Archives pour: Janvier 2009

01/30/09

Permalink 05:38:14 pm, par Jean-Pierre Proulx,
Catégorie: Discussion

Une émotion, comme ça!

Il est 17h27 en cette fin de vendredi.

J'ai les mains, la droite surtout, engourdies car je suis à l'ordinateur depuis 8h30 à écrire des "modules" pour un cours en ligne sur le système éducatif québécois que veut lancer ma faculté au printemps.

Il m'en reste deux sur 15 à terminer. C'est long, mais j'éprouve beaucoup de plaisir à bâtir ce cours en ligne. C'est du reste ma première expérience du genre. J'ai eu comme tout apprentissage pour faire cela un guide rédigé par mon collègue expert en TIC, Thierry Karsenti. Mais c'est un bon guide.

Malgré mon inexpérience, j'éprouve un plaisir fou à construire ce cours et, en particulier, à inventer des activités d'apprentissage qui, je l'espère, seront significatives pour ceux qui vont s'inscrire à ce cours.

C'est mon dernier cours, car en septembre je serai à la retraite. Eh oui! J'avoue tout net qu'en le préparant , j'éprouve une sorte de regret nostalgique car je me dis que l'apprentissage que je suis en train de faire, j'aurais pu le faire bien avant et que, sans doute, mes étudiantes et mes étudiants auraient pu en profiter.

Il est 17h38!

Trève de confidences!

Bonne fin de semaine aux lecteurs de ce blogue!

JPP

Permalink 04:29:45 pm, par Amine Tehami,
Catégorie: Discussion

L’ignorance socialement acceptable

Le week-end dernier, au terme d’une randonnée, en apercevant un bourgeon, je me suis exclamé :

Hein ?!? En plein mois de janvier? Comment est-ce possible?

Ma compagne—la seule détentrice d’intelligence naturaliste dans notre couple, a brièvement enfilé son chapeau didactique. Puis au bout de quelques instants, quand elle a eu fini de lire dans mon regard : « Oh! Tu sais, moi et la botanique… », elle s’est tue.

Elle s’est abstenue de suspendre un manteau sur un mur parfaitement lisse.

Elle a compris que ses explications allaient adhérer à ma mémoire sémantique, au mieux quelques heures. Et que faute d’un réseau de concepts et de connaissances prêt à les absorber, lesdites explications allaient glisser pour s’empiler par-dessus tout ce que j’ignore.

J’ignore à peu près tout de la Bourse. J’ai besoin de «tout mon p’tit change» pour comprendre un raisonnement à deux variables (du genre : offre vs. demande) mais je décroche lorsqu’une troisième variable, comme l’inflation, entre en scène. Je suis d’une admiration sans bornes pour qui peut écrire

Amine ne sait pas reconnaitre une subordonnée corrélative dans une phrase relativement simple. Il confond les fonctions de complément et modificateur du verbe [...]

Je pourrais allonger cette liste, mais il ne s’agit pas de moi.

Il s’agit de tous ceux qui, comme moi, sont des travailleurs du savoir, des gens qui ont pour mission d’instruire nos enfants mais qui, forcément, ne savent pas tout.

Il s’agit de tous ceux qui, oeuvrant auprès de nos enfants, admettent sans honte ne pas savoir ce qui est attendu de nos enfants.

Il s’agit de ceux qui disent, sans gêne apparente,

Oh! Tu sais, moi, les maths…

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01/27/09

Permalink 05:13:37 pm, par Amine Tehami,
Catégorie: Discussion

La liberté du blogueur vs. l'impact du chercheur

Bloguer procure une forme de liberté qui me semble inaccessible aux journalistes ou aux universitaires. Un blogueur n’a de comptes à rendre qu’à ses lecteurs—lorsqu’il dit n’importe quoi, il l’apprend en l’espace de quelques minutes. Sur certains carnets, les billets controversés génèrent plus de mille commentaires! [Insérer ici: grognements de jalousie.]

Tandis qu’un journaliste, en plus de rendre compte à son lectorat, doit composer avec un chef de pupitre, un éditeur, des impératifs commerciaux, bref une panoplie de patrons. Quant à l’universitaire, en plus de rendre compte à un auditoire compris de pairs savants mais concurrents, il doit composer avec les contraintes des méthodes de recherche.

