La pratique réflexive: réseau ouvert ou fermé?

Février 1st, 2007

Paragraphe tiré de la section "Sens de la compétence" en lien avec la compétence professionnelle à Intégrer les technologies de l’information et des communications aux fins de préparation et de pilotage d’activités d’enseignement-apprentissage, de gestion de l’enseignement et de développement professionnel.

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L’intégration des TIC à l’école sollicite des compétences particulières de la part du personnel enseignant. En effet, cette intégration ne peut faire l'économie d'une familiarisation avec les réseaux, d’une maîtrise des outils de production et de communication
qu'ils comportent et de leurs possibilités au regard de l’apprentissage des élèves, des stratégies et de la gestion de l’enseignement ainsi que du développement professionnel. Elle nécessite aussi de nouveaux comportements et de nouvelles attitudes :
- rechercher de l’information pour comprendre et résoudre une situation,
- partager de l’information,
- s’ouvrir à d’autres façons de faire,
- avoir un regard critique,
- exposer ses pratiques pédagogiques publiquement, etc.

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Le dernier point me laisse un peu sceptique! Que signifie exposer ses pratiques pédagogiques publiquement? Publier ses plans de cours, ses planification, ses cours, etc.? Peut-être... Publier ouvertement sa pratique réflexive pour favoriser la discussion pédagogique, je ne sais pas... Ma pudeur m'amène à apporter des réserves. Ce pourrait être intéressant de provoquer le dialogue pédagogique, mais en tant qu'ancien enseignant d'informatique au secondaire, j'ai comme reflexe d'inhiber ma pensée de peur de prêter flanc à une utilisation négative de mes réflexions par les élèves, les parents, et peut-être même par la direction d'établissement. Il arrive régulièrement de se faire citer hors contexte.

La pratique réflexive doit s'exercer dans un climat d'acceptation de l'autre et de confiance. Ainsi, je préconiserais beaucoup plus un réseau fermé où je pourrais m'exprimer en toute confiance. Par contre, il existe des endroits où la pratique réflexive ne semble pas pauser problème au personnel enseignant, comme ici et .

Qu'en pensez-vous?

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4 février 2007: Mise à jour:

Je suis tombé sur le Cyberfolio d'Olier Raby ce matin.

Bien que je déplore que le département d'éducation de l'Université de Sherbrooke utilise le nom de Cyberfolio (nom déjà utilisé bien avant pour un outil formidable!), j'apprécie beaucoup le fait qu'ils aient utilisés un gestionnaire de contenu comme SPIP pour favoriser l'émergence la pratique réflexive en contexte socio-constructiviste des futurs maîtres!

Ceci est donc une autre preuve qu'il est possible de réfléchir dans un réseau ouvert. J'espère par contre que cette pratique sera assez ancré pour se poursuivre lorsque ces étudiants seront sur le marché du travail.

Le développement de la compétence professionnelle TIC et la formation continue (bis)

Janvier 31st, 2007

Je poursuis ici ma réflexion entreprise ce matin sur le développement de la compétence professionnelle TIC et la formation continue.

À la fin de chaque compétence, il est possible de connaître le niveau de maîtrise attendu au terme de la formation initiale.

Pour ce qui est de la compétence TIC, il est écrit:

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Au terme de la formation initiale, l'’étudiante ou l’'étudiant doit être en mesure :

......

d’utiliser efficacement les possibilités des TIC pour les différentes facettes de son activité intellectuelle et professionnelle : communication, recherche et traitement de données, évaluation, interaction avec des collègues ou des experts, etc.;

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Ainsi, l'indicateur pour évaluer la capacité du futur enseignant à "s'insérer dans des réseaux d'enseignants qui partagent leur expertise, d’y apporter leur contribution et de tirer le meilleur profit de l’information qu'ils y trouvent." permet d'affirmer si oui ou non l'étudiant en formation initiale est en mesure d'utiliser les TIC pour développer ses compétences professionnelles dans un contexte de télécollaboration. Mais, comment cumuler des traces tangibles prouvant que les étudiants sont en mesure de le faire, pendant et après la formation initiale?

