Un communiqué de l'Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQÉCR)

12/17/09

Permalink 09:11:40 pm, par Jean-Pierre Proulx,
Catégorie: Discussion

Un communiqué de l'Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQÉCR)

L'Association québécoise en éthique et culture religieuse a émis mercredi le communiqué suivant qui toutefois n'a pas été repris par les médias. L'AQECR regroupe des enseignantes et enseignants qui enseignent cette discipline. Il nous fait plaisir de le reproduire ici.

Cours Éthique et culture religieuse
L’Institut de recherche sur le Québec (iRQ) et la désinformation

Anjou, le mercredi 16 décembre 2009- Suite à l’étude sur le cours Éthique et culture religieuse publiée par l’iRQ le 3 décembre dernier, l’Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQÉCR) tient à dénoncer toute la campagne de désinformation provoquée par cette étude.

Reprise en grande pompe par les médias suite à la sortie de Pierre Curzi du Parti Québecois, cette étude, provenant d’un think tank souverainiste, ne fait que répandre des idées fausses sur le programme. L’AQÉCR, qui représente près de 200 enseignant(e)s en Éthique et culture religieuse à travers la province, tient à rectifier le tir en corrigeant les prémisses erronées à la base de cette publication.

1. Le cours «impose une nouvelle définition de l’identité québécoise fondée sur le chartisme (1). »

FAUX! La Charte québécoise des Droits et libertés de la personne est un repère important du programme. Cette charte fait déjà partie de l’identité québécoise, elle ne vient pas la redéfinir.

2. « Antinationaliste, le cours d’ÉCR est également antidémocratique, car il s’inscrit dans une stratégie d’endoctrinement de la jeunesse permettant l’imposition du multiculturalisme (2) ».

FAUX! Non seulement le cours n’est pas antinationaliste mais il met l’emphase sur le patrimoine religieux québécois et sa culture fondatrice. Pour ce qui est d’être antidémocratique, ce n’est pas le cas. Les élèves sont amenés à participer au processus de réflexion dans un cours où la compétence au dialogue est incontournable. Finalement, les élèves ne se voient pas imposer le multiculturalisme, mais sont plutôt invités à s’ouvrir à la diversité dans un souci de vivre ensemble.

3. « Le cours d’ÉCR doit rendre les enfants plus accommodants (3). »

FAUX! La question des accommodements raisonnables est un sujet chaud et la dite étude table là-dessus pour alimenter la controverse. Sans être obligatoire, cette problématique peut être abordée avec des élèves de 4e ou 5e secondaire, mais en aucun cas le programme amène les élèves à accepter tous les accommodements.
4. « Le cours d’ÉCR abandonne les connaissances pour se consacrer exclusivement à la promotion du multiculturalisme (4). »

FAUX! Il est impossible de développer des compétences chez des élèves sans leur transmettre des connaissances. Par
ailleurs, comment peut-on accuser un cours de se consacrer exclusivement à promouvoir la diversité, péjorativement
nommée ici « multiculturalisme », alors qu’il consacre la moitié de son temps à l’éthique, et que son volet culture religieuse consacre une partie prépondérante au catholicisme et au protestantisme ?

5. « Toutes les religions seront considérées sur le même pied d’égalité dans un heureux relativisme (5).»

Encore une fois, la portion culture religieuse du programme accorde une place prépondérante au patrimoine religieux québécois, forgé principalement par le catholicisme et le protestantisme, et dans une seconde mesure, par le judaïsme et les spiritualités des peuples autochtones. Le temps consacré aux autres traditions religieuses est proportionnellement beaucoup plus petit au cours d’un cycle de 2 ans. En termes de temps d’étude, le programme n’accorde donc pas la même importance à toutes les religions.

D’autre part, la culture religieuse n’encourage aucunement le relativisme : elle permet de comprendre les
manifestations religieuses présentes dans notre société afin de mieux exercer son jugement critique.

