L’étude de Mme Quérin est avant tout un manifeste politique

12/14/09

Permalink 09:14:49 pm, par Jean-Pierre Proulx,
Catégorie: Discussion

L’étude de Mme Quérin est avant tout un manifeste politique

L’« étude » de la sociologue Joëlle Quérin sur le programme Éthique et culture religieuse a suscité un véritable « buzz » médiatique qu’il convient d’analyser et de comprendre.

Tant que les opposants sont demeurés sur le terrain de la religion, les médias traditionnels n’ont porté qu’un intérêt médiocre à ce débat. Si l’intervention de Mme Quérin a tant de succès, c’est qu’elle se situe cette fois sur le terrain politique et s’adresse avant tout à la famille des souverainistes et, de façon plus générale, aux nationalistes. Mme Quérin est elle-même une ex-candidate péquiste. D’où l’émoi au PQ!

Or on peut facilement observer que dans la mouvance nationaliste, en particulier en ce qui concerne la variable identitaire, il existe deux tendances.

À un pôle, on insiste avant tout sur ce que j’appellerais « l’héritage ». Pour ceux qui partagent cette vision, la nation québécoise se définit essentiellement par l’appartenance à une communauté historique formée des personnes d’origine canadienne-française (et catholique, insistent certains) et de celles qui, à travers le temps, s’y sont assimilées. Pour eux, l’intégration des nouveaux arrivants passe évidemment par l’adoption de la langue française, mais aussi par l’acceptation des valeurs de la nation historique et de ses pratiques. Dans cette perspective, l’accommodement raisonnable apparaît comme un sous-produit débilitant du multiculturalisme « canadian » imposé par la Charte canadienne des droits et libertés. Mme Quérin et l’Institut de recherche sur le Québec dont elle se réclame appartiennent clairement à cette tendance (1).

Or Mme Quérin voit dans le cours ECR, le cheval de Troie du multiculturalisme qu’elle sait être rejetée par l’immense majorité des Québécois. Ce cours ne peut donc qu'être le résultat d’un complot politique concocté par des élites déconnectées du peuple, complot auquel les tribunaux, en particulier la Cour suprême dans l’affaire du kirpan, ont participé en légitimant les accomodements raisonnables

Mais il existe aussi, au sein de la pensée nationaliste, un autre courant qui insiste plutôt sur la nation comme un « projet ». Ce courant refuse de parler de « nous » et d'« eux », pour proposer un « nous » en devenir qui, sans renier en rien l’héritage historique et commun, prend acte de ce fait social qu’est le pluralisme culturel et religieux de notre société, y compris des façons séculières de voir le monde et qui vont grandissantes. Il cherche dès lors des façons harmonieuses, et dans un cadre dorénavant laïque, de respecter les différences, de les comprendre et de les apprécier, bref de mieux vivre ensemble. Une série de politiques gouvernementales adoptées depuis 15 ans vont dans ce sens et au premier chef la Charte de la langue française et, même avant, la Charte des droits et libertés du Québec de 1974 qui précède de huit ans, soit dit en passant,la Charte canadienne.

Une autre façon, au plan éducatif cette fois, de favoriser ce vivre-ensemble a été la création du programme d’éthique et de culture religieuse. C’est le choix crucial, en cohérence avec les autres politiques sociales et culturelles déjà adoptées, qu’a proposé le Groupe de travail sur la place de la religion en 1999 et auquel a souscrit en 2005 aussi bien le Parti libéral que le Parti québécois. Il convient de le rappeler à Mme Marois qui, tirée sur et par sa droite, est en train de flancher pour se coller à l’ADQ.

Ici, je n’hésite pas à dénoncer comme un sophisme grossier l’adéquation que Mme Quérin fait entre le pluralisme et le multiculturalisme. Faire connaître et surtout comprendre la pluralité des façons de voir le monde au plan éthique et religieux n’a rien à voir avec cette idéologie politique « canadian ». Le manque de profondeur et de rigueur conceptuelle dont elle fait montre pour arriver à cet amalgame n'est pas digne d'une universitaire. Je regrette de devoir l'écrire.