J'imagine que l'université a mis en place des outils pour qu'ils puissent télécollaborer dans le cadre normal du baccalauréat. Mais, qu'en est-il des outils de télécollaboration lorsqu'ils sont devenus des enseignantes et enseignants et qu'ils ont enclenché un processus de formation continue?

Petite anecdote!

Il y a trois ans, j'assistais à une communication à l'Université Laval dans le cadre du Colloque captic. La responsable des stages présentait un portfolio numérique que les étudiants utilisaient pour faire de l'analyse réflexive de leur pratique. Outil particulièrement intéressant s'il en est un. Par contre, à la fin de la communication, j'ai interpellé la dame en lui rappelant que les compétences se développaient dans le temps. Je voulais tout simplement lui faire observer que ses étudiants n'auraient plus accès à l'outil lorsqu'ils seraient sur le marché du travail. Qu'un outil comme un portfolio numérique faciliterait le travail de bien des conseillers pédagogiques qui, au lieu d'être redondant en donnant des formations sur le renouveau pédagogique, pourraient beaucoup mieux rentabiliser leurs actions et pratiquer plus adéquatement un accompagnement efficace et efficient. Ce fut une fin de non recevoir. Elle a fermé la porte à une belle collaboration entre l'université et les commissions scolaires.

Je trouve déplorable une telle réaction. Imaginez le potentiel d'un tel outil pour le développement des compétences professionnelles dans une perspective socio-constructiviste. Une belle occasion raté à cause de considérations corporatistes.

Remarquez que je ne lui en veux pas. Je comprends son attitude; j'en ferais peut être autant dans sa situation.

M'enfin!

Alors, voici ma question:

Un portfolio numérique professionnel ne serait-il pas un outil intéressant, non pas pour évaluer les enseignants, mais pour favoriser l'émergence de la pratique réflexive chez les enseignants et faciliter l'accompagnement dans une perspective socio-constructiviste?

Le développement de la compétence professionnelle TIC et la formation continue

Janvier 31st, 2007

Si l'on prend le temps de lire la composante suivante,
Utiliser efficacement les TIC pour se constituer des réseaux d'échange et de formation continue concernant son propre domaine d'enseignement et sa pratique pédagogique, il est écrit:

"Il y a tout lieu de croire en effet que l’aspect « communication » des TIC a jusqu’ici été largement sous-utilisé par rapport à l’aspect « information » (Aubé 1999). Pourtant, elles permettent d’exploiter ce que l’on appelle désormais l'« intelligence collective ou distribuée », en mettant en synergie le travail et la réflexion d’une multitude de personnes préoccupées des mêmes thèmes, mais situées dans des lieux physiques éloignés. Ces communautés virtuelles en émergence ont de bonnes chances d’offrir dans les prochaines années quelques-uns des lieux les plus féconds de ressourcement intellectuel et de formation continue. Ces pratiques collaboratives imprègnent de plus en plus la communauté scientifique, tandis que de nouveaux logiciels sont mis au point pour favoriser cette coopération. Il devient donc essentiel que les enseignants et les enseignantes soient en mesure, autant du côté de la formation initiale que de celui de la formation continue, de s'insérer dans des réseaux d'enseignants qui partagent leur expertise, d’y apporter leur contribution et de tirer le meilleur profit de l’information qu'ils y trouvent."

Questions:
1. Est-ce qu'il existe des communautés virtuelles en émergence, des réseaux d'enseignants qui partagent leur expertise au Québec qui proposent le ressourcement intellectuel et la formation continue?
2. Si ces communautés existent, y a-t-il plus de participants auteurs que de consommateurs de contenu?
3. Est-ce que la communauté scientifique participe à ces communautés virtuelles, à ces réseaux d'enseignants?
4. Existe-t-il des exemples de logiciels qui favorisent cette coopération?
5. Enfin! Ces réseaux sont-ils fermés sur leur communauté ou sont-ils ouverts?

