L’éducation n’a jamais vraiment été l’apanage de l’école publique. Celle-ci n’est qu’une récente tentative de normaliser les apprentissages, minée toutefois par la résistance de l’individualité. Il n’y a que la vanité humaine pour prétendre institutionnaliser un phénomène naturel. Je suis d’une génération pour qui l’université représentait le dernier échelon de la formation au travail. Or, l’école et l’université ne sont que des préludes; les études supérieures se font au laboratoire du travail et de la vie. Dans ce contexte, savoir apprendre s’avère une compétence essentielle et un gage d’indépendance.
Les entreprises se plaignent, depuis un bon moment déjà, que les étudiants arrivent mal outillés pour répondre aux défis actuels. On ne leur reproche pas tant un manque de connaissances comme des habiletés de type supérieur (analyse, résolution de problèmes, créativité, collaboration, etc.). Elles n’ont d’autre choix que de combler elles-mêmes les lacunes. En poussant l’exercice, elles découvrent qu’elles y gagnent plus que des employés qualifiés.
Un nouveau paradigme de gestion se dessine. Amy Edmondson, de l’Université Harvard, prétend que les entreprises sont plus efficaces quand elles accordent la primauté à l’apprentissage plutôt qu’à la productivité (Harvard Business Review ; The Competitive Imperative of Learning; source : Stephen’s Web). Dans le tableau ci-dessous, elle établit une comparaison qui vante la gestion centrée sur l’apprentissage. Dans ce contexte, l’entreprise devient la véritable école.

(Billet retranscrit d'un blogue personnel)
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