Tout aussi navrante est sa tirade contre ce qu’elle appelle « l’endoctrinement » touchant les accommodements raisonnables. Cette obligation nous vient bien sûr de la Cour suprême qui a interprété une charte que le Québec n’a pas signée. C’est désagréable, certes, mais c’est au plan juridique, incontournable. Que l’école dont la mission est d’instruire, de socialiser et de qualifier des élèves pour leur vie en société développe une compétence à l’égard de cette réalité, n’y trouveront à redire que ceux qui n’acceptent pas cette réalité. le gouvernement, heureusement, a fait le choix contraire.

Je reviens, en conclusion, sur le « buzz » médiatique. Les médias ont assez rapidement montré que l’« étude » de Mme Quérin participait à un courant politique bien défini qui est aussi celui d’un think tank bien identifié. À cela, il n’y a rien à redire. Notre démocratie accueille des courants de pensées diversifiés et souvent contraires.

En revanche, aucun média, n’a à ma connaissance levé l’ambigüité du statut épistémologique de cette étude. Il existe des standards universitaires à cet égard. Ainsi, un auteur prend généralement une certaine distance vis-à-vis son objet, présente ses postulats, dévoile sa méthode, critique ses sources (y compris s'il s'agit de Richard Martineau!). Mme Quérin nous présente plutôt une étude fortement engagée dont le ton général s'éloigne à l'évidence de l'étude universitaire. Au point de conclure par une injonction qui découle de sa prémisse sur le caractère « multiculturalisant » et donc a priori inacceptable du cours ECR. Sa conclusion est claire : « Il nous apparaît essentiel de retirer le cours d’ÉCR du curriculum de l’école québécoise ».

Il est encore temps que les commentateurs, les blogueurs et sutout les politiciens prennent enfin acte de ce que l’étude de Mme Quérin est avant tout un manifeste politique et qu’il en possède à la fois les grandeurs et les limites.

(1)On lira avec intérêt le billet de Joseph Facal qui reprend en peu de mots cette vision des choses.

À l’extrémité de ce pôle, on trouve d’ailleurs ceux qui voient en l’immigration un danger pour la nation, en particulier celle qui vient du monde musulman. Certains blogues sont à cet égard particulièrement explicites.

Sur le continuum confessionnalité/laïcité, on dénonce, d’un côté, le complot des « intégristes laïques » pour avoir déconfessionnalisé le système éducatif au complet, et de l’autre, le complot des cryptoconfessionnalismes pour avoir préservé l’enseignement religieux à l’école sous couvert de culture!

Et sur un continuum politique, à la droite on dénonce l’intervention de l’État qui se substitue à l’autorité parentale, tandis qu’à la gauche, on estime que l’État a d’excellentes raisons de vouloir former des citoyens cultivés, tolérants et compétents en matière éthique et religieuse.

Commentaires, Pingbacks:

Commentaire de: Marc-André Caron [Visiteur] Email · http://marcandrecaron.com/
Merci pour cette mise en perspective du «buzz». J'enseigne l'ECR cette année (ma formation est en univers social) et je ne savais trop comment réagir à tout cela. Votre texte me permet de mieux apprécier cette (nouvelle) matière (que les élèves apprécient aussi!). Merci encore.
PermalinkPermalien 12/14/09 @ 22:39
Commentaire de: Claude Gilbert [Visiteur] Email
Une chose vous échappe, M. Proulx. C'est bien joli de pointer du doigt le Parti Québécois (en distinguant les "bons" souverainistes des méchants "nationalistes"), mais il se trouve que les électeurs libéraux ne sont pas tous vendus non plus à votre vision post-moderniste des choses. J'en connais dans ma propre famille qui ont voté toute leur vie pour le PLC et le PLQ, dont un qui travaille à la fonction publique fédérale et détient un doctorat... et celui-là, il semble que la parution de l'étude de Mme Quérin et la controverse actuelle soient en train de le faire réfléchir. N'oubliez pas que les libéraux ont aussi besoin d'aller chercher des votes chez les francophones en dehors de l'Île de Montréal.
PermalinkPermalien 12/15/09 @ 09:34
Commentaire de: Jean-Pierre Proulx [Membre]
La mouvance nationaliste n'est évidemment pas que péquiste, même si elle s'affirme avec plus de vigueur de ce côté.
PermalinkPermalien 12/15/09 @ 09:44
Commentaire de: Claude Gilbert [Visiteur] Email
À propos de votre affirmation suivante, M. Proulx:

"Ici, je n’hésite pas à dénoncer comme un sophisme grossier l’adéquation que Mme Quérin fait entre le pluralisme et le multiculturalisme. Faire connaître et surtout comprendre la pluralité des façons de voir le monde au plan éthique et religieux n’a rien à voir avec cette idéologie politique « canadian »."

En réponse, je citerai Mme Quérin elle-même, dans son compte-rendu du livre de M. Georges Leroux:

"Tout au long de son argumentation, Leroux prend bien soin d’utiliser le terme «pluralisme», qu’il distingue du communautarisme et du multiculturalisme. On peut comprendre qu’il souhaite se dissocier d’idéologies ayant mauvaise presse au Québec, mais la distinction conceptuelle qu’il opère apparaît boiteuse, sinon trompeuse. Alors que le pluralisme est présenté comme un «foyer intégrateur», le «modèle communautarien» serait «le lieu d’une division[7]» et favoriserait «la séparation et l’exclusion[8]». Ces deux approches sont présentées comme radicalement différentes, l’auteur affirmant même que, «pour que le pluralisme normatif évolue harmonieusement, l’approche multiculturaliste apparaît désormais comme une impasse[9]».

"Ce que Leroux qualifie tour à tour de «communautarisme» et de «multiculturalisme» renvoie à l’idée de pluralisme structurel, soit le fait de favoriser la création d’institutions séparées pour chacun des groupes ethniques présents sur un même territoire. Or, le multiculturalisme canadien, qui s’appuie sur la Charte des droits et libertés, encourage l’adaptation des institutions communes aux demandes des minorités plutôt que la création d’institutions séparées. Le pluralisme prôné par Leroux s’oppose donc à une forme de communautarisme qui n’a jamais été pratiquée au Canada, mais correspond en tous points au multiculturalisme libéral hérité de Trudeau."

Autrement dit, Leroux arrive à distinguer sa notion de "pluralisme" (normatif) de la notion de "multiculturalisme" (canadien) en attribuant à la seconde des caractéristiques qu'elle n'a jamais eus.

Sophisme, c'est vous qui disiez sophisme?

http://www.action-nationale.qc.ca/index.php?option=com_content&task=view&id=808&Itemid=36
PermalinkPermalien 12/15/09 @ 10:07
Commentaire de: Éric Bédard [Visiteur] Email
Cher M. Proulx,

Ancien étudiant, j'apprécie toujours vos "leçons", toujours bien écrites, parfois parsemées de mots d'esprit, sinon de locutions latines. Un beau produit du collège classique.

Parce que je suis l'un de vos "héritiers" - ayant eu droit à vos cours "magistraux" - je n'oserais jamais vous faire la leçon. Voyez-vous, je suis de la vieille école et voue un grand respect aux maîtres qui m'ont formé.

Permettez cependant que je m'inscrive en faux contre le dualisme dont votre pensée fait preuve dans le billet ci-haut. Vous distinguez les "héritiers" (nationalistes) des promoteurs du "projet" (souverainistes). Une nation, me semble-t-il, est À LA FOIS un héritage et un projet : nous ne devrions pas avoir à choisir entre les deux concepts.