Bien des questions! J'espère recevoir quelques réponses...

Bizarre!

Janvier 30th, 2007

Il est drôle parfois de se voir cité hors contexte!

C'est ce qui m'est arrivé dans cet éditorial.

Dans ce billet, je voulais tout simplement évoqué qu'il fallait avoir une approche systémique lorsque l'on veut implanter les TIC dans une école.
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"Martin Bérubé, animateur au service local du RÉCIT à la commission scolaire Kamouraska - Rivière-du-Loup, confirme : « les outils sont proposés sans même que le personnel enseignant ait pris le temps d’analyser le potentiel pédagogique »."
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Je dénonçais le fait que certaines administrations scolaires croient qu'il suffit d'acheter un logiciel, un ordinateur ou un périphérique quelconque pour que les enseignants perçoivent implicitement le caractère pédagogique de l'outil. Je dis que cette croyance relève de la pensée magique.

En principe, lorsque l'on pense utiliser un outil en lien avec les TIC, il faudrait appliquer la règle des 33%:
- 33% du budget pour acheter la quincaillerie (hardware)
- 33% du budget pour acheter les logiciels (software! Par contre, il y aurait des économies à faire si l'on regardait du côté du logiciel libre!)
- 33% du budget pour la formation du personnel enseignant.

C'est malheureusement le dernier 33% qui est sacrifié dans l'acquisition de matériel informatique.

Il m'arrive de penser parfois que le silence est d'or!

Le caractère implicite du développement des compétences professionnelles

Janvier 23rd, 2007

On le sait, on se l'est fait dire et on le repète, une compétence, ça se développe dans le temps.

En 2001, le MELS produisait un document identfiant les 12 compétences professionnelles . En principe, les nouveaux enseignants devraient avoir développés les 12 compétences professionnelles dans le cadre du baccalauréat en enseignement.

En principe toujours, ils auraient dû développer la compétence professionnelle d'intégrer les technologies de l'information et des communications aux fins de préparation et de pilotage d'activités d'enseignement-apprentissage, de gestion de l'enseignement et de développement professionnelle.

En septempbre 2006, Karsenti et alii. produisaient une étude intitulée "Les futurs enseignants du Québec et la compétence professionnelle à intégrer les TIC dans l'enseignement: Synthèse des résultats d'une enquête panquébécoise.

En voici les principaux résultats:
1. De futurs enseignants bien plus branchés que la population en général
2. Des habiletés fortes dans les logiciels de base; des habiletés à développer dans des logiciels plus spécifiques
3. Une incursion toujours difficile des TIC dans l'enseignement
4. Un bon esprit critique face aux TIC dans la société
5. Un usage accru du corriel; un désintéressement face à d'autres outils
6. Une forte utilisation des TIC pour rechercher de l'information et résoudre des problèmes
7. Le Web: pour le développement professionnel?
8. Le difficile arrimage des TIC au contexte d'enseignement

Comme nous pouvons le constater, bien qu'il s'agisse d'une compétence développée dans le cadre du baccalauréat, il semble qu'elle ne soit pas développée complètement!

Alors, qu'est-ce qui empêche de poursuivre le développement de cette compétence professionnelle en formation continue? De quels moyens disposent les nouveaux enseignants de poursuivre le développement de cette compétence? Pourquoi doit-elle se développer implicitement selon le bon vouloir de l'enseignant?

Et si le fameux schéma dérangeant de Pierre Lachance était la finalité de cette compétence. Est-ce que le fait de développer la compétence professionnelle faciliterait l'apparition du "Networked teacher"? Je pense que oui!

Lorsque je parlais dans le billet sur la replication d'être explicite dans nos intentions lorsque nous donnons une formation comme animateur et animatrice du service local du RÉCIT de notre commission scolaire, je faisais référence qu'il faut explicitement nommé la compétence et les composantes que nous entendons développer.