À titre d’exemple, je peux affirmer, sans ambages ni notes de bas de page : en matière de gestion par résultats, la compétence des cadres scolaires au Québec est… humm, comment le dire poliment? Problématique? Perfectible? Porteuse de défis?

Un universitaire arrivera à la même conclusion, mais pas avant d’avoir traversé l'équivalent d'un parcours du combattant : une revue de la littérature, un cadre théorique, un devis de recherche, une demande de subvention, le recrutement puis la formation d’auxiliaires de recherche, la rédaction d’un article scientifique, la soumission dudit « papier » à une revue avec comité de lecture, l’attente du jugement des pairs, l’éventuelle publication, l'attente que l’article ne soit lu, remarqué, parfois cité, …etc.

Cela peut prendre des années.

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01/26/09

Permalink 07:12:43 pm, par Amine Tehami,
Catégorie: Discussion

«Grandeurs et misères d’une réforme, ou l’épreuve de la réalité»

Quelques semaines avant sa conférence d’ouverture au colloque de l’ACSQ, j’ai croisé Claude Lessard. Je venais de lire cet extrait du programme :

Dans ma présentation, je [C. Lessard] vais tenter de développer l’argument suivant, qui prône une vision plus sociale et interactive de la pédagogie, qui a parfois tendance à se fermer sur elle-même. […Elle] ne peut être déconnectée de l’institution et des personnes qui l’habitent et qu’elle dessert. Elle est donc, par définition sociale, imprégnée de valeurs et soucieuse de s’adapter aux personnes. Pour éviter de se fermer sur elle-même, elle doit recommencer à parler ce langage […]

J’avais souri à la lecture de ces passages. Ils avaient achevé de me convaincre d'envoyer ma fiche d’inscription. Pour rien au monde je n’allais manquer cette séance de « frottage d’oreilles » de cadres scolaires, surtout des services éducatifs.

Je le lui ai dit, d’ailleurs, la fois que je l'ai croisé :

J’ai tellement hâte de voir comment vous allez vous y prendre pour frotter certaines oreilles sans avoir l’air du goujat qui crache dans la soupe. J’espère seulement que ce ne sera pas tellement subtil qu’ils en redemanderont!

Je me souviens de son sourire, comme pour me dire: ne t'en fais pas…

Lors du colloque, je m’étais régalé. J'ai même eu droit à un tête-à-tête à chaud, suite à la conférence.

Aujourd’hui, en lisant la lassitude d’André,

Une certaine lassitude s’est installée, particulièrement sur le sujet de la réforme scolaire

j’ai repensé à la conférence de Lessard. Deux heures plus tard, il m'envoyait le texte de sa conférence (*.doc). Je m’apprête à me verser une bonne tasse de thé et à me régaler de nouveau.

01/24/09

Permalink 10:16:28 am, par Amine Tehami,
Catégorie: Discussion

Face à la dégringolade de la langue française dans les écoles sénégalaises...

... le rap poétique s’érige en alternative pédagogique. Ce faisant, les autorités de Dakar prennent le parti

de situer l’élève dans son univers culturel.

Ce qui n'est pas précisément dans le sillage de l'ancienne puissance coloniale, en France:

Outre la polygamie, les paroles véhiculées par la musique rap avaient aussi alimenté la polémique après les émeutes.

« Il y a des phrases qui sont inadmissibles »

a souligné Nicolas Sarkozy.

« Nous n'avons pas à les accepter. Ce n'est pas parce qu'on est un jeune, ce n'est pas parce qu'on fait du rap, ce n'est pas parce qu'on a une origine ou une autre qu'on doit être exonéré du risque de la sanction. (...) Quand quelqu'un dépasse les bornes, que ce soit M. Le Pen ou un rappeur, il doit être sanctionné ».

Ironiquement, Dakar retient les conseils mémorables d'un fils de capitaine de l'armée française:

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

01/23/09

Permalink 05:20:58 pm, par Amine Tehami,
Catégorie: Discussion

La réforme est rendue là où je m'y attendais le moins...

... au département de physique du Massachusetts Institute of Technology, le plus prestigieux au monde.

Peu de Québecois ont gradué du M.I.T. Michel est l'un d'eux. Au milieu des années 80, j'ai eu le privilège de le côtoyer sur les bancs de l'université. Il nous dépassait d'une tête. Au propre comme au figuré. Un jour, on a appris qu'il partait pour Boston. Il en a ramené un doc. Et une belle Chypriote. Avec qui il a fondé une famille, ici à Montréal, à une dizaine de maisons de la mienne. Enfin, de l'ex-mienne. Eh! que le monde est 'tit.