Source : Sylvain Fournier
Président
Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQÉCR)

(1) « Le cours Éthique et culture religieuse : transmission des connaissances ou endoctrinement ? », Joelle Quérin, Institut de recherche sur le Québec (iRQ),
Décembre 2009
(2) Idem.
(3) Idem.
(4) Idem.
(5) Idem.

Commentaires, Pingbacks:

Commentaire de: Claude Gilbert [Visiteur] Email
Je vous cite:

"Encore une fois, la portion culture religieuse du programme accorde une place prépondérante au patrimoine religieux québécois, forgé principalement par le catholicisme et le protestantisme, et dans une seconde mesure, par le judaïsme et les spiritualités des peuples autochtones."

FAUX. Source: un groupe peu suspect d'hostilité au cours ECR, mais contraint par son engagement à garder les yeux ouverts de rectifier son vote de confiance initial, les évêques catholiques du Québec. Son président, qui n'avait pas hésité à laisser produire en preuve une lettre de sa part pour soutenir le gouvernement au procès de Drummondville (mai 2009), évoque désormais la possibilité que le programme aboutisse finalement à un échec (conférence de presse qui clôturait la rencontre annuelle de l'épiscopat en septembre 2009). Pourquoi? Parce que le cours tel qu'il est donné ne respecte PAS l'engagement auquel les défenseurs du cours font référence depuis le début de la controverse.

"Sur ce point crucial, l’analyse démontre que les manuels ne respectent pas le programme. Nos experts ont constaté que la place qui y est faite au christianisme reste très comparable à celle des autres religions, bien éloignée de la prescription d'en traiter tout au
long de chaque année d'un cycle. (...) L'apport du christianisme à la vie sociale et culturelle du Québec, fréquemment réitéré au cours des démarches ayant conduit à l'approbation du programme, demeure très peu présent dans les manuels étudiés, et même absent dans plusieurs cas."

http://www.eveques.qc.ca/documents/2009/20090915ECRLettre.pdf
PermalinkPermalien 12/18/09 @ 09:05
Commentaire de: Jean-Pierre Proulx [Membre]
L'AQECR parle du programme, les évêques parlent "des manuels qui ne respectent pas le programme".

Conclusion: corrigeons les manuels.
PermalinkPermalien 12/18/09 @ 09:30
Commentaire de: Claude Gilbert [Visiteur] Email
La position des évêques n'est pas la mienne.

Cela étant, si les manuels ne correspondent pas aux objectifs du programe, l'AQECR devrait le savoir encore mieux que les évêques. Et si elle ignore que cela pose au moins question, c'est à se demander si elle comprend bien le programme. Sa prise de position est dans ce cas peu digne de considération. À moins qu'il ne s'agisse tout simplement d'un faux argument, sciemment invoqué en connaissance de cause.
PermalinkPermalien 12/18/09 @ 09:40
Commentaire de: Roger Girard [Visiteur] Email
Le blogue du RAEQ accueille aimablement la déclaration de l’AQECR. Afin de poursuivre la réflexion sur les questions soulevées, qu’on me permette de répondre à monsieur Sylvain Fournier.

Vous voulez «dénoncer toute la campagne de désinformation provoquée par cette étude». Vous montrez que vous tenez à ce programme, que vous y croyez fortement. Votre réaction, bien qu’elle se veuille porteuse de réalisme et sans doute aussi de «dialogue», peut elle-même donner dans la désinformation.

Vous reprenez cinq énoncés comme des prémisses erronées. Qu’en est-il au juste?