Doit-on attendre que quelqu'un d'autre le fasse à notre place?

Alors soyons explicites! C'est pour cette raison que je fais la proposition suivante: Que soit enchassé dans le mandat No 1 du RÉCIT, le point suivant: Informer, former et accompagner le personnel enseignant dans le développement de la compétence professionnelle à intégrer les technologies de l'information et des communications aux fins de préparation et de pilotage d'activités d'enseignement-apprentissage, de gestion de l'enseignement et de développement professionnelle.

Est-ce qu'il y a quelqu'un dans le réseau du RÉCIT qui seconde ma proposition?

Les conditions gagnantes!

Janvier 20th, 2007

Quelles sont les conditions gagnantes qui faciliterait le l'intégration des TIC en pédagogie?

Dans mon dernier billet, je questionnais l'impact du modèle en tant que formateur. J'ai essayé d'illustrer les dérives possibles que peut engendrer une telle approche.

Dans ce billet, je vais tenter d'identifier les prémisses importantes à mettre en place avant même de former le personnel enseignant.

1. Une gestion éclairée:

Nous serions porté à croire que la prémisse initiale serait d'avoir accès à la technologie, et comme le disait si bien Michel Arcouet, "et que celle-ci fonctionne!" C'est en partie vrai, mais selon moi, c'est une erreur. L'approche technologique met l'emphase sur l'outil avant l'humain. C'est selon moi un cul-de-sac. Ce n'est pas l'ustensile (l'outil) qui doit avoir préséance sur l'apprentissage. L'outil est là pour faciliter, pas pour encarcaner. Par contre, les ustensiles doivent être facilement accessible.

Je préconise plutôt une approche systémique. Il y a beaucoup trop d'intervenants dans le dossier pour laisser les choses à la légère. Ça prend un leader qui croit dans le potentiel pédagogique qu'offre les TIC. Et c'est au directeur de l'établissement qu'incombe cette responsabilité; il doit exercer son rôle de leader. C'est lui qui devra démontrer au personnel enseignant que l'intégration des technologies offrira une plus-value dans le développement des compétences des élèves; et que ce n'est surtout pas une mode. Sinon, le personnel enseignant percevra l'implantation de la technologie comme un surplus de travail.

Le leader éclairé doit croire dans le socio-constructivisme et la culture de réseau. Ce leader, c'est le directeur de l'école, et non les gestionnaires de la commission scolaire. Une directive provenant du haut de la pyramide organisationnelle est bien souvent perçue comme une ingérance dans la vie de l'école; ce qui n'est pas positif. La commission scolaire doit plutôt agir comme agent facilitateur dans le processus et non comme leader. Il incombe donc à la direction d'établissement de tracer la route et d'établir un plan

2. Les conditions technologiques:

Ensuite, il faut mettre en place les outils et réfléchir au potentiel pédagogique qu'ils peuvent offrir. Malheureusement au Québec, nous avons bien souvent tendance administrativement parlant de financer nos désirs administratifs en les camouflants sous de soi-disant besoins pédagogiques. Les outils sont déployés non pas pour répondre aux besoins pédagogiques, mais pour répondre aux besoins administratifs. Ainsi, les outils sont proposés sans même que le personnel enseignant ait pris le temps d'analyser le potentiel pédagogique. C'est selon moi, la pire approche. Les gestionnaires de services informatiques devraient tenir compte d'abord et avant tout des préoccupations pédagogiques avant de proposer des solutions. Il s'agit ici beaucoup plus d'une approche verticale que systémique qui ne répond que très peu aux besoins pédagogiques.

3. Les conditions pédagogiques:
La prémisse de base, c'est un gestionnaire qui croit au potentiel des TIC. Par la suite, il faut qu'il insuffle une vision. À partir de cette vision, l'équipe école devra créer la vision de la communauté d'apprentissage professionnelle qui aura à se prononcer sur les valeurs que la communauté prône et les objectifs à court, moyen et long terme qu'elle veut se donner. Il n'est pas nécessaire que toute l'équipe école adhère d'emblée à cette vision; un petit noyau suffit. Le temps fera son oeuvre par la suite.