Mais je digresse.

Je n'ai jamais pensé que la réforme était pour les Michel de ce monde.
J'ai déjà énoncé ici et ailleurs ma conviction que

  • le virage des compétences profitera d'abord aux élèves du peloton central, i.e., ceux qui ne font pas des apprentissages durables et finissent trop souvent par être des drop-in
  • les premiers de classe sont indifférents aux méthodes pédagogiques; ils feront des apprentissages durables et des transferts rapides même dans les pires écoles.
  • Une nouvelle récente du New York Times vient me remettre en question, en tous cas quant au second volet:

    now, with physicists across the country pushing for universities to do a better job of teaching science, M.I.T. has made a striking change.

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    Permalink 07:31:10 am, par Amine Tehami,
    Catégorie: Discussion

    Les parents et 88: gagnants ou perdants?

    Les cadres scolaires, tout comme leurs patrons dans les commissions scolaires, reculent sur leurs chaises, ces derniers temps, à mesure qu'ils absorbent tous les morceaux de 88 pour les attacher entre eux.

    Mais les parents, eux?

    On peut examiner la question sous deux lunettes:

    1. sous une loupe posée sur les seuls parents
    2. ou derrière un grand angle embrassant tous les acteurs, incluant les parents.

    La loupe pour commencer. Le 29 octobre 2008, la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), se disait

    satisfaite des dispositions de la loi qui reflètent les attentes de ses membres, notamment :

  • une plus grande transparence dans la gouvernance des commissions scolaires ;
  • une meilleure reddition de comptes envers la population et envers les parents, et ce, tant de la part de la commission scolaire que de la part des écoles ;
  • une procédure de traitement des plaintes améliorée au niveau de chaque commission scolaire ;
  • la nomination d’un Protecteur de l’élève dans chaque commission scolaire ;
  • un plus grand nombre de parents-commissaires au Conseil des commissaires.
  • Qu'en penser, à la lumière de l'analyse d'André Brassard, un observateur averti qui n'a apparemment rien à gagner ni à perdre?

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    01/22/09

    Permalink 07:21:57 am, par Amine Tehami,
    Catégorie: Discussion

    8 précisions sur 88

    Jusqu’au retour du congé de Noël, je divisais le monde des cadres d’établissements en deux:

  • une majorité, absorbée par le quotidien, disposant de peu de temps/intérêt pour suivre en temps réel des changements législatifs, donc résignée à les subir, pour le meilleur et pour le pire, lorsqu’ils entreront en vigueur
  • une minorité (typiquement : des présidents d’associations de cadres, des hors-cadres retraités mais actifs comme chargés de cours, ...etc.,), des gens à l’affût de ces changements, voire qui cherchent à les infléchir avant qu’il ne soit trop tard s'ils les jugent malvenus.
  • Dans la dernière semaine, j’ai échangé avec deux personnes que je croyais appartenir à la seconde catégorie et qui m’ont écarté du revers de la main :

    je ne partage pas ta lecture de 88.

    Ça me rappelle la vieille question philosophique sur l’arbre qui tombe dans une forêt, loin de toute oreille : s’il n’y a personne pour peupler une catégorie, peut-on encore parler de catégorie?

    Plus tard aujourd’hui, je « lunche » avec une personne qui préside une association de cadres. À propos de 88... Et comme elle représente un de mes derniers espoirs de maintenir en vie ma seconde catégorie, je dois me préparer.

    Ci-après quelques repères pour que j’arrête de figer, bouche bée, chaque fois qu’un membre potentiel de cette catégorie me réplique, «oui, je l’ai lu le fameux texte de Brassard et je ne partage pas son point de vue» :

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    01/21/09

    Permalink 04:53:00 pm, par Amine Tehami,
    Catégorie: Discussion

    Des compétences au secondaire, des macrocompétences au Cégep

    J'entends une chose et son contraire, à propos des Cégeps.

    J'entends que les profs du Cégep sont inquiets. L'arrivée en septembre 2010 de la première cohorte "réforme" me semble évoquer chez eux des images de hordes de barbares se ruant sur la ville...

