Je ne sais plus qui chante cette chanson. Pour ceux qui connaissent la suite, je ne peux toutefois pas dire: "c'est tout ce que je demandeeeeee..." Non. Je me pose des questions.

Je reviens d'une visite à la commission scolaire Eastern Townships. Depuis 2003, chaque élève a un portable qui lui est prêté par la CS de septembre à juin. Seuls les élèves du deuxième cycle du primaire jusqu'à la fin du secondaire sont touchés. L'offre généreuse n'est pas étendue aux grands de la maternelle et du premier cycle du primaire.

Si vous voulez des références, allez voir sur le site officiel de la CS: http://www.etsb.qc.ca Il y a aussi une liasse de clips sur YouTube pour compléter.

Or... un portable par enfant...

Dans une CS comme celle pour laquelle je travaille (CSPI), j'ai fait le calcul grossièrement: 16 millions pour la première année. À ce prix, on a un portable par enfant (3e primaire à 5e secondaire) et un portable par prof. On ajoute des périphériques à gauche et à droite comme des projecteurs multimédias, des microphones, des haut-parleurs et des appareils photo numériques. On ne parle pas encore de Wi-Fi, de système d'exploitation, de logiciels ou de filage électrique. Bon... c'est drôle de jouer avec de tels chiffres pour un conseiller pédagogique. C'est juste à côté de mon champ d'expertise.

En réfléchissant avec ma collègue Nadine Martel-Octeau, on a décidé de faire semblant qu'un gros magot de 8 millions était à la disposition de la CSPI. La moitié du 16 millions imaginaires de plus tôt. On fait quoi? On pense aux logiciels libres? Même pas! Bien qu'ils fassent inévitablement partie de l'équation, Nadine et moi croyons que notre rôle se situe ailleurs. Voici un brin de nos réflexions:

  • 8 millions, c'est assez pour financer des projets issus des milieux
    nous pourrions mettre nos efforts à baliser pédagogiquement l'appel de projets issus des milieux

  • Qu'est-ce qu'un portable par enfant change au métier d'enseignant?
  • Qu'est-ce qu’un portable par enfant change au métier d'élève?
  • Quelle part accorder aux outils d'enseignement?
  • Quelle part accorder aux outils d'apprentissage?
  • À quel point un portable par enfant permet-il de suivre le programme?
  • À quel point un portable par enfant permet-il de favoriser la réussite du plus grand nombre?
  • À quel point un portable par enfant permet-il de favoriser la formation continue chez les enseignants?
  • À quel point un portable par enfant permet-il de faire de la place à la communauté locale en classe?
  • L’ordinateur fournit-il nécessairement l'environnement idéal au développement et à la mobilisation des compétences disciplinaires et transversales?
  • Faut-il absolument un portable par enfant ou y a-t-il d'autres configurations selon certains milieux, domaines disciplinaires, clientèles, saison, etc.?
  • Comment organise-t-on la planification annuelle du service local du RÉCIT en fonction des projets issus des milieux?
  • Quel soutien pédagogique offrir aux profs? Aux CP des écoles? Aux directions? et le soutien technique?
  • Ce billet est le premier d'une série. Vous pouvez poursuivre en lisant le billet "Je t'attendais" qui décrit brièvement ma visite dans une école primaire.