C'est cette communauté d'apprentissage professionnelle qui se mettra en action sous l'impulsion du gestionnaire éclairé. Cette communauté se placera alors en veille technologique pour déterminer l'usage et la plus-value pédagogique de l'outil informatique. Les services informatiques seront alors véritablement au service de la pédagogie. Elle veillera à se doter d'un plan de formation continue axé sur les valeurs et les objectifs qu'elle s'est donné collectivement.

4. Un déploiement efficace:
- La communauté d'apprentissage professionnelle veillera à s'informer pour déterminer l'utilisation pédagogique qui sera conforme aux valeurs qu'elle préconise.
- Elle se formera à l'utilisation pédagogique du matériel informatique avec un regard critique.
- Elle sera accompagné par le gestionnaire qui participera activement au séance d'information et de formation, mais aussi par le professionnel le plus qualifié de la commission scolaire, l'animateur du service local du RÉCIT.

5. Le RECIT, un outil efficace et efficient!
L'animateur a à coeur de soutenir l'utilisation pédagogique du matériel informatique. Celui-ci devra être un membre à part entière de la communauté d'apprentissage professionnelle qu'il guidera dans l'élaboration d'une culture de réseau socio-constructiviste. Ainsi, il sera à même de prendre en considération l'affectif du personnel enseignant engagé dans un processus de formation continue. Il pourra ainsi guidé ladite communauté d'apprentissage pour qu'elle puisse atteindre ses objectifs.

Wow! C'est le fun de rêver éveillé! Mais est-ce si utopique?

Je peux vous confirmer que non! Pourquoi? Parce qu'en décembre dernier, j'ai été invité à visiter le Centre d'apprentissage du Haut-Madawaska. Je vous avoue avoir fait un voyage dans le futur. J'y ai rencontré des enseignantes passionnées (bonjour Brigitte et Danis :) ) ainsi que des élèves motivés, fier du travail et des apprentissages qu'ils réalisaient. Je sais maintenant! C'est ce rêve est possible et accessible aux gens de bonne volonté.

Mise à jour: Je suis tombé par hasard sur le plan de réussite du Centre d'apprentissage du Haut-Madawaska. Vraiment intéressant!

Mise à jour: Tanya, Jean-Claude et Peter ont écrit un texte pour aider à la rédaction d'un plan TIC école. L'approche de type systémique est très intéressante! De l'excellent travail!

La réplication

Janvier 19th, 2007

Dans ce billet de M. Lachance, l'une des solutions pour former est de se donner comme modèle aux enseignants qui suivent une formation sur la façon d'intégrer les TIC en classe avec les élèves.

Comme lui, ça fait bientôt sept ans que je m'évertue à trouver "LA" façon de former qui inciterait le personnel enseignant à utiliser l'ordinateur, non pas comme un ustensile, mais comme un outil pour favoriser le développement des compétences des élèves. Je crois dans ce modèle, mais il a ses limites.

Il est évident qu'il faut partir des intérêts des enseignants, de proposer des contextes similaires à la réalités de la classe pour démontrer qu'il est possible d'apprendre sans être obligé de suivre un cours de 45 heures pour utiliser un traitement de texte. Qu'il faut que le besoin émerge chez l'élève pour qu'il s'approprie l'outil et qu'il sollicite sa créativité pour réaliser une production originale. Il est important d'accompagner pour s'assurer que lorsqu'un besoin surgit, que la ressource (l'enseignant ou autre) soit là pour apporter du soutien. Nous sommes là en plein dans le paradigme de l'apprentissage. Paradigme que la plupart des animateurs et animatrices du RÉCIT partageons (du moins, j'ose l'espérer).