    Dans les derniers mois, j'ai fait trois interventions auprès de groupes de profs ou de professionnels, à Montréal puis à Québec. Récemment, je recevais un courriel, d'une région éloignée (pour moi!) me disant

    Nos enseignants(es) sont intéressés(es) à connaître le cheminement scolaire de la réforme au secondaire et les impacts de cette réforme sur nos pratiques pédagogiques présentes.

    J'entends aussi le contraire:

  • les Cégeps ont non seulement anticipé les changements du secondaire:

    Les étudiants québécois reçoivent une formation de qualité dans des collèges profondément renouvelés par la mise en oeuvre du renouveau pédagogique enclenché au milieu des années 1990

  • mais ils sont allés encore plus loin dans ces changements:

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  • 01/20/09

    Permalink 08:06:11 pm, par Amine Tehami,
    Catégorie: Discussion

    Obama, Heckman et notre réforme mal(menée)

    Quelques traces sur un rapprochement cocasse:

    1. Obama, paraît-il,

    est très influencé par les recherches d’un collègue économiste à l’Université de Chicago, le lauréat du prix Nobel James J. Heckman.

    2. Heckman, parfois invité au Québec, semble être prisé chez le lobby "intervention précoce"

    « Il n’est jamais trop tôt pour investir auprès des enfants », affirme James Heckman, économiste lauréat du prix Nobel. « Il est très coûteux de réparer des années de dommages et de négligence. Bon nombre de compétences, d’habiletés et de motivations essentielles dans la vie se déterminent très tôt. Or, la compétence engendre la compétence et la motivation engendre la motivation. »

    3. Obama fait de cette intervention précoce la seconde de ses 3 lignes d'action.

    4. La première de nos sept lignes d'action mal(menées):

    I- Intervenir dès la petite enfance

    * Offre de la maternelle à temps plein à tous les enfants de 5 ans, à compter de septembre 1997.
    * Implantation progressive par l'OSGE et le MEQ d'une offre de services éducatifs de 23,5 heures aux enfants de 4 ans handicapés ou issus de milieux défavorisés.
    * Extension des services de garde en milieu scolaire.
    * Révision du programme d'éducation préscolaire et entente avec l'OSGE pour un programme éducatif intégré destiné aux enfants de 4 et 5 ans [...]

    01/19/09

    Permalink 05:39:30 pm, par Amine Tehami,
    Catégorie: Discussion

    La «dégringolade» de nos élèves en mathématiques? Et en sciences?

    12 décembre 2008:

    La Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) ne se dit pas surpris [sic] par la dégringolade des élèves québécois du secondaire aux tests internationaux en sciences et en mathématiques, et l'attribue à un autre effet pervers de la réforme des programmes scolaires

    Résultats PISA 2006, en mathématiques:

    "Dégringolade" de quelques pays, choisis au pif:

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    01/18/09

    Permalink 06:46:41 pm, par Amine Tehami,
    Catégorie: Discussion

    Allons-nous dégoûter de l'écriture une nouvelle génération?

    Avant son entrée à l'école, je ne sais pas ce que mon fils associait à l'écriture. Je sais seulement que ce n'était pas le néant, si je me fie à certaines recherches indiquant que nos

    enfants n’attendent pas d’aller à l’école pour développer leurs propres conceptions sur le langage écrit.

    Comme ses parents cumulent entre eux quelques années d'études universitaires, je présume que les pré-conceptions de mon fils, s'il avait été interrogé en fin de première année, auraient débordé du cadre strictement scolaire:

    alors que jusque-là les tous les enfants évoquaient des usages sociaux de l’écrit (lettres aux amis ou la famille par exemple), en fin de CP [1re année au Québec] les enfants issus de milieux socioculturels défavorisés semblent restreindre leurs attentes à l’écrit scolaire et à usage scolaire : écrire des mots, faire des dictées, passer dans la classe supérieure. L’écriture scolaire devient le prototype de l’écriture. Il y a eu chez ces enfants une perte de sens, qui ne s’observe pas chez ceux issus de milieux culturellement et scolairement favorisés.

    Je crains que cette perte de sens s'observe aussi chez moi, un milieu que j'estime culturellement et scolairement favorisé. Car cinq ans après son entrée en première année, je constate chez mon fils 1) qu'écrire = calligraphier sans fautes; 2) une aversion, viscérale, intense pour cet exercice.

