La cyberintimidation évolue au rythme des nouvelles technologies. Chez les jeunes qui font du mal, comme pour le reste, la gloire repose aussi dans le dépassement. On ne s’étonnera pas d’apprendre que l’intimidation en ligne prend des formes plus cruelles avec l’apparition de la photo, de la vidéo et des faux sites Web (USA Today : Cyberbullying grows bigger and meaner with photos). Les gestionnaires scolaires, qui ont d’autres chats à fouetter, continuent de traîner de la patte loin derrière le peloton des jeunes technophiles. Ceux qui osent s’attaquer au problème réalisent que les ressources utiles à l’apprentissage sont généralement à double tranchant (eSchool News : Educators struggle with AUP enforcement).
La plupart des écoles possèdent une politique d’utilisation (acceptable use policy) des nouvelles technologies de la communication. C’est une erreur. Les règles sociales suffisent. Il ne nous vient pas à l’idée de rédiger des règlements interdisant la violence ou l’intimidation dans l’école. Il ne devrait pas en être autrement pour le cyberespace. Ce qui ne signifie pas, bien sûr, qu’il faille négliger le sujet dans un but éducatif.
On ne doit pas retirer à l’élève le devoir du choix moral et de l’imputabilité de l’action. Au besoin, on laissera les élèves prendre des mesures collectives dans un esprit de citoyenneté et de démocratie. Forcément, des erreurs seront commises, mais le fer se bat pendant qu’il est chaud.
Il ne revient pas aux administrateurs, par ailleurs, de se substituer à l’élève sur le plan de l’analyse et de la réflexion. L’élève ou le professeur verra dans un nouvel outil des moyens d’apprentissage qui leur échappe. Il est toujours malheureux de punir la majorité à cause de quelques hurluberlus.
Internet a rompu la notion d’école en tant que vase clos. Les mesures de contrôle n’effacent pas l’activité à incidence scolaire qui foisonne hors de ses murs. L’extension de l’éducation au-delà de l’école oblige celle-ci à accroître le maillage avec les parents et les organismes communautaires. Taire le problème, par souci de marketing scolaire, n’est pas moralement acceptable.
Mise à jour, 24 juillet 2008 | Je découvre à l’instant un article qui traite de l’efficacité de l’action par les pairs quand elle est organisée (Edutopia : Bullies, Begone! Safe Schools Ambassadors Help Keep the Peace on Campus).
(Billet retranscrit d'un blogue personnel)
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