1. Le texte du programme ne mentionne pas «identité québécoise» mais les nombreuses explications sur le vivre-ensemble et la poursuite du bien commun laissent entrevoir comment il aborde cette question. Ainsi, il montre bien que la Charte québécoise des droits et liberté constitue un noyau dur parmi les repères fondamentaux de la «construction de la culture publique commune» (p.12, version du secondaire). Comme ce qui est exprimé sur les religions s’inscrit le plus souvent en termes de «patrimoine», donc plutôt tourné vers le passé, il ne serait pas étonnant que, dans les divers volets, quand il sera question de ce que nous sommes comme collectivité québécoise, de ce qui fait que nous pouvons être aujourd’hui une société harmonieuse, il sera naturel de considérer la Charte comme la principale composante de la définition de «l’identité québécoise », une définition sans cesse reprise dans l’ensemble de la symbolique sociale . De plus, vous laissez entendre que, dans son étude, Joëlle Quérin aurait pensé une identité québécoise sans la Charte, ce qui n’est pas le cas. Ce qu’elle évoque dans sa conclusion, c’est davantage que la place occupée par la Charte dans le programme fait oublier les autres composantes actuelles de l’identité québécoise, qui ne se réduisent pas au plan normatif, faut-il le rappeler… Le programme signale abondamment la diversité et le pluralisme de notre société, mais est-ce une marque identitaire? Si tel est le cas, cela vient renforcer le rôle de la Charte pour arbitrer les immanquables tensions dans une telle société.

2. L’allégation de la «stratégie d’endoctrinement» touche évidemment une corde sensible chez tout enseignant. Serait-ce possible qu’en réalisant telle ou telle situation d’apprentissage, je mette de l’avant une forme d’endoctrinement? La question est d’autant plus prenante que «l’endoctrineur» n’est pas nécessairement conscient de la chose. Selon des auteurs comme Olivier Reboul, celui qui endoctrine peut agir ainsi par bonne volonté, selon ses convictions sincères, pour aider les autres en leur apportant les bonnes explications ou en leur permettant de vivre des expériences qui les épanouiront : Reboul expliquait en exemple ce qui peut se passer avec les pédagogies non-directives… Dans son affirmation, Joëlle Quérin se base sur le programme et je ne pense pas qu’elle juge que tous les enseignants et enseignantes font nécessairement de l’endoctrinement en ÉCR. Mais, en dépit des belles intentions inscrites dans le programme, elle conclue que ce dernier porte implicitement à développer une manière de penser qui fera accepter le dit «multiculturalisme» comme allant de soi et nécessaire dans notre société. En rappelant que les élèves, dans le programme, sont justement «invités à s’ouvrir à la diversité dans un souci de vivre ensemble» vous venez illustrer la conclusion de l’étude.

3. La question des accommodements est certes plus présente que vous le dites, puisqu’il s’agit de l’aspect le plus médiatisé des questions posées par la diversité au Québec. Je gagerais fort que la majorité des enseignantes et enseignants en ont fait au moins une mention dans leurs cours, sinon un certain développement en abordant l’un ou l’autre des thèmes. L’auteure cite d’ailleurs sur ce sujet le professeur Leroux et le coprésident Gérard Bouchard, pour qui la crise des accommodements ne serait pas posée si le cours ÉCR avait été déjà instauré depuis suffisamment de temps.

4. La ministre de l’Éducation confirme qu’il est nécessaire de réajuster les programmes pour tenir compte des connaissances comme telles. Ce n’est donc pas si clair que le développement des compétences comporte la transmission de connaissances. De plus, l’auteure englobe déjà le volet éthique dans son jugement sur l’omniprésence du multiculturalisme ou du pluralisme. Quant à votre affirmation de la prépondérance du catholicisme et du protestantisme, les déclarations récentes des évêques catholique et de la table protestante de l’éducation expriment que ce n’est pas le cas en pratique, du moins dans le matériel didactique utilisé.

Sur cette question, il serait intéressant de connaître sur quoi est basée l’évaluation que vous ou un de vos collègues remettrez en ce milieu d’année scolaire. Quelle importance sera accordée aux connaissances acquises ou comment sera évaluée cette composante des compétences disciplinaires?