Malheureusement, la plupart des enseignants en sont encore au paradigme de l'enseignement. Pour eux, il faut enseigner afin de s'assurer que tous les élèves disposent des outils nécessaires pour réaliser la même tâche, le même produit standardisé! Bon! Je sais! Je généralise! Mais...

Ainsi, lorsque je me propose comme modèle, que je questionne les apprenants sur leur motivation à apprendre à utiliser les TIC, que je leur demande leur vision de l'utilisation qu'ils pourraient en faire en classe, que je les place en contexte d'apprentissage, que je prends le temps de réguler le processus d'apprentissage avec eux et enfin, que je prends le temps d'objectiver pour une utilisation possible de l'outil ou du projet TIC, bien souvent, je ne me trouve pas dans le même registre qu'eux! Certains s'attendent à avoir le procédurier (la recette! Mais c'est un terme un peu trop préjoratif) pour reproduire intégralement le projet dans la classe.

D'autre sont là pour consommer! Ils assistent au spectacle et ne se sentent nullement concerné par ce qui est proposé; j'en suis conscient et ça ne me dérange pas. Au mieux, cela les pistera sur une façon de faire en classe, mais en mode enseignement. En tant que spectateur, ils consomment; ils sont loin d'être en mode acteur. Ce qui se passe en avant ne les concerne pas; surtout si la direction de l'école a insisté pour qu'ils soient présents. Au mieux, ils ont passé du bon temps!

Il y a ceux qui sont dans le même registre, qui croient dans l'intégration des TIC. Mais, généralement, ils ne sont pas nombreux. Du moins, nous en n'entendons pas parler. Pourquoi? Parce qu'ils aiment innover et que ça dérange la masse. Ainsi, ils ferment la porte de la classe et font réaliser des apprentissages à leurs élèves. Ils demeurent en vase clos pour éviter de déranger et de se le faire reprocher par les pairs. On serait porter de croire qu'ils devraient rayonner dans leur école. C'est pourtant le contraire qui se passe. Il agissent bien plus souvent comme un "épouvantail à moineaux". Ils passent tellement d'heures à peaufiner leurs projets qu'ils font peur aux autres enseignants. Ils sont de bonne foi, mais ils provoquent l'effet inverse. Ainsi, ils s'isolent et préfère ne pas s'impliquer dans l'émergence d'une culture de réseau.

Il faut bien comprendre! Je ne remet pas en question l'idée du formateur en tant que modèle. Je dis simplement qu'il faut prendre le temps d'expliquer notre intention lorsque nous donnons une formation centré sur le paradigme de l'apprentissage. Sinon, les enseignants croiront que nous utilisons une simple technique d'animation pour des adultes et qu'il est impossible de reproduire le modèle que nous offrons en classe.

Le modèle d'intégration des TIC en classe est a inventé! Nous y travaillons tous très fort depuis sept ans. Mais, je pense qu'il faut être conscient des dérives qu'il peut générer.

Il faut aussi être patient. Le climat de morosité généralisé dans les écoles présentement en ce qui concerne le renouveau pédagogique et l'augmentation du nombre d'heures de présence à l'école fait que nous avons déjà deux prises contre nous (référez-vous au baseball!) avant même que l'on ait débuté notre formation.

Lorsque la possière aura retombé et que les compétences professionnelles auront émergées, je pense que nous aurons alors un auditoire plus réceptif. Je suis optimiste de nature.

Animateurs et animatrices! Percévérons!

Le gars du Bas-du-Fleuve

Une belle image!

Octobre 18th, 2006

En refaisant le monde autour d'un foyer hier soir, un collègue amenait une anecdote intéressante qu'il avait entendu pendant la journée.

Pour illustrer le fossé entre les élèves et les profs, la personne parlait des émigrants et des (excusez le terme anglais) "Native". En se servant de l'image de l'arrivée des européens en Amérique en 1492, il voulait illustrer qu'en tant qu'adulte, nous avions un rapport d'apprentissage différents des jeunes par rapport aux technologies.

