L'unilinguisme de Louise Harel

06/08/09

Permalink 08:55:46 pm, par Amine Tehami,
Catégorie: Discussion

L'unilinguisme de Louise Harel

Hier:

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, qui a pour les mêmes raisons fait l'objet de railleries lors de la dernière campagne électorale provinciale, s'est opposée à ce que la connaissance de l'anglais soit un préalable pour tous les élus francophones.

«On ne peut pas reprocher (à Louise Harel) d'être unilingue: nous ne vivons pas dans un État bilingue.»

Peut-être pas mais nous vivons dans un État dont les autorités éducatives aspirent au bilinguisme fonctionnel pour nos enfants:

L’apprentissage de l’anglais représente, pour la plupart des jeunes Québécois, la possibilité de communiquer avec des gens d’une autre langue et d’une autre culture.

Mais c’est aussi une nécessité, étant donné la situation géographique du Québec, la présence d’une communauté anglophone et l’accessibilité de médias et de produits culturels anglophones. Par l’apprentissage d’une langue seconde, l’élève s’ouvre sur le monde et est ainsi amené à apprécier la richesse de l’apprentissage des langues.

Ce qui est une nécessité pour pitou serait une option pour minou?

Y'aurait-il un standard plus élevé pour nos enfants que pour nos leaders?

L'un deux, qui brandit la copie du cancre d'à côté, semble croire que oui:

Pour le chef du Bloc québécois, la polémique prouve qu'il y a deux poids, deux mesures entre le Québec et le reste du Canada.

«Le maire d'Ottawa, capitale du Canada, pays supposément bilingue, où vivent 15% de francophones, ne parle pas français. Est-ce qu'il y a eu une ligne dans The Gazette pour dénoncer cette situation épouvantable? Pas du tout!»

Commentaires, Pingbacks:

Commentaire de: Claude Gilbert [Visiteur] Email
"Ce qui est une nécessité pour pitou serait une option pour minou?"

Vous avez tout compris: c'est exactement cela. Et l'exemple du "cancre d'à côté" le confirme: le bilinguisme au Canada (donc au Québec) signifie que les francophones doivent apprendre l'anglais et que les anglophones ont le droit de travailler en anglais. Une amie qui a travaillé au fédéral dans la National Capitale Nationale l'exprimait ainsi: à Ottawa, le bilinguisme, ça veut dire to speak english.

Mais encore une fois, les "chercheurs" en éducation se racontent de belles histoires et voudraient qu'on y croit.
PermalinkPermalien 07/21/09 @ 22:36
Commentaire de: David D'Arrisso [Visiteur] Email
Où est-il question de "chercheurs" en éducation dans ce billet?
PermalinkPermalien 07/21/09 @ 23:33
Commentaire de: Claude Gilbert [Visiteur] Email
"Concepteurs" de programmes au lieu de "chercheurs", si vous préférez. Les seconds nourrissant les premiers de leurs utopies dont l'auteur de ce billet rapporte les nobles intentions.

Et ne se rend même pas compte que l'adage "ce qui est nécessaire pour pitou est optionnel pour minou" décrit exactement le statut du bilinguisme dans ce pays, mais dans le sens exactement opposé à ce qu'il rêve. Les "cancres d'à côté" ne voyant nullement pourquoi eux doivent "s'ouvrir sur le monde". C'est ce que j'appelle se raconter de belles histoires en prétendant évacuer la dimension politique. Libre à vous de rester dans l'angélisme en feignant d'ignorer ce lien avec la réalité du monde tel qu'il est, pas à côté, mais chez vous.
PermalinkPermalien 07/22/09 @ 10:38
Commentaire de: Jean-Pierre Proulx [Membre]
Le lapsus de M. Gilbert sur les "chercheurs" en éducation est typique d'une certaine école de pensée anti-intellectuelle.

D'abord, il postule que les chercheurs en éducation sont a priori des rêveurs.

Ensuite, il dévalorise une catégorie de chercheurs en particulier alors qu'en général, la société valorise la recherche et la vie intellectuelle, au point d'y consacrer des ressources importantes.


En réalité, il existe parmi les chercheurs en éducation plein d'écoles de pensée, une diversité de traditions comme de domaines de recherche. Il faut y être pour le savoir.

Dommage.

PermalinkPermalien 07/24/09 @ 10:53
Commentaire de: Claude Gilbert [Visiteur] Email
Étant "anti-intellectuel", je suppose que cela explique pourquoi les objections articulées qu'il m'arrive de formuler à l'encontre de prétendues évidences ne sont jamais discutées sur le fond et plus simplement ignorées sous prétexte, comme le répète souvent M. Proulx pour ne pas répondre, que "le débat a déjà eu lieu". (Je ne savais pas qu'en démocratie, le pouvoir est dévolu à certains de décréter la fin d'un débat. Même en ce qui a trait au statut politique du Québec, le débat ne cesse pourtant jamais.)

Plus sérieusement (ou peut-être non), si j'étais "anti-intellectuel", je me réjouirais que seulement 65% des garçons, à Montréal, obtiennent leur diplôme en l'espace de cinq ans que dure le cycle normal des études secondaires. Et j'en féliciterais les concepteurs des réformes, au lieu de les blâmer comme le font les commentateurs de cette nouvelle publiée aujourd'hui. À tout prendre, ces concepteurs de programmes et/ou chercheurs en éducation ne sont-ils pas ceux qui dévaluent la valeur de l'effort intellectuel à l'école? S'il y a parmi eux plusieurs "écoles de pensée", force est de reconnaître que ce ne sont pas ceux qui poussent les élèves à se dépasser qui occupent le haut du pavé à Québec et dans certaines facultés.

Vous voudrez bien me pardonner de le souligner, mais la méfiance dont font l'objet les apprentis sorciers de la spéculation universitaire et les bureaucrates du MELS n'est aucunement l'apanage des "anti-intellectuels": elle est fort bien partagée dans l'ensemble de la population. Je crois saisir que c'est assez pour la discréditer à vos yeux.
PermalinkPermalien 07/28/09 @ 14:30
Commentaire de: Mario Cusson [Visiteur]
Faut vraiment pas avoir grand chose pour voter pour la Harel ! On dirait qu'elle "est au-dessus du peuple" !

Aujourd'hui, annonce : "Madame ne parle pas assez anglais pour le débat anglophone !"
Allo la planète ! Allumez !
Nous vivons entouré d'anglophones (et je sais que c'est triste mais l'histoire en a voulu ainsi pour les "oeillèristes" !). Pour vivre dans un monde politique, économique c'est quasiment essentiel. Mais c'est vrai qu'apprendre une langue c'est compliqué et "bas" pour mme Harel.
Alors, pour tous les québécois et Montréalais : vous pouvez votez Harel SI vous parlez assez français, SI vous votez PQ, SI Votre français est assez correct, SI .... , SI ...
Conclusion : En campagne avec des "SI", ça ne fera rien de bon au pouvoir; Le pouvoir est souvent intéressant; un peu comme certains artistes ou anciens présidents de l'Union des Artistes l'utilise ...
PermalinkPermalien 09/20/09 @ 09:50
Commentaire de: Claude Gilbert [Visiteur] Email
Tout ce que le fait de ne pas savoir assez d'anglais pourra causer de préjudice dans le cas de Louise Harel, c'est de ne pas se faire élire à la mairie.

Et si elle se fait élire quand même, c'est que ce n'est pas un problème.

Pour le reste, virer fou avec ça, c'est tout simplement la preuve d'un état d'esprit encore aliéné au plan culturel.
PermalinkPermalien 09/20/09 @ 15:32

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