5. L’énoncé ici commenté provient, non de l’auteure, mais d’un participant à une formation sur l’ÉCR. Il s’agit néanmoins d’une idée bien présente dans l’étude et qui appelle un examen attentif, pour tenir compte d’une préoccupation largement exprimée. Contrairement à ce que prétend votre réponse, il ne s’agit toutefois pas simplement d’une question d’égalité quant au temps accordé. Est-ce que je peux avoir des motifs raisonnables de considérer une religion plus valable que les autres, en pensant à moi ou à une collectivité? Est-ce que toutes les religions s’équivalent? Est-ce qu’il est préférable de n’avoir aucune religion? C’est le genre de questions qui jaillissent dans la tête des enfants comme des adultes devant l’éventail des religions. Le programme n’est pas obligé d’y répondre, mais en les passant sous silence, il limite le questionnement sur le rapport des individus à la religion et sur les dynamiques socio-culturelles afférentes. Ce faisant, il maintient la diversité religieuse dans un magma dont aucune intelligibilité ne saurait émerger pour apprécier l’importance qu’un individu ou une société va accorder à une religion particulière. Cela s’apparente à «encourager le relativisme», n’est-ce pas?

Évidemment, votre association ne peut tenir compte d’un enseignant qui émet une opinion à l’encontre du programme ÉCR : vous avez inscrit dans vos règlement que le fait d’être opposé au cours ÉCR constitue un motif d’exclusion de l’AQECR (art. 10.5). Comme quoi tout ce qui est démocratique n’est pas nécessairement tolérant, mais passons… Votre association n’a rien à gagner en se montrant plus à la défense d’un programme que des enseignants et de la qualité de l’éducation. Laissez donc le gouvernement répondre lui-même de ce qu’il a décidé et de ce qu’il a réalisé et tenez compte plutôt des situations que les enseignants et enseignantes vivent réellement. L’étude de Joëlle Quérin, sans être parfaite, pose certaines questions sur le programme actuel ÉCR qui, au-delà de l’écho médiatique, méritent d’être entendues et analysées par les artisans de première ligne que sont les enseignantes et les enseignants.

Roger Girard
PermalinkPermalien 12/18/09 @ 14:18
Commentaire de: Michel THYS [Visiteur] Email · http://michel.thys.over-bmog.org
"Vivre ensemble" ne signifie pas seulement vivre au sein d'autres croyances religieuses. Les agnostiques, les incroyants, les athées sont de plus en plus nombreux dans nos sociétés occidentales. Inexorablement, le temps de la soumission fait place à celui de l'autonomie et de la responsabilité individuelle ...
Or, ni dans le texte de Jean-Pierre PROULX, ni dans le long commentaire de Roger GIRARD, il n'est question de la découverte de l'humanisme laïque, des options laïques, de la spiritualité laïque ! Tout se passe apparemment comme si l'agnosticisme, l'incroyance et l'athéisme étaient des abominations !
Les croyants québécois ne semblent pas avoir compris que la laïcité philosophique, loin de vouloir imposer l'athéisme, prône seulement un système éducatif permettant à chacun de choisir, aussi librement que possible et en connaissance de cause, de croire OU de ne pas croire. Le cours d'ECR en loin hélas, puisqu'au lieu de faire découvrir, objectivement et sans prosélytisme, aussi bien les diverses options religieuses que laïques, il privilégie hypocritement les deux religions traditionnelles du Québec.
Michel THYS
Waterloo, en Belgique.
PermalinkPermalien 12/18/09 @ 15:36
Commentaire de: Roger Girard [Visiteur] Email
@Michel THYS
Je ne vois pas sur quelle partie de mon texte vous vous basez pour dire «tout se passe apparemment comme si l'agnosticisme, l'incroyance et l'athéisme étaient des abominations !». Tout porte à croire que vous chercher uniquement à passer votre message…
En passant, puisque vous en parlez, je trouve que vous portez un jugement trop général et peu fondé sur les «croyants québécois». Pour moi, ceux et celles qui professent la «laïcité philosophique» sont d’ailleurs également des croyants québécois. La question de la «spiritualité laïque» m’intéresse car je cherche un concept de spiritualité pouvant englober toutes les formes de spiritualité, les religieuses comme les laïques.
Roger Girard
PermalinkPermalien 12/18/09 @ 16:49
Commentaire de: sylvain [Visiteur] Email
@Jean-Pierre Proulx

Merci pour cette distinction nécessaire entre "programme" et "manuels"

@Claude Gilbert

Je suis bien conscient de cette discussion autour du matériel didactique en ECR.