Ce que la personne voulait illustrer, c'est qu'en tant qu'adulte l'on veut que les jeunes utilisent systématiquement nos stratégies d'apprentissages. Pourtant, ils apprennent sans utiliser NOS stratégies!

Ce matin, j'ai poussé l'image plus loin. Prof d'histoire de formation, je m'imaginais au début de la Nouvelle-France en train d'évangéliser les "Natives"

Je pense que je vais réfléchir un peu plus les prochains jours...

Une belle réflexion!

Octobre 5th, 2006

Martine Jaudeau, rédactrice en chef de la liste d'envoi de Thot, nous livre une très belle réflexion aujourd'hui. Je n'ai pu m'empêcher d'en citer un long extrait.

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"L'accès à la connaissance rend responsable et capable de penser par soi-même. Imposer des barrières, maintenir dans l'ignorance, tenir dans le secret, c'est limiter la capacité de chaque individu à faire ses choix en connaissance de cause, à cultiver son esprit critique, à s'épanouir selon sa personnalité propre.

La culture numérique qui se développe aujourd'hui donne à repenser l'école, les pratiques d'enseignement, les manières d'apprendre.

Apprendre prend un autre visage, une autre forme. Qu'advient-il des concepts traditionnels de cours et d'enseignement alors que nous pouvons aujourd'hui apprendre n'importe quoi, n'importe où et n'importe quand ? Le monde du Web interactif rend les apprenants nomades : ils grapillent les connaissances et trouvent ce dont ils ont besoin quand ils en ont besoin. En toute liberté. Et ils ajoutent leur couleur à ce qu'ils ont glané pour le redistribuer ensuite aux autres.

Comment comparer les manuels numériques aux manuels scolaires : ils dépassent les cycles et les programmes imposés et fixent plutôt des standards à atteindre. A chacun sa méthode et ses références. “Savent-ils, sont-ils capables de faire, atteignent-ils ce que le statut visé exige ?” Voilà les questions d'importance.

Comment comparer un cours en ligne et un cours traditionnel : l'intégration des signets sociaux, des "étiquettes", et des capacités d'interaction comme les blogues et de documentation collective, comme les wikis, est maintenant essentielle. L'interface devient elle-même significative et pédagogique. Les environnements virtuels accessibles approchent...

Les éducateurs d'aujourd'hui jouent-ils le jeu et sont-ils aussi devenus ces apprenants ? Ou sont-ils restés accrochés aux vieilles idées, aux vieux modèles et aux vieilles habitudes et glissent encore plus fort dans le manque de rapport avec la réalité aux yeux de leurs élèves ?

Le coût de l'ignorance est bien plus élevé que celui de l'éducation. Il en va de la compétence et du bien être des jeunes générations à se construire un monde meilleur. Avec un peu de passion."
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Qu'en pensez-vous?

Merci Mme Jaudeau

J'en ai manqué une!

Juin 1st, 2006

Enfin! La phase migratioire est terminée!

Le recitus localus que je suis est retourné sur son territoire ;o)

J'ai un peu plus de temps pour décanter.

Petite réflexion cet avant-midi en vacant à mes occupations. Je repensais à la dernière rencontre nationale du RÉCIT à Duchesnay (une réussite, soit dit en passant), et je me disais: "Qu'est-ce qu'il y a de préjoratif de s'appeler "Animateur du service local de ma Commission scolaire".

J'ai sursauté lorsque j'ai entendu Mme Lemay dire: "De grâce, n'utilisez plus ce titre!".

J'agace souvent ma conjointe en lui rappelant que son service gouvernemental change de nom chaque fois qu'il y a un changement de ministre: Bien-être social, Aide social, Ministère de la solidarité sociale, ministère de la femme et de la solidarité social (sic). Je comprends que l'on veuille éviter les termes préjoratifs. Pourtant, pour tout le monde, ça reste le B.S.

Donc, je repose la question: "Qu'est-ce qu'il y a de préjoratif à utiliser le titre d'animateur"?