À vous lire, on comprend que le cours ECR n'en a que pour le "projet", c'est-à-dire pour une certaine vision de l'avenir et du bien commun. Cette vision est qualifiée de "pluralisme normatif". "Normatif", c'est-à-dire "normes" que l'on cherche à inculquer à des enfants en vue d'une finalité. En évaluant la compétence "Pratique du dialogue", on cherche à valoriser un certain type de comportement, on souhaite (c'est du moins ce qu'explique Georges Leroux) que les futurs citoyens souscrivent à d'éventuels jugements sur le kirpan...

Le mot "endoctrinement" vous choc : je vous comprends. Mais comment définiriez-vous l'évaluation d'une telle compétence ? Surtout, comment distinguez ce "pluralisme normatif" de l'idéologie du multiculturalisme ? Vous avez beau jeu de discréditer une doctorante qui n'a pas encore acquis nos lettres de créance dans notre beau monde académique. Je préfèrerais cependant que vous discutiez du fond, que vous entriez en dialogue avec une chercheure dont vous contestez les conclusions mais dont la démarche me semble tout à fait rigoureuse. Le débat me semble trop important pour verser dans le ad hominem.

Votre dévoué,
PermalinkPermalien 12/15/09 @ 14:41
Commentaire de: Jean-Pierre Proulx [Membre]
@ M. Bédard.

Vous durcissez ma position: je n'assimile pas les "nationalistes" à l'"héritage" et les "souverainistes" au "projet". On retrouve ces derniers dans l'une et l'autre tendance, lesquelles existent bel et bien. On n'a qu'à lire.

On n'a pas à choisir entre les deux tendances, dites-vous, mais quand vient le temps des choix de société, nos convictions jouent. Ce qui est observable à l'oeil nu et, du reste, parfaitement démocratique.

Pour ce qui est du débat philosophique autour de l'expression "pluralisme normatif", je laisse à plus compétent que moi le soin de le poursuire. Par contre l'assimilation que l'on en fait avec le concept de multiculturalisme m'apparaît sans fondement aucun.

Quant à la rigueur de la démarche de Mme Quérin, je diffère nettement d'avis avec vous à cet égard.
PermalinkPermalien 12/15/09 @ 15:43
Commentaire de: Charles Courtois [Visiteur] Email
Monsieur Proulx,
Le pluralisme, tel que vous le défendez, est effectivement tout à fait identique au modèle de société promu par Pierre Trudeau.
Mais passons.
Venons-en au problème majeur de votre critique : vous émettez une opinion, qui se veut sévèrement critique de l'étude de Joëlle Quérin.
L'étude de Mme Quérin est fondée sur l'analyse des textes du programme et de ses défenseurs. Chacun peut examiner lui-même les sources citées et juger des interprétations de Mme Quérin.
Cependent, nulle part vous ne fondez cette critique sur une analyse méthodique, digne de la science que vous revendiquez justement pour la critiquer. Vous n'aimez pas, soit. Mais cela constitue un bien faible argument...
PermalinkPermalien 12/15/09 @ 16:00
Commentaire de: Claude Gilbert [Visiteur] Email
... Et le tour de passe-passe par lequel M. Leroux se distancie d'un multiculturalisme caricaturé à dessein dans le but de se dédouaner lui-même, M. Proulx? L'observation n'est même pas digne d'une réplique de votre part sous prétexte qu'elle provient de Mme Quérin?

