Voici un excellent résumé trouvé à l'Université Paris Descartes.
Gilles Jobin

Paradigme d'enseignement
Pratiques instructivistes
(paradigme de transmission)
Paradigme d'apprentissage
Pratiques constructivistes
(paradigme de transaction)
  • L'apprenant est au coeur du dispositif.
Logique sous-jacente
  • Le paradigme d’enseignement est dominé par la logique d’égalité (principes d’universalité et de rationalité).
Rôle de l'enseignant
  • L'enseignant est un expert qui transmet et institutionnalise des savoirs et des connaissances. Il dirige les exercices et sanctionne par les notes.
  • L'enseignant est un expert, mais aussi un médiateur entre le savoir et l'apprenant, un guide, un animateur et créateur de situations et d'activités. Parfois un apprenant. C'est un facilitateur des apprentissages.
  • Les rôles de l'enseignant peuvent se distribuer entre plusieurs personnes (enseignant-auteur de ressources, enseignant-concepteur-scénariste du cours, tuteur chargé des interactions avec l'apprenant)
Rôle de l'apprenant
  • L'apprenant est une personne qui écoute, enregistre, reproduit, imite, restitue, corrige. Récepteur plus ou moins passif, en situation d'interpellation.
  • L'apprenant est un constructeur investigateur, un coopérateur actif, un acteur à part entière de sa formation. Parfois un expert.
Relation enseignant-apprenant
  • Relation hiérarchique
  • Relations didactiques de l'enseignant vers l'apprenant.
  • Relation de soutien
  • Relations interactives.
  • Enseignants et apprennants apprennent ensemble (dynamique commune d'apprentissage).
Relation apprenant-apprenant
  • Individualisme.
  • Relations de compétitions.
Modèle social
  • Salle de classe.
    Apprenants comme récipiendaires de connaissances transmises .
  • Communauté, sens de l'appartenance.
    Personnes qui agissent sur leur propre environnement et n'en sont pas seulement dépendants. Développement de l'autonomie, métacognition et réflexion critique.
Conception de l'enseignement
  • Acquisition de connaissances.
  • Développement d'automatismes.
  • Mémorisation.
  • Enseignement centré sur l'apprentissage de l'apprenant.
  • Développement de compétences.
Organisation de l'enseignement
  • Organisation pilotée par l'exposé des connaissances.
Conception de l'apprentissage
  • Accumulation d'informations et de savoirs, associations de connaissances.
  • Les connaissances sont acquises sans lien avec leur contexte prévisible de réutilisation.
  • Apprendre relève d’un processus de construction : les apprenants construisent leurs connaissances à partir des questions qu'ils se posent, à partir de l'interprétation et de la compréhension constamment renouvelées qui s'élaborent à partir de leurs représentations antérieures.
  • Les connaissances sont construites prioritairement à partir des contextes (professionnels) authentiques.
  • Les apprenants traitent activement l'information à l'occasion d'activités de recherche, d'analyse critique, de résolution de problèmes, de conduite de projets.
  • Transformation de l'information en connaissance et sens.
  • Dynamique interactive.
Fondement cognitif
  • Accumulation basée sur l'information précédemment acquise.
  • Interprétation basée sur les pré-connaissances et les croyances.
Conception du savoir
  • Une vérité statique qui peut être acquise une fois pour toute, indépendamment de l'apprenant.
  • Un processus dynamique qui évolue dans le temps et dans une culture donnée.
Preuve de réussite
  • La quantité d'informations retenues ou de connaissances acquises.
  • La transférabilité des apprentissages.
  • La qualité de la compréhension et de la construction de connaissances.
Evaluation
  • L'évaluation est effectuée en référence aux connaissances acquises et vise à contrôler l’assimilation correcte du savoir.
  • L'enseignement, l'apprentissage et l'évaluation sont séparés.
  • L'évaluation privilégie l'obtention de la bonne réponse.
  • L'erreur est une faute (à la charge de l'élève) qui est sanctionnée.
  • Les apprentissages sont mesurés indirectement grâce à des tests plus ou moins standardisés.
  • L'évaluation est effectuée en référence aux compétences développées, pour promouvoir et diagnostiquer les apprentissages.
  • L'évaluation est imbriquée dans les activités d'enseignement et d'apprentissage.
  • L'évaluation se préoccupe autant du processus que du résultat et exploite les erreurs pour développer les apprentissages.
  • Les apprentissages sont appréciés directement à partir de performances, de projets réalisés, de travaux personnels, de portfolios.
Organisation du contenu pédagogique
  • Archétype rationnel.
  • Construction du contenu du cours en réseau arborescent (table des matières) où le traitement

    chronologique et la compréhension unique d’un élément de savoir sont privilégiés.

  • Structuration séquentielle, linéaire et rationnelle
  • Archétype relationnel.
  • Structure en réseau complexe basé sur l’interrelation et la circulation entre les éléments de savoirs
  • Parcours pluriel, non linéaire (type site web) où le concepteur du cours développe des relations entre différents éléments et niveaux de savoir afin de favoriser la compréhension de la connaissance à acquérir tout en permettant à l’apprenant d’exercer ses propres relations avec cette connaissance.
  • Structuration « méta –relationnelle » et buissonnante (réseau non-séquentiel et non-linéaire).
  • Usage de l'hypertexte pour naviguer et des mots-clés pour rechercher des informations par associations d’idées.
Type de ressource produite
  • Ressource "enseignante" (type "exposé" ou "polycopié") : chapitres successifs dans une discipline. Ressources axées sur l'acquisition de connaissances en contexte général et pouvant conduire à des applications.
  • Ressource "apprenante" (type "module en ligne") : activités transversales et connaissances associées. Ressources orientées sur l'acquisition de compétences en situation, alimentées par des connaissances et s'appuyant sur des activités.
Epistémologie
(Théorie de la connaissance et de sa validité)
  • Déterministe.
  • Basée sur une élaboration puis une construction déductive des savoirs linéaires considérant la somme des parties comme équivalente au tout.
  • Non-déterministe.
  • Favorise des raisonnements non-linéaires.