Deux événements m'ont fait quelque peu réfléchir ces dernières semaines. D'abord la rencontre nationale des Récit (fin octobre), puis notre rencontre Outaouaise des animateurs Récit.

En lisant le compte rendu sur le site central du Récit, je me suis dit que ça allait vraiment bien dans la province de Québec au niveau de l'intégration des technologies en salle de classe, car on n'y lit que du positif. Il n'y est fait aucune mention de quelques préoccupations émises en grand groupe.

1 - Le lien Récit-Grics (soulevé par moi : je trouve en effet contradictoire qu'on nous dise "matures " et que d'un autre côté on nous laisse entendre que sans la Grics, nous ne saurions pas quoi faire...);
2 - Le côté très "en retard" des universités au regard de la formation initiale des maîtres (soulevé aussi par moi);
3 - Le fait de ne pas associer un projet-école TIC aux 30 millions qui devraient arriver dans nos cs l'an prochain (soulevé par un collègue).

Tant qu'on ne mettra pas sur la table les difficultés d'une intégration scolaire des TIC, tant qu'on s'enfouira la tête dans sable et qu'on ne se relèvera pas les manches pour contrer et résoudre ces difficultés, on passera à côté de notre véritable mission. Il est bien sûr important de reconnaître les bons coups que nous faisons, mais il est surtout primordial de travailler ensemble à améliorer et pallier nos immenses faiblesses.

Une semaine plus tard, réunion régionale. Notre représentant de la table des directeurs pédagogiques dépose un rapport intitulé : «Stratégie régionale de développement des technologies de l'information et des communications en éducation (Outaouais)». Ce rapport avait été commandé (en 2005, je crois) par la table régionale des directeurs généraux des commissions scolaires. Il contient 19 propositions réparties en 4 grandes catégories : recommandations s'adressant aux DG, aux DSI, au DSÉ et au regard de la formation. Je ne veux pas discuter ici des recommandations qui sont, ma foi, logiques et un peu évidentes. Je m'intéresse plutôt à ce qu'on en fera, de ce rapport!

En effet, il semble bien que personne ne veut prendre le leadership en ce qui concerne l'application des recommandations. Je suis intervenu en posant quelques questions. Si le rapport aboutit sur NOTRE TABLE, doit-on faire comme les autres tables régionales en faisant comme si ce n'était pas NOTRE affaire? N'est-ce pas à nous, animateur du RÉCIT de s'assurer que l'intégration des TIC se réalisent dans nos écoles? Ce rapport n'est-il pas là pour venir appuyer ce mandat?

À ce moment-là, un membre de la table me lança : -Gilles, je sais que tu vas réagir, mais sais-tu ce qu'un prof m'a demandé comme formation récemment?
- Vas-y.
- Il m'a demandé une formation pour passer de WordPerfect à Word...
- Ne t'en fais pas, je ne crierai pas au scandale. Je ne juge absolument pas cet enseignant. Car, vois-tu, ce n'est pas lui, le problème, c'est nous. C'est nous qui sommes responsables de la formation des enseignants et plus de 12 ans après le plan Marois, avec tous les efforts que nous avons déployés, voilà où nous en sommes. Je le répète, le problème, ce n'est pas le prof. C'est vraiment nous. Ce sont NOS formations qui ne fonctionnement vraiment pas. Faudrait peut-être qu'on finisse par admettre qu'elles sont un échec presque total. Ne serait-ce pas à nous de nous prendre en main et de tenter collectivement de résoudre le problème qui est, ma foi, extrêmement complexe? Avec ce rapport régional, nous avons un outil pour mettre les intervenants ensemble pour trouver des solutions. Vraiment ENSEMBLE et non chacun dans son silo de compétences. Ne serait-ce pas le rôle du RÉCIT d'animer et de s'assurer d'en trouver des solutions? D'ailleurs, le rapport indique bien la complexité de la chose, car il s'adresse à quatre instances différentes. Moi, je crois que c'est fini le temps où on peut faire sa petite affaire chacun de son bord. Je le répète, il faut absolument TRAVAILLER ensemble, à une MÊME table et avec un projet de sens, Il faut se poser les bonnes questions et articuler des réponses et des stratégies pour actualiser des solutions.

Nous sommes passés à d'autres sujets à l'ordre du jour, et une heure plus tard, la réunion prit fin.

Qu'arrivera-t-il de tout cela? Probablement rien. Car, voyez-vous, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.