Pour une réflexion sur le TBI
À la suite de mon billet intitulé, “Aux abris! Les TBI sont parmi nous”, où je lançais un appel à une réflexion sur l’utilisation du TBI, je crois maintenant important de présenter quelques orientations afin que nous ayons des échanges constructifs sur le sujet. Il s’agit en fait de grands principes qui je crois, doivent guider notre réflexion sur l’utilisation du tableau interactif.

1- Intégrer le TBI dans nos pratiques
Comment comprendre l’intérêt d’une technologie sans y avoir recours nous-mêmes dans notre travail lorsque c’est nécessaire, pour réaliser une tempête d’idées par exemple? Lors de la formation à Duschenay, j’ai trouvé rafraîchissant de voir des personnes ressources du RÉCIT réfléchir debout devant un tableau plutôt que devant des écrans de portable. J’ai cru entendre quelqu’un souligner que nous pensons différemment debout.

2- Intégrer le TBI à notre discours
Nous devons parler du TBI en termes pédagogiques pour répondre à des besoins pédagogiques avant tout. Pour l’instant, nous parlons beaucoup de technologie et de prix. J’ai eu un réel échange pédagogique en discutant avec mes collègues, Alexandre Lanoix et Marianne Giguère, à propos de lecture de cartes et de croquis de géographie par exemple, ou lors d’une conversation avec Nathalie Frigon sur la taxonomie de Bloom. L’intérêt pédagogique du tableau était alors plus clair.

3- Intégrer le TBI dans nos formations
Lorsqu’il est disponible, nous devons utiliser le TBI dans nos formations. Pour l’instant, je peux affirmer sans me tromper que nous l’utilisons beaucoup comme projecteur. Accompagner un bon conseil d’un mauvais exemple n’est certainement pas dans la culture du RÉCIT.

4- L’intégrer dans un paradigme d’apprentissage et d’enseignement
Le TBI a été rapidement classé comme outil d’enseignement... mais que savons-nous réellement de son utilisation pédagogique en classe en enseignement magistral? À ce sujet, rappelons que le mandat du RÉCIT précise que nous devons former les enseignants à “utiliser efficacement les TIC à des fins d’enseignement et d’apprentissage dans les différentes disciplines”. Soulignons que je partage l’avis qu’il sera difficile d’amener les enseignants à utiliser le TBI comme un outil d’apprentissage. Mais n’est-ce pas ce que nous tentons de faire depuis 10 ans au RÉCIT, convaincre que l’élève doit utiliser les technologies pour développer ses compétences?

5- L’intégrer dans une vision globale d’utilisation des technologies
Il nous faut voir le TBI comme un outil supplémentaire mis à la disposition de l’enseignant, qui peut l’utiliser en complémentarité avec d’autres outils TIC et comme soutien d’une démarche pédagogique. Il faut faire en sorte que le TBI contribue à une utilisation des TIC par l’élève, une utilisation non seulement du TBI, mais de tous les outils qui sont à sa disposition. Toutes propositions d’utilisation du TBI devraient être accompagnées d’un travail de l’élève à l’ordinateur. Par exemple, si le TBI est utilisé pour travailler sur le plan de la ville de Paris, pourquoi ne pas prolonger naturellement l’activité vers une utilisation au laboratoire de Google maps par l’élève?

6- L’intégrer avec un esprit critique
Gardons en tête que le TBI n’est pas un outil révolutionnaire. Il est un moyen technologique supplémentaire au service de l’enseignement et de l’apprentissage à l’école. Comme nous le faisons pour tous les autres moyens technologiques, soyons critiques face à son utilisation en classe et assurons-nous que les écoles en fassent l’achat pour les bonnes raisons. Enfin, soyons vigilants dans le choix des activités que nous diffuserons. Au service national du RÉCIT de l’univers social, nous avons pris la décision de travailler sur des techniques historiques et géographiques ou sur des démarches pédagogiques accompagnées d’exemples afin de faire en sorte qu’il n’y ait pas de mauvaises interprétations de notre vision de l’utilisation pédagogique du TBI.

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Je crois que si nous gardons en tête ces grandes orientations, nous pourrons certainement en arriver à échanger de façon constructive sur le TBI. Ces échanges nous permettront d’accompagner les enseignants, et les élèves, dans leur appropriation de l’outil. Nous avons la chance au RÉCIT de compter sur un réseau multitâche. Profitons de la contribution de tous pour avancer dans le dossier. Je vous laisse, j’ai un atelier sur le Web 2.0 à préparer, un dossier tout aussi important.