Pour le "non-initié" (ce n'est pas péjoratif) la question peut paraître complexe! Je tente donc ici d'éclaircir la situation, pour le secondaire.

1. Le matériel qui suscite la controverse, la plupart du temps: les cahiers d'activités non-autorisés par le MELS.

Ils sont, disons, assez inégaux. On y trouve de bonnes... et de moins bonnes activités! Comme les manuels autorisés ont tardé à venir, ces cahiers ont été de bons vendeurs dans les écoles en 2008. Il faut savoir que plusieurs de ces cahiers ont été conçu avant la publication du programme officiel. L'achat de ces cahiers relève des écoles et est généralement autorisé par les conseils d'établissement. De ce que j'en sais, le MELS et l'AQÉCR n'y peuvent pas grand-chose...

2. Les manuels approuvés, qui font de plus en plus leur apparition dans les écoles.

Au secondaire, avant la rentrée...2009, une seule maison d'édition pouvait offrir ce type de matériel. Aujourd'hui, quelques collections sont heureusement disponibles, surtout au premier cycle.

Ces manuels, sont surtout des outils de références pour les élèves et les enseignants. Il ne faut pas penser qu'ils représenteront littéralement les présentations magistrales des enseignants. Ils seront une ressource utilisée dans la réalisation des SAÉ (voir # 3)

Évidemment, ils devraient refléter au premier coup d'oeil cette prépondérance que l'on doit accordé au catholicisme et au protestantisme. Je n'ai pas fait le calcul des mots consacrés à chacune des religions pour chacun des manuels. Mon travail d'enseignant ne m'a laissé jusqu'à maintenant que peu de temps pour le faire! ;)

3. Les situations d'apprentissage et d'évaluation (SAÉ)

Elles représentent la réalité de ce qui devrait être fait en classe. Si vous voulez savoir si cette prépondérance est vraiment respectée, c'est sur elles que vous devez vous fier.

Malheureusement, elles sont peu accessibles au grand public. Elles se retrouvent généralement dans les guides pédagogiques accompagnant les manuels.

Le MELS en a aussi concocté quelques-unes et les affiche sur la section réservée aux enseignants de son site.

Certains conseillers pédagogiques ont aussi développé une expertise en la matière et en proposent à leurs enseignants.

Certains profs plus expérimentés construisent également leurs propres SAÉ.

À mon avis, ce sont les enseignants qui ont la responsabilité d'appliquer
les prescriptions du programme en choississant les SAÉ appropriées.

À moins qu'elles soient conservées dans un portfolio à l'école, les parents pourront consulter ces SAÉ tout au long de l'année dans le cartable ECR de leurs enfants.

En espérant avoir fait le tour de la question! ;)
PermalinkPermalien 12/18/09 @ 23:23
Commentaire de: Julie de la rivière [Visiteur] Email
A mon humble avis, peu importe la beauté et la pureté de ses intentions, aucun état qui se dit libre et démocratique ne peut imposer une éducation uniformisée à tous les citoyens sans faire des exceptions; surtout pas contre leur volonté. Le contraire serait digne de totalitarisme.

Les enfants du voisin ne sont pas les miens. Tant qu’ils ne souffrent ni d’abus, ni de négligence, personne n’a de pouvoir sur eux sauf leurs parents.

Si la diversité est trop complexe à gérer par l'état, peut-être devrait-elle remettre le pouvoir à ceux qui n'ont pas peur de relever le défi?

Historiquement, chaque fois qu’un état a dévalorisé le rôle des parents pour se substituer à eux, ce fut un échec lamentable.