    Je dis bien exercice--des mains, et non activité de l'esprit.

    J'ai récemment été initié au concept de "rapport à l'écriture".

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    01/16/09

    Permalink 05:30:14 pm, par Amine Tehami,
    Catégorie: Discussion

    « Compétences transversales », des mots compréhensibles pour PISA

    Mme Courchesne:

    comme la «hiérarchisation des savoirs» n'a pas encore été faite pour le secondaire, «la première année, c'est sûr qu'on va être davantage dans l'évaluation des compétences», a-t-elle admis.

    «Je suis très contente d'être encore à l'Éducation, a-t-elle ajouté. C'est ce que j'ai partagé avec M. Charest, que j'avais encore beaucoup de travail à faire à l'Éducation pour terminer ça, parce que je crois que c'est extrêmement important pour la réussite de nos jeunes.»

    Jusqu'à récemment, mon image mentale des tests internationaux PISA était celle d'un bon vieux test crayon-papier, dans un gymnase gigantesque, avec plein de surveillants et une seule bonne réponse. Du moins en sciences. En lecture, il y avait bien le mystère des invariants cognitifs qui me chicotait, mais en sciences, matière par excellence des bonnes vieilles connaissances de base, je ne me posais pas trop de questions.

    On se souviendra de la sortie de MM. Landry et al.

    Landry : « On ne nous a jamais dit au conseil des ministres que cela voulait dire la disparition des moyennes de groupe, que ça signifiait le non-redoublement et la primauté des ‘compétences transversales’ des mots à peine compréhensibles ».

    L’ancien premier ministre évoque surtout le recul du Québec aux tests internationaux. « On le voit : ça produit le contraire de ce qu’on souhaitait ». Pour lui, « ce n’est pas une question de politique » . C’est en sa qualité de « grand-père qui a des enfants à l’école » qu’il s’inquiète!

    Je me demande s'il a lu ce passage du plus récent classement de PISA:

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    01/15/09

    Permalink 04:04:43 pm, par Amine Tehami,
    Catégorie: Discussion

    Lecture: Le «retour aux connaissances» nous fera-t-il reculer sur l'échelle de PISA?

    Un commentaire d'Hervé me ramène à un questionnement qui m'avait longtemps habité: comment diable les analystes de PISA s'y prennent-ils pour comparer des pommes et des oranges?

    Comment diable s'y prennent-ils pour affirmer que des écoliers finlandais lisent mieux le finnois que les petits qataris ne lisent l'arabe--une langue d'une facilité inouïe tellement la correspondance entre les sons et les lettres est totale?

    J'ai récemment trouvé un début de réponse ici (c'est un article technique, critique et lumineux):

    Les enquêtes internationales sur l’évaluation des acquis des élèves et parmi elles, l’enquête PISA témoignent des changements conceptuels profonds qui ont modifié l’objet de ces enquêtes au cours de la dernière décennie.

    À la différence des enquêtes internationales conduites pendant un demi-siècle par l’IEA, principalement centrées sur les acquis définis à partir des curricula, PISA a introduit l’idée qu’il est plus pertinent d’évaluer les compétences pour travailler et vivre dans une société post-industrielle [...]

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    Permalink 02:47:03 pm, par Jean-Pierre Proulx,
    Catégorie: Information

    Les réformes un peu partout

    Je viens de recevoir mon courriel hebdomadaire du Conseil canadien sur l'apprentissage. J'y trouve cet article susceptible d'intéresser nos lecteurs.
    Transformer nos écoles : mettre en œuvre une réforme de l’éducation efficace

    01/13/09

    Permalink 09:59:17 pm, par Jean-Pierre Proulx,
    Catégorie: Discussion

    « Alors, vous proposez quoi? »

    « Alors, vous proposez quoi? », demande M. Papineau dans un commentaire à un récent billet d’Amine Tehami.

    M. Papineau fait surtout référence à la baisse des résultats des élèves en français, mais à mon avis, le problème qu'il soulève est plus général. Aussi, j’ai pensé qu’il convenait de rédiger un nouveau billet en élargissant la perspective pour mieux répondre à la question de notre visiteur.

    D’abord, un rappel utile.

    En 1997, la ministre de l’Éducation de l’époque, Mme Marois, a adopté et mis en œuvre le plan d’action suivant intitulé : Prendre le virage du succès. Pour ne pas allonger, je ne garde que les intitulés des chapitres pertinents à notre sujet.

