Petit guide pour survivre à un tsunami virtuel

Septembre 16th, 2007

Hier, j'ai eu la chance de participer à la "Non-Conférence Éducation 2.0" directement dans les locaux d'Opossum à Québec.

J'étais fébrile, surtout pour rencontrer en présence, ma blogosphère! Je ne pouvais souhaiter mieux comme situation que d'être accueilli par M. François Guité en personne. Professionnellement, j'apprécie beaucoup François! Il m'a beaucoup fait réfléchir ces dernières années sur ma pratique et j'envie sa rigueur dans la rédaction des billets.

Par la suite, François m'a guidé vers la salle de travail. Tout le monde était afféré à installer son matériel; moment peu propice pour échanger des civilités. Je suis habitué à cette façon de faire puisque c'est comme cela que ça se passe à chaque rencontre nationale du RÉCIT; les gens s'installent et lorsqu'ils sûrs d'être bien branché au reste de l'univers, ils en profitent pour fraterniser. Comparativement à certains des participants sur place, cela ne m'a pas réellement dérangé. Ça m'a fait plaisir de saluer Roberto et Danis qui s'étaient expressément déplacé de Clair au Nouveau-Brunswick (environ 3h30 de route) pour participer sur place. De plus, comme à son habitude M. Roux est arrivé en retard, je me suis donc senti dans mon élément! :D D'ailleurs, je déplore le peu de participants du réseau. C'était pourtant une belle occasion formelle de faire de la veille technopédagogique.

Le tout à débuté sur un chapeau de roue! Vers 9h10, Mario nous a invité à se brancher sur la plateforme Via. Je suis particulièrement impressionné par la stabilité de la plateforme. De plus, Nicole notre animatrice, gère les discussions d'une main de maître; laissant ainsi tout le temps à Mario de faire des synthèses des discussions à chaque fin d'ateliers, ce qui parfois fut un tour de force. Dans ce billet, Clément déplore la rigidité dans la façon de fonctionner. Bien honnêtement, je ne vois pas comment nous aurions pu fonctionner autrement? En plus d'entendre les participants, d'autres échangeaient sur le chat de Via, sur le tableau blanc, sur des wikis, sur des blogues, sur d'autres chats en parallèle... Beaucoup trop de sollicitations pour un cerveau qui focus beaucoup trop comme le mien; les propos et les commentaires fusaient de partout. Un vrai tsunami.

Ce matin, j'ai pris le temps de faire le tour de ma blogosphère pour lire les commentaires. Beaucoup étaient positifs! D'ailleurs Patrick (ici et ) a fait une très belle synthèse des propos tenu sur son blogue. Ses billets reflètent très bien comment la rencontre s'est déroulée. Bravo Patrick! Seule Florence (jusqu'à maintenant) tient un propos dissident; et je la comprends. Vivre un tsumami de coconstruction à 45 participants en présence et en virtuel peut laisser sur sa faim. Les propos ne vont pas toujours dans le sens que l'on aimerait qu'ils aillent. J'ai un peu ce sentiment puisque j'aurais aimé qu'il émerge certains chantiers de nos propos; j'aurais simplement du m'exprimer sur cette insatisfaction à la fin de la journée. Mais, ce n'était pas le temps. Nous nous sommes laissés en nous disant qu'il s'agissait d'un début; qu'il faudra poursuivre.

Ce que je retiens en gros, c'est que cette Non-conférence n'est qu'un catalyseur vers une vision encore à définir dans la blogosphère éducative francophone. J'aime beaucoup l'idée de Clément d'insister pour laisser la place aux jeunes, de leur faire une place. Mais comment notre vision peut les interpeller pour qu'ils participent!

Il y aura beaucoup d'informations à décanter. Ce que je me propose de faire à tête reposé, ces prochains jours.

En bout de ligne, un tsunami virtuel, c'est rafraîchissant!:D

P.-S. Tag Technorati : vers_education_deuxpointzero

Vers une changement de praTIC! (bis)

Septembre 13th, 2007

Et voilà, un article de plus dans la rubrique!

L'intégration des TIC: une progression?

Septembre 11th, 2007

L'an dernier, j'ai paramétrer Copernic Tracker pour surveiller les publications de Direction informatique.

Ce matin, je suis tombé sur cet article de M. Jean-François Ferland intitulé Cartable numérique.

Ce qui m'a sauté au yeux, c'est que pour M. Ferland, les TIC ne modifient en rien la dynamique d'enseignement/apprentissage en classe. En voici un exemple éloquent!

