La nouvelle réconfortante, c'est que la question de l'égalité des chances est dans l'air:
* Claude Lessard et al. il y a deux semaines:
[...] Le Québec, ou à tout le moins le Québec urbain, est à la croisée des chemins: il a accepté historiquement le privé pour des raisons religieuses, et il reconnaît la valeur de la concurrence au sein du réseau public et entre les réseaux public et privé. Cela mène au déclin du public et non à son redressement. De cela il importe de prendre conscience. Renverser la tendance et adopter une politique de non-financement du privé ou intégrer le privé au public, comme le recommandait la Commission des états généraux de l'éducation en 1996, cela demande un courage politique inexistant. Reste à revoir, comme le suggère Jean-Pierre Proulx, les conditions du financement de l'école privée, afin que celle-ci soit véritablement «démocratique» et assume sa part des responsabilités dans la construction d'une société éducative juste et équitable.
les classes dites régulières ont évolué dans un sens inquiétant. Dans le contexte de l'exode des classes moyennes vers les collèges privés, nos enfants les plus faibles se retrouvent souvent parmi une proportion trop élevée de pairs démotivés, turbulents, etc. Encourager plus de ségrégation ne fera qu'empirer le sort de nos enfants les plus vulnérables.
* Marie-Andrée Chouinard hier:
Comment expliquer le recalage spontané subi par le public au profit du privé lorsque vient le temps de choisir une école secondaire? Dans cette course à la performance, l'égalité des chances prend du plomb dans l'aile. Il est temps de jeter les bases d'un nouveau «contrat social.
[...] Il dénonce aussi l'inégalité des chances. «L'élève pauvre ne va pas à Brébeuf, à moins d'obtenir une bourse. Il va au public. Par contre, le cancre riche va à Brébeuf, ce qui prive le bon élève d'une place tant recherchée au privé. C'est moi, ça, le cancre issu d'une famille aisée.»
La moins bonne nouvelle, c'est de constater qu'elle n'est pas encore acquise.
Il y a 46 ans déjà, dans le tome 1 du Rapport Parent, on pouvait lire cet appel:
L'obligation pour chaque nation d'assurer l'éducation de tous ses citoyens est reconnue dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et dans la Déclaration des droits de l'enfant. Mais les exigences du bien commun rendent ce devoir encore plus impérieux pour les nations qui doivent rapidement s'adapter à de nouvelles conditions socio-économiques. Les écoles de la province de Québec doivent donc être accessibles à chaque enfant, sans distinction de croyance, d'origine raciale, de culture, de milieu social, d'âge, de sexe, de santé physique ou mentale.
Vingt-quatre ans plus tard, Pauline Marois écrivait:
Il n'y aura donc pas un double standard, selon le projet éducatif de l'école, la région où celle-ci est située ou la catégorie d'élèves visés. La formation de base sera de même nature et de même qualité, partout sur le territoire québécois : il s'agit du principal facteur d'égalité des chances, et sur cela, nous ne ferons aucun compromis.
Dans les douze dernières années, nous avons fait beaucoup trop de compromis. Il est grand temps de redresser la situation.
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