    I- Intervenir dès la petite enfance
    II- Enseigner les matières essentielles
    III- Donner plus d'autonomie à l'école
    IV- Soutenir l'école montréalaise

    Cette réforme ayant mené aux insuccès que l’on dénonce, je propose donc, dans un premier temps, que l’on revienne au statu quo ante. Par conséquent, je propose :

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    Permalink 07:08:40 am, par Amine Tehami,
    Catégorie: Discussion

    « La ministre va être en haut »

    Pour alimenter un article que me demande une revue, je relisais mes coupures de presse sur "88".

    Le 14 mai 2008:

    L'attitude des associations de directeurs d'école, qui ont avoué candidement à la ministre ne pas se sentir liées par les planifications stratégiques des commissions scolaires, a fait déborder le vase et convaincu Mme Courchesne de serrer la vis.

    «Cela m'a jetée par terre. [...] Imaginez l'enseignante dans sa classe, qui elle écoute. Il faut recréer le lien positif et constructif entre la commission scolaire et l'école. Et, oui, la ministre va être en haut et va se donner un pouvoir de suivi, de surveillance... »,

    a poursuivi Mme Courchesne.

    Le "candide" en question, c'est Serge Morin.

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    01/11/09

    Permalink 06:37:06 pm, par Amine Tehami,
    Catégorie: Discussion

    Pierre Curzi: un contrepoids « humaniste » à notre ministre

    Avant-hier, Pauline Marois présentait sa nouvelle équipe parlementaire, dont

    Pierre Curzi [qui] sera porte-parole en matière d'éducation primaire et secondaire et de langue [...tandis que] la députée de Taillon, Marie Malavoy, se chargera de l'enseignement supérieur, de la recherche et du développement [...]

    Bernatchez estime que le

    choix de Curzi, communicateur habile et apprécié des médias, suggère que les questions d'éducation seront souvent abordées dans les médias.

    Habile communicateur, personne ne peut en douter.

    Apprécié par les médias, eux qui carburent à la controverse, idem.

    Mais que sait-on des idées de ce père de deux enfants en matière d'éducation?

    Un premier indice est cet étrange communiqué de presse vieux de presque deux ans et intitulé:

    PIERRE CURZI MET DE L’AVANT UN PROJET HUMANISTE EN ÉDUCATION

    On y apprend qu'il désire

    offrir aux jeunes une éducation de base complète qui les mène vers leur propre accomplissement. D’ailleurs, si aujourd’hui je m’engage en politique c’est beaucoup pour contribuer à ce que de véritables progrès soient accomplis dans ce domaine.

    Un projet basé sur trois disciplines

    « Il faut recentrer l’éducation des jeunes sur un projet humaniste : faire des hommes et des femmes davantage capables de jugement, d’invention et d’apprentissage, capables de vivre dans un monde de plus en plus complexe.

    Concrètement, Pierre Curzi propose

    de réintroduire dans le système scolaire trois disciplines : artistique, sportive et scientifique et ce, pour tous, à partir du centre de petite enfance (CPE) jusqu’à l’université.

    Cet homme me semble loger à une enseigne proche du RAEQ lorsqu'il écrit:

    Il faut susciter une saine émulation plutôt que la concurrence autant entre les lieux d’apprentissage qu’entre les étudiants.

    01/10/09

    Permalink 06:18:27 pm, par Amine Tehami,
    Catégorie: Discussion

    Le culte de l'extrême-centre

    J'ai reçu ce courriel tout à l'heure:

    [...] je vous rappelle que nous devons tous répondre à la question suivante d'ici vendredi prochain afin de nous aider dans notre réflexion en lien avec la mission du RAEQ:

    Qu’est-ce que chaque personne trouve important de promouvoir pour favoriser l’avancement de l’éducation?

    Votre réponse doit être sous forme de liste (environ 5 points).

    Lorsque l'exercice a émergé, je me souviens d'avoir émis des remarques du genre:

    Les réponses possibles à cette question ne manqueront pas d'appartenir, grosso modo, à deux grandes familles. Aux États-Unis, à la suite de Dewey, l'une de ces deux familles regrouperait les "progressive educators"; en France, nos cousins du camp de Meirieu logent à l'enseigne de "l'éducation nouvelle".

