Note: billet publié en collaboration avec Bertin Desjardins.

Leur TIC de la maison... vers l’école

L’intention de ce billet est «d’initier une réflexion sur la présence des TIC en classe apportée par les élèves».

Comme mentionnés dans le guide des droits sur Internet, nous sommes d’avis que les élèves «...pour devenir compétents dans la société de l’information, les élèves doivent acquérir des compétences relatives à la communication dans les réseaux comme Internet et assumer leurs compétences. » et qu’«...il faut rechercher un usage informé et responsable plutôt qu’une réglementation corporatiste. »1

De plus, lors de son allocution au Colloque RISQ 2011 - École 2.0 et le virage numérique au Québec2 , M. Alain Veilleux mentionne :

  1. que «ces visées devraient permettre de préparer les citoyens de demain à mieux relever les défis auxquels ils devront faire face...»3;
  2. que «L’école n’est pas le seul lieu d’apprentissage...»;
  3. «... et cet apprentissage passe de plus en plus par des contenus numériques...»;
  4. «… l’école québécoise a pour mission d’instruire, de socialiser et de qualifier...», «… quand aux technologies de l’information et de la communication, elles viennent modifier ce qu’instruire veut dire, ce que socialiser veut dire et ce que qualifier veut dire... L’école 2.0 est donc une réponse à ce changement.»;
  5. «... l’école 2.0 se réalisera lorsque nous serons capables de répondre oui à chacune des trois questions que vous voyez apparaître à l’écran :
  1. Est-ce que l’élève et l’enseignant ont accès4 aux TIC?
  2. Est-ce que les enseignants intègrent les TIC de façon pédagogique5?
  3. Est-ce que l’élève, j’oserai dire l’un et l’autre, l’élève et l’enseignant, s’en servent efficacement pour réussir dans notre époque, pour réussir à se préparer comme élève dans notre époque?»
  1. «... il nous faut des équipements de qualité et des contenus adéquats, variés et adaptés et de la formation...».

Si, comme société, nous voulons que nos enfants apprennent à utiliser les TIC adéquatement, c’est-à-dire profiter de leur puissance tout en évitant leurs écueils, l’école d’aujourd’hui doit prendre sa place. Comme nous l’avons déjà publié dans le billet «École numérique», nous croyons que le Québec doit adopter un virage, tant au plan technologique que pédagogique, vers une école numérique ouverte sur la société où l’élève peut recourir à la technologie de son choix, au moment qui lui convient, pour toute activité d’apprentissage et d’évaluation, à l’intérieur comme à l’extérieur des murs de l’école. Car après tout, les compétences du 21e siècle contiennent maintenant des compétences de communication, de collaboration, de littératie numérique, de réseautage social, etc.

Cela implique que différents outils TIC (ordinateur, portable, tablette numérique, baladeur numérique, téléphone intelligent, etc.) soient accessibles dans la classe. Compte tenu de la situation économique du Québec, l’état peut-il être le seul pourvoyeur d’équipement de qualité pour l’ensemble de nos élèves québécois? Peut-on revoir nos pratiques actuelles? Peut-on oser quelque chose de différent?6

Proposition

Un fait demeure, de plus en plus d’élèves possèdent leur propre TIC (portable, mobile, etc.). Pourrait-on laisser les élèves apporter leur propre «TIC de la maison» pour les utiliser à l’école dans un environnement pédagogique et sécuritaire?

Implications

Les TIC sont puissantes, donc elles peuvent aider à résoudre des problèmes (référence au programme de formation), mais aussi en causer. Il est donc de mise de se poser la question: Quels en seront les implications pédagogiques et techniques de laisser les élèves apporter et utiliser leurs propres TIC?

  1. Pédagogique :
  1. Former et accompagner le personnel enseignant afin qu’il puisse exploiter couramment les TIC d’un point de vue pédagogique, didactique et professionnel;
  2. former continuellement les enseignants (d’une mise à niveau souhaitée en éducation et particulièrement avec les outils du web 2.0);
  3. former et accompagner les conseillers pédagogiques à l’utilisation des TIC (les TIC doivent faire partie intégrante de leur intervention pédagogique auprès des enseignants (conseiller technopédagogique orientant) et mettre en évidence comment les élèves peuvent mobiliser les TIC pour mieux apprendre);
  4. remettre le choix de l’outil technologique tant aux apprenants qu’aux pédagogues;
  5. implantation progressive au lieu d’une imposition mur à mur, débuter avec des écoles ayant un profil d’enseignants TIC;
  6. l’intégration des TIC devrait être incluse dans le plan de réussite de l’école;
  7. inclure les aspects éthiques et légales dans le code de vie de l’école;
  8. mettre en place des politiques d’utilisation des ressources TIC7;
  9. éduquer les élèves à l’utilisation du Web 2.0;
  10. former les directeurs d’école afin qu’ils soient de vrais leaders technopédagogues orientants;
  11. impliquer les parents pour l’éducation TIC de leur enfant;
  12. etc.
  1. Technique :
  1. Accès à Internet sans fil, partout, tout le temps;
  2. la bande passante devra être au rendez-vous;
  3. aménagement des locaux dans l’école (rangement et prises électriques);
  4. aménagement de «stations de recharge» (chaises et prises électriques) dans l’école;
  5. code de vie de l’école mentionnant que :
  1. certains outils TIC doivent être munis d’anti-virus et système d’exploitation à jour;
  2. le réseau sans fil Internet de l’école n’est pas responsable des problèmes et dommages qu’il peut causer aux outils TIC des élèves;
  3. etc.
  1. etc.

Une implication, sociale elle, concerne les élèves «pauvres» versus les élèves «riches». Nous croyons que ce problème existe déjà, les pauvres n’ont pas accès aux TIC, ni à la maison, ni à l’école. Comme notre proposition est de laisser les «TIC de la maison» entrer à l’école, non pas que l’état cesse tout investissement dans les TIC, les élèves de milieux défavorisés auraient au moins accès à des TIC à l’école.

Les coûts

Nous vous entendons compter les sommes d’argent en bande passante qu’une telle mesure pourrait coûter. Pourquoi ne pas tenter de faire autrement?

Les parents paient déjà un montant pour les photocopies et autres en début d’année, pourquoi ne pas prendre une partie de cette somme et la transférer pour augmenter la présence ou la qualité du lien Internet, tout en diminuant les feuilles photocopiées qui ne sont pas toujours essentielles? Même que comme parents, nous sommes prêts à payer un peu plus pour que nos enfants utilisent pédagogiquement leurs appareils wifi en classe.

Les sommes épargnées en réparation des appareils (souris, clavier, etc.) malmenés par des élèves qui ne font attention que si la TIC leur appartient, pourraient servir aussi à payer cette augmentation en bande passante.

Il existe d’autres solutions pour absorber cette augmentation, le tout est de prioriser.

Pas si simple?

Le choix de laisser les élèves apporter leur TIC de la maison aurait plusieurs implications. Mais on peut aussi se demander quelles seront les implications si on laisse se creuser l’écart entre les «TIC dans la société» et les «TIC à l’école»?

La parole est à vous.

[1] Guide pour gérer les aspects juridiques du Web 2.0 en milieu scolaire (juin 2011) Pages 4 et 5.

[2] http://youtu.be/sp9nYWAMYB4

[3] Programme de formation de l’école québécoise

[4] Accessibilité à des ressources TIC et à du contenu numérique de qualité.

[5] Offrir des environnements pédagogiques et sécuritaires à nos élèves.

[6] Wifi et iPod Touch à l'école?

[7] Proposition d’une politique d’utilisation des blogues