Cela ne vous fait pas honneur de faire passer l'aspect personnel devant l'aspect rationnel de la dicussion, comme vous le font observer MM. Bédard et Courtois. Et c'est étonnant chez quelqu'un comme vous dont un leitmotiv est de répéter comme un mantra qu'il faut parler du fond des choses.
PermalinkPermalien 12/15/09 @ 16:12
Commentaire de: Amine Tehami [Membre]
@Messieurs Bédard et Courtois, je propose un marché : s’ils déclarent leur biais pro-Mme Quérin (le premier fait partie du comité scientifique de l’IRQ, le second est co-« chercheur-associé » avec elle du même IRQ), je déclare le mien en faveur de l'auteur de ce billet. Ces deux commentateurs, muets sur la thèse centrale de mon confrère (i.e., que l’étude en question est un manifeste politique), dévient le débat sur la rigueur scientifique de l’étude. J’étais sous l’impression que cela été jugé par la méthode consacrée : on soumet notre texte à un revue savante; elle camoufle notre signature et le fait circuler parmi à son tour parmi quelques pairs reconnus dans le domaine, qui se prononcent anonymement et ainsi de suite.

L’étude de madame Quérin a-t-elle subi cette épreuve?

Qu’on permette une analogie avec le "climategate" : d’éminents climatologues ont-ils, oui ou non, falsifié quelques colonnes de chiffres pour appuyer la thèse du réchauffement climatique? J’utilise cette analogie parce que j’estime que de mesurer la température de notre globe (même en reculant des siècles en arrière—après tout, il suffit d’excaver des colonnes de glace, comme nous l’a appris le documentaire d’Al Gore) que cet exercice, dis-je, est incomparablement plus simple que de planter un thermomètre idéologique dans un programme d’études.

En somme, s’il n’y a pas de consensus chez les climatologues sur des questions autrement plus simples au strict plan méthodologique, ce n’est pas sur un blogue ou deux qu’on va trancher la question de la teneur objectivement idéologique du programme d'ECR.

La seule manière de le faire, c’est de laisser la méthode scientifique suivre son cours. C’est ce que défendait jeudi dernier un de mes blogueurs préférés (lui aussi formé en sciences comme moi):
I can't say that I really have any sophisticated understanding of the science of climate change. I don't think that most people I know who are pro-cap and trade do either. For me, the fact that the vast majority of people with specialized knowledge in the field think there's a problem is good enough for me.
Put baldly like that, perhaps it suggests a certain incuriousness. But I can't be knowledgeable about everything. And I'm comfortable with the modern system in which the opinions of really knowledgeable people with expertise counts more in cases like this than people who know nothing at all.
C’est pourquoi je seconde et salue la modestie de mon confrère qui laisse « à plus compétent que [lui] le soin de poursuivre » le débat sur le fond. Quand à la forme, ce n’est pas une attaque ad hominen que de relever l’évidence : c’est manifestement un manifeste politique que madame Quérin a signé.
PermalinkPermalien 12/15/09 @ 17:09
Commentaire de: M.Poupore [Visiteur] Email
Au terme de la lecture de la recherche de Guérin, les questions suivantes me viennent à l'esprit.

D'abord, le cours d'ECR s'inscrit dans un cadre plus large, soit celui d'une éducation à la citoyenneté. Ne pas considérer ce cadre biaise, à mon avis, les résultats de cette recherche. Par exemple,outre cette formation au dialogue en ECR on retrouve, entre-autres, ailleurs dans le programme une formation à la délibération, à la résolution de problèmes et le recours à la méthode historique. Peut-on vraiment parler lorsque l'on prend une vue d'ensemble, d'un endoctrinement au multiculturalisme?

Ensuite, la chercheure ne définit pas ce qu'elle entend par endoctrinement, toutefois le programme actuel se distingue du précédent par l'introduction de compétences réflexives permettant de porter un jugement sur les connaissances acquises. Peut-on dans ce cas parler d'endoctrinement?

Finalement, le nationalisme exclut-il nécessairement le pluralisme? La Charte des droits ne fait-elle pas partie de l'héritage québécois? La Charte et le nationalisme s'excluent-ils nécessairement?

PermalinkPermalien 12/15/09 @ 19:00

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