Dans La Presse de samedi dernier (27-12-08), on pouvait lire un article annonçant que les résultats en français au primaire sont à la baisse. Cet article mentionne que c’est la tendance depuis la mise en place de la réforme en 2000. Encore une fois, on semble accuser la réforme de tous les maux. Pourtant, cette réforme est plus exigeante envers les élèves puisqu’on leur demande de mettre en application, dans un contexte signifiant, les connaissances acquises et que c’est cela qui est évalué : La compétence à écrire des textes variés dans le cas qui nous concerne ici.
Mais est-ce vraiment la faute à la réforme des programmes? On peut certainement l’améliorer et c’est ce que le ministère de L’Éducation, du Loisir et du Sport est en train de faire en mettant en application son plan d’action pour l’amélioration du français. Mais je repose la question : Est-ce vraiment la faute à la réforme? Et s’il n’y avait pas eu de réforme, ferions-nous les mêmes constatations? Probablement! Alors, peut-on regarder d’autres causes possibles? Peut-être que l’augmentation du taux d’immigration, gens dont la langue maternelle n’est pas le français, apporte un élément de réponse? Peut-être que l’arrivée d’Internet et du « Chat », très prisé par nos élèves avec son écriture codée, n’aide pas à l’amélioration du français? Peut-être que les familles, débordées par le travail et toutes sortes de préoccupations économiques, ont moins le temps de suivre les travaux scolaires de leurs enfants? Peut-être que…
L’éducation de nos enfants ne dépend pas seulement de l’école et il faudrait arrêter de l’accuser des échecs de notre société puisque l’école n’en est que le reflet. L’école participe au développement de la société de demain, mais elle n’y arrivera pas seule et certainement pas du jour au lendemain. L’éducation, dont l’apprentissage de la langue, est une responsabilité qui doit être partagée par l’ensemble de la société. Ce doit être une responsabilité collective!
Arrêtons d’accuser la réforme de tous les problèmes en éducation! C’est un peu trop facile. Bien sûr, il y a plusieurs points à y améliorer et des efforts sont déjà entrepris en ce sens. Mais connaissez-vous un système parfait? Pour les milliers d’enseignantes et d’enseignants qui travaillent depuis le tout début à appliquer les éléments du programme introduits par la réforme, chaque fois qu’on l’attaque, c’est comme si on les attaquait également et, à la longue, ce sont des milliers d’enseignants qui perdent leur motivation. Pourtant, ce sont des professionnels qui ont à cœur leur travail et qui se dévouent corps et âmes pour le bien de leurs élèves.
Pour une mauvaise nouvelle en éducation, il y a un nombre incalculable de réussites, mais on n’en parle que trop rarement. Pourtant, cela pourrait changer la perception de ce qui se fait dans nos écoles. Il serait vraiment temps que l’éducation devienne une priorité dans notre société (et pas seulement en parole).
(Ce texte provient d'un communiqué de l'AQEP envoyé aux différents médias francophones.)
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