 180" de 1997-98:

Il faut quand même dire ici que la loi refondue n'ouvre pas grandes toutes les vannes. Le débat public ne l'y incitait d'ailleurs pas. École de la République oblige, les encadrements nationaux demeurent solides - et il est bien qu'il en soit ainsi. Et puis, on n'oubliera pas les réticences puissantes qui ont conduit à harnacher singulièrement tous les projets éducatifs à caractère particulier : relisez l'article 240. Cap sur l'école, oui; mais pas au point qu'elle se singularise trop. Cela soit dit à seule fin de rappeler que nous sommes en décentralisation mesurée et contrôlée.

10 décembre 2002, Sylvain Simard, ministre de l'éducation, lors de l'étude en Chambre du projet de loi 124:

...il est important de rappeler ici […] que c'est une opération, à plusieurs sens, interactive. Ce n'est pas le «top down» […] mais bien un travail où, dans l'école […] on travaille au plan de réussite […]. Mais, en même temps, l'un des animateurs principaux, le leader pédagogique de l'école, le directeur, lui, participe à la préparation du plan stratégique de la commission scolaire. Donc, il y a un contact dans les deux sens qui, évidemment, garantit que le plan stratégique de la commission scolaire ne sera jamais décroché de la réalité des écoles.

Ce matin, dans Le Devoir:

«La ministre, le gouvernement, prend une décision et elle n'a aucune conviction, aucun moyen de s'assurer que cela se rend jusque dans la classe. Je veux que cela se rende dans la classe. Cela va partir d'en haut et cela va redescendre jusqu'en bas», a fait valoir Mme Courchesne au cours d'un entretien téléphonique.

L'attitude des associations de directeurs d'école, qui ont avoué candidement à la ministre ne pas se sentir liées par les planifications stratégiques des commissions scolaires, a fait déborder le vase et convaincu Mme Courchesne de serrer la vis. «Cela m'a jetée par terre. [...] Imaginez l'enseignante dans sa classe, qui elle écoute. Il faut recréer le lien positif et constructif entre la commission scolaire et l'école. Et, oui, la ministre va être en haut et va se donner un pouvoir de suivi, de surveillance... », a poursuivi Mme Courchesne

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