    Dans les deux pays, le clivage oppose des conservateurs, dans le sens le plus neutralement descriptif du terme, à des progressistes, dans un sens similaire.

    Dans les deux pays, l'histoire des avancées éducatives est aisément comprise comme une valse entre ces deux groupes--les avancées parfois hardies des seconds tempérées par la retenue parfois timide des premiers.

    Et nous au Québec?

    Comment se fait-il que nous soyions si réticents à "framer" le débat en termes aussi résolument polarisés?

    Pourquoi faut-il nous astreindre à un exercice largement résolu chez nos voisins?

    Un exercice ainsi résolu

  • par la communauté anglo-américaine:
  • Educational progressivism is the belief that education must be based on the principle that humans are social animals who learn best in real-life activities with other people. Progressivists claimed to rely on the best available scientific theories of learning. Most progressive educators believe that children learn as if they were scientists, following a process similar to John Dewey's model of learning:

    1. Become aware of the problem.
    2. Define the problem.
    3. Propose hypotheses to solve it.
    4. Evaluate the consequences of the hypotheses from one's past experience.
    5. Test the likeliest solution.

    Given this view of human nature, a progressivist teacher desires to provide not just reading and drill, but also real-world experiences and activities that center on the real life of the students. A typical progressivist slogan is "Learn by Doing!"

  • et par la communauté hexagonale:
  • L'éducation nouvelle est un courant pédagogique qui défend le principe d'une participation active des individus à leur propre formation. Elle s'oppose par définition à la Pédagogie traditionnelle. Elle déclare que l'apprentissage, avant d'être une accumulation de connaissances, doit avant tout être un facteur de progrès global de la personne. Pour cela, il faut partir de ses centres d'intérêt et s'efforcer de susciter l'esprit d'exploration et de coopération : c'est le principe des méthodes actives. Elle prône une éducation globale, accordant une importance égale aux différents domaines éducatifs : intellectuels et artistiques, mais également physiques, manuels et sociaux. L'apprentissage de la vie sociale est considéré comme essentiel.

    J'ai hâte de voir si le comité de coordination du RAEQ finira par faire écho à ses cousins.

    01/09/09

    Permalink 04:51:06 pm, par Amine Tehami,
    Catégorie: Discussion

    Les billets les plus lus en 2008

    Pour notre second bye-bye annuel, version RAEQ, voici les dix billets les plus lus des 12 derniers mois:

    En 10e position, publié le 15 septembre, un cri du coeur de Camille Marchand intitulé Les jeunes ne sont pas des ignorants!

    En 9e position, publié le 24 avril, un billet d’Hervé Bergeron intitulé: L’école et la réalité

    En 8e position, publié le 1er mars, un billet de François Guité intitulé: Les élèves fortunés réussissent aussi en milieu défavorisé

    En 7e position, publié le 12 mai: "LE ministère"

    En 6e position, publié le 5 juin: Mais qu’est-ce qu'un service éducatif de qualité?

    En 5e position, publié le 6 mai: Éthique et culture religieuse : nouvelle parution

    En 4e position, publié le 20 mars: Éthique et culture religieuse : les évêques placent les écoles sous surveillance

    En 3e position, publié le 2 septembre Comment pratiquer l’approche par compétences à l’université, 2e partie

    En 2e position, publié le 20 juin: Les examens du MELS critiqués par la FSE. Où donc logent les associations professionnelles d’enseignants en math et en histoire?

    Et en 1re position, publié le 25 septembre: Les "règles" de grammaire ?!?

    Bonne relecture!

    P.S. Quant au billet le plus commenté de 2008, daté le 2 octobre et intitulé: De formation continue et de pensée magique.

    Permalink 04:24:08 pm, par Amine Tehami,
    Catégorie: Discussion

    L'ivrogne--nous--et le lampadaire de la réussite scolaire

    Hier soir, au comité de coordination du RAEQ, nous avons relancé une réflexion qui m'obsède depuis des mois et qui m'a habité toute la journée. Une réflexion si difficile que nous n'arrivons même pas à nous entendre sur les termes de la question:

    quelles sont les "X" qui nous caractérisent, en tant que réseau?


    où X= convictions, croyances, valeurs, priorités d'action, leviers pour faire avancer l'éducation, que sais-je encore.

    Alors imaginez les débats sur les éventuelles réponses/points de convergence...