Pour ce qui est du cours en question, depuis que deux de mes enfants le suivent, je suis constamment obligé de remettre en perspective ce qu’ils y apprennent. Ils m'arrivent avec des idées toutes faites du genre: les hommes autrefois revenaient à la maison et se faisaient servir par leur femme sans jamais lever le petit doigt pour l'aider. Dans l'ancien temps, les hommes étaient des brutes sans regard pour leur femme.
Je dois expliquer, que les hommes dans ce temps la, pour la plupart, travaillait très très fort, tout comme leur femme. Les rôles de chacun étaient clairement définis. La femme n'allait pas non plus bucher le bois de chauffage.

L'autre idée toute faite est celle que les autochtones sont un peuple parfaitement écologique, vivant en harmonie avec la nature et pratiquant l'animisme. J'ai du expliquer que eux aussi avaient des problèmes et que aujourd'hui ils sont presque tous chrétiens, et que leur culture a subit une grande transformation grâce à une éducation morale et religieuse uniformisée et imposée. (Tiens, ca me rappelle quelque chose.)

Le ministère de l’éducation devrait redevenir le ministre de l’instruction et miser sur la transmission de connaissances. Tout programme devrait offrir des balises générales, en laissant la possibilité de l’adapter à la réalité locale.

Bonne journée.
PermalinkPermalien 12/21/09 @ 08:59
Commentaire de: M.Poupore [Visiteur] Email
Les débats et la délibération ont déjà eu lieu.

Tout au long de ce processus démocratique, les décideurs suite à des délibérations ont opté pour ce qui était le plus conforme à l'héritage québécois dans lequel on compte maintenant la Charte. Les décideurs dans le monde scolaire n'ont pas le luxe de débattre du bien ou du mal de cette Charte, c'est leur devoir de prendre en compte cette dimension juridique, la Charte fait partie maintenant de notre ethos collectif. Ceux qui ne sont pas d'accord, perdent leur temps dans l'arène scolaire, c'est un problème d'ordre politique.

Mme De la rivière,

le Programme de formation de l'école québécoise est le reflet de l'évolution de la société québécoise. Les décideurs ne peuvent se fier à une expérience personnelle ou à une opinion. Leur mandat est d'offrir un programme actualisé et conforme à la législation en vigueur.
PermalinkPermalien 12/22/09 @ 10:40
Commentaire de: Julie de la rivière [Visiteur] Email
Les vrais décideurs sont ceux qui décident d'envoyer leurs enfants à l'école chaque matin et ils n'ont participé à aucun processus démocratique sur cette question.

Cette charte n'est pas immuable puisqu'elle a été altérée pour permettre ce cours. Les droits qui protègent la bonne conscience des parents, des enfants ainsi que des enseignants devront être restaurés pour correspondre aux chartes internationales assurant ainsi la liberté qui est due à tout citoyen honnête.

Venant de mon point de vue, vous avez une bien étrange et triste vision d'un monde où les citoyens ordinaires n'ont pas de pouvoir sur leurs institutions et sur ce qui est enseigné à leurs enfants.

Joyeuses fêtes M.Poupore.
PermalinkPermalien 12/22/09 @ 19:00
Commentaire de: M.Poupore [Visiteur] Email
Mme Larivière,

je vous invite à lire l'ensemble de la documentation officielle disponible au Ministère de l'éducation menant à la déconfessonnalisation du système scolaire et à l'implantation du programme actuel. Tout au long de ce processus vous pourrez faire le constat qu'il y a eu plusieurs débats et délibérations, impliquant les intellectuels et la population.

Lorsque je parle de démocratie, c'est à l'ensemble de ces délibérations et débats qui ont pris cours entre 1996-2003 que je réfère et dans le cadre de ces débats la population a été consultée ( le Rapport Proulx).

Dans le cadre de ce processus décisionnel qui a pris place, malheureusement, l'option privilégiée par plusieurs parents, chercheurs, professeurs et étudiants n'a pas été retenue. Toutefois, derrière celle qui a été retenue on retrouve des fondements solides. Je fais partie des étudiants ou intellectuels dont l'option privilégiée n'a pas été retenue, toutefois, j'accepte la décision parce que je crois au processus qui a été mis en place afin d'en arriver à cette décision.