De plus, la présence d'accès à l'Internet, avec ou sans fil, peut inciter les étudiants à naviguer dans le cyberespace, pour lire des contenus de sites ou utiliser une myriade d'applications d'interaction ou de divertissement, au lieu d'écouter les règles de grammaire ou les dates charnières de l'Histoire (ce qui ne leur ferait pas tort, d'ailleurs, d'écouter attentivement.)

Donc, pour le commun des mortels, la question n'est pas encore réglé: interdire ou éduqué? Question de ne pas trop modifier les pratiques et pour éviter bien des problèmes, il est plus simple d'interdire, comme le prouve cet autre extrait:

Si le baladeur, le téléavertisseur, la console de jeu portative et le téléphone mobile ont été bannis des classes parce qu'ils constituent des sources de distraction pour leur propriétaire et pour ses voisins de bureau, l'ordinateur portatif, lui, offre toutes ces fonctions à une portée de quelques touches ou clics de souris.

En fait, ce que je déplore dans cet article, c'est qu'il s'agit beaucoup plus d'un texte d'opinion du journaliste qu'un dossier bien documenté.

En lisant ce texte d'opinion, je ne peux que me référer à Seymour Papert qui expliquait à sa façon l'impact de l'ordinateur à l'école. Grosso modo Papert comparait l'implantation de l'informatique scolaire à partir de 1980 à un microbe qui affecte un organisme. Puisque l'école n'a pu s'en débarassé, elle s'en accomode tant bien que mal. De plus, on croit à tord que le fait de confronter les enseignants à la technologie que ceux-ci vont tout bonnement l'intégrer dans leurs stratégies d'enseignement/apprentissage. Ceci relève tout simplement de la pensée magique.

Cet article est un argument de plus pour démontrer l'importance de la règle du 33%. 33% du budget consacré à l'intégration des TIC à l'acquisition de la quincaillerie (ordinateurs et périphériques). 33% à l'acquisition des logiciels et 33% à la formation continue du personnel enseignant. En passant, il serait facile de consacrer 66% du budget d'intégration des TIC en misant sur l'utilisation pédagogique de logiciels libres de droits. Mais, pour cela, il faut former et accompagner nos enseignants (autant en formation initiale qu'en formation continue) dans le développement de leur compétence TIC.

Vers un changement de praTIC

Septembre 5th, 2007

Lien: http://sympa-tic.qc.ca/article.php3?id_article=47

Suite à la réflexion que j'ai fait en juillet dernier en lien avec ma volonté d'informer le personnel enseignant en lien avec l'utilisation pédagogique des TIC en classe avec les élèves, j'ai créer une nouvelle rubrique sur le site Web du Service local du RECIT de ma commission scolaire.

Par cette rubrique, je tente de créer un EAP (Environnement d'Apprentissage Personnel) francophone pour les enseignants qui ont a coeur le développement de leur compétence professionnelle à intégrer les TIC.

Espérant que cela répondra à un besoin!

L'école branchée?

Septembre 4th, 2007

Ce matin, je suis tombé sur ce reportage de Sophie-Andrée Blondin présenté à l'émission "Les années lumières".

La reporter y fait un bilan plutôt sombre de l'intégration des TIC à dans les salles de classe depuis 10 ans.

L'école branchée?
Voilà dix ans que les ordinateurs ont envahi les écoles en tant que moyens didactiques. Peut-on dire pour autant qu'il y a un miracle technologique et que l'implantation du web a révolutionné la manière d'enseigner?

Je suis ambivalent suite à l'écoute de ce reportage: À prime abord, je suis démoralisé! À quoi ont servi les 7 dernières années consacrées à l'animation du Service local du RECIT de ma C.s. Par contre, je suis un éternel optimiste: J'ai encore beaucoup de travail pour les seize prochaines années.

Morale de cette histoire: Je vais me consacrer à ce sur quoi j'ai du pouvoir. Je vais répondre aux besoins d'information, de formation et d'accompagnement du personnel de ma commission scolaire. Ce pourquoi je suis bien payé et pour lequel je crois du plus profond de mon être, en espérant ne pas être considéré comme un intégriste du changement pour le changement...

Mise à jour: Voici l'hyperlien de l'infobourg qui présente le rapport de M. Jacques Piette.

L'impact du Web 2.0 en éducation

Août 23rd, 2007

Comme vous avez pu le constater à la lecture de mes billets au printemps dernier, je m'intéresse de plus en plus aux impacts du Web 2.0 en éducation et surtout à l'émergence du phénomène "Éducation 2.0".

À priori, je ne crois pas que cela va révolutionner les façons de faire au Québec; il suffit de poser un regard sur l'évolution de la "réforme/renouveau pédagogique" depuis huit ans pour en avoir la certitude. Par contre, je me dis que si le phénomène provoque tant d'engouement chez nos voisins du sud, je