    Certains jours, comme un récent vendredi alors que je prenais connaissance des derniers écrits d'un de mes journalistes fétiches, Malcolm Gladwell, je me dis que tout ce malaise traduit le syndrôme de l'ivrogne et du lampadaire.

    C’est l’histoire de l’ivrogne qui, une nuit, cherche ses clés sous un lampadaire. Un passant bienveillant le rejoint à quatre pattes pour l’aider.

    Au bout d’un moment le samaritain s’impatiente.

    On fouille depuis un bon quart d'heure.
    Je commence à croire qu'il n’y a rien du tout.

    Et l’ivrogne de préciser :

    C’est normal, mes clés sont tombées là-bas, au bout de la rue. Sauf qu’ici, sous le lampadaire, au moins c’est éclairé.

    => Lire la suite!

    01/06/09

    Permalink 10:26:07 am, par Hervé Bergeron,
    Catégorie: Discussion

    L'éducation et la technologie

    Pendant que l'on discute sur les résultats en français d'une année qui, comme tout le monde le sait, ne peuvent indiquer une tendance en statistiques, le développement technologique suit son cours. Dans un article du Devoir du 5 janvier 2009 (Une école pour les «natifs» de l’univers numérique, une entrevue de Michel Dumais avec Marc Prensky), on constate le fossé entre les enseignants et les élèves quant à la connaissance et à l'utilisation de technologies qui rendent disponibles l'information, son traitement et sa production.

    Depuis la mode de l'audiovisuel dans les années 1970, j'ai tendance à me méfier des « révolutions » technologiques qui vont modifier la façon d'enseigner, la mode de l'audiovisuel n'ayant donné que des versions plus ou moins utiles du tableau noir. Mais cette fois, ça me semble sérieux. Le développement d'outils faciles d'utilisation, de banques de données de plus en plus nombreuses sur internet, la fascination de beaucoup de jeunes pour ces outils, leur omniprésence via une connexion internet ou un téléphone cellulaire laissent entrevoir un autre monde, un autre rapport à l'information.

    Cela ne peut qu'interpeller le monde de l'éducation si traditionnel dans son ensemble. Je sais qu'il est de bon ton de regarder de haut tous ces « débordements » issus des TIC en se disant qu'ils ne sont qu'amusements passagers par rapport à la vraie façon de comprendre et de transmettre les connaissances. Mais si nous étions dans une situation qui s'apparentait à celle dans laquelle s'est trouvé Socrate il y a près de 2 500 ans quand la possibilité d'écrire est devenue accessible plus facilement.

    Qu'on me pardonne les raccourcis, mais ce grand penseur, symbole par excellence de la réflexion, a pourfendu cette avancée au nom de la rigueur de la pensée humaine et de sa pérennité. Il ne voyait dans cette technique qu'une façon de pervertir la jeunesse en les rendant paresseux intellectuellement et annonçait la dégénérescence de la civilisation. Ironiquement, toutes ses inquiétudes ont été conservées grâce à l'écriture.

    L'internet a changé le rapport à la connaissance et le développement constant d'outils de communication de plus en plus sophistiqués et conviviaux ne fait qu'accentuer ce mouvement. Ces technologies sont principalement adoptées et utilisées par les jeunes qui ne peuvent plus voir de la même façon le savoir et sa transmission. La fascination que je ressentais dans les années 1960 en lisant mon livre de physique, comme Tycho Brahe m'a fait rêver, qui était une fenêtre sur un univers que je n'aurais jamais connu autrement, ne peut plus exister.

    De plus, comme le souligne Marc Prensky dans l'article précité, souvent les jeunes possèdent maintenant des connaissances technologiques supérieures aux adultes qu'ils côtoient aussi bien à la maison qu'à l'école.

    Le monde de l'éducation ne peut plus ignorer ces développements. La structure traditionnelle de la « transmission » du savoir avec ses rôles bien définis, ses codes rigides, son organisation industrielle ne pourra tenir encore longtemps. Il me semble que ces faits placent les discussions sur la réforme dans une autre perspective. Malgré l'inquiétude des nostalgiques, un retour en arrière serait catastrophique.

    L'heure des véritables remises en question a peut-être sonné, la façon dont on nous a instruits n'est peut-être plus pertinente et avec elle, les rôles traditionnels des divers intervenants dans l'école.

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