J'aimerais apporter une dernière précision, la Charte à laquelle je réfère est la Charte des Droits de la personne et cette dernière n'a pas été modifiée. Ce à quoi vous référer c'est un amendement à la Constitution canadienne. Ici, je doute que l'on revienne en arrière mais si tel est votre désir, je vous invite à agir dans l'arène politique.

Le Programme et j'ai eu la chance de l'étudier en profondeur, vise justement au respect de la conscience des élèves.

Venant de mon point de vue, les citoyens ordinaires ont eu leur mot à dire et les mécanismes démocratiques mis en place à l'école visent justement à ce que les parents participent et continuent à le faire. On n'a jamais eu un programme scolaire aussi démocratique.

Je vous invite donc à participer.

En attendant Mme Larivière je vous remercie pour votre intérêt et je vous souhaite des belles fêtes!
PermalinkPermalien 12/23/09 @ 08:07
Commentaire de: Claude Gilbert [Visiteur] Email
Mme Poupore, vous dites:

"J'aimerais apporter une dernière précision, la Charte à laquelle je réfère est la Charte des Droits de la personne et cette dernière n'a pas été modifiée."

Cela est faux. La Charte québécoise des droits a bel et bien été modifiée pour permettre l'implantation du cours ECR. C'est arrivé en juin 2005, sans débat à l'Assemblée nationale et sans même appeler un vote nominal des députés: tout pour éviter que la population se rende compte que l'aboutissement du processus "dénmocratique" dont vous parlez était d'enlever aux parents le droit de choisir l'enseignement religieux ou non pour leurs enfants. Pas sûr que si cette modification en catimini et en plein été d'un document quasi-consitutionnel s'était faite au grand jour, cela aurait passé aussi facilement. Ceux qui ont conçu la manoeuvre en étaient fort conscients, selon toute vraisemblance.
PermalinkPermalien 12/23/09 @ 09:06
Commentaire de: Claude Gilbert [Visiteur] Email
Quant à "participer", pourquoi pas? Participer à la contestation sur le plan scolaire et pédagogique avec des intellectuels de toute allégeance philosophique, comme ceux qui ont publié l'ouvrage collectif "Contre la réforme pédagogique" en novembre 2008; avec le professeur en sciences de l'éducation Normand Baillargeon, qui a publié en septembre 2009 "Contre la réforme, la dérive idéologique du système d'éducation québécois"; avec le syndicat qu'est la Fédération Autonome de l'Enseignement qui continue de dénoncer ladite réforme; avec les journalistes en lock-out du Journal de Montréal qui ont rendu compte en août 2009 (sur le site Rue Frontenac) d'un rapport confidentiel du MELS qui reconnaît que les déficiences des finissants de la première cohorte de la "réforme" sont telles qu'il faut prévoir des cours de rattrapage au collégial; avec les représentants de syndicats de professeurs des CEGEPs qui dénoncent ce gâchis. Participer aussi, bonne idée, à la dénonciation de l'ostracisme qui frappe les critiques du "renouveau pédagogique" dans les facultés d'éducation et chez les bonzes du ministère, suivant le témoignage de M. Baillargeon qui est pourtant lui-même un spécialiste reconnu mais non-conformiste (voir l'avant-propos de son livre). N'est-ce pas d'ailleurs édifiant de la part d'apôtres du dialogue et du pluralisme? En tous cas, malgré les objurgations de ceux qui vont répétant comme vous que le "débat a déjà eu lieu", celui-ci se poursuit de plus belle. Que voulez-vous, quand un échec nous pend au bout du nez, on a bien le droit de remettre en question les décisions qui ont été prises. La pédagogie socio-constructiviste des réformateurs a d'abord été essayée en Suisse, oû elle a été abandonnée avant que d'être complètement implantée. Pourquoi ne pas suivre cette inspiration?

Joyeux Noël!
PermalinkPermalien 12/23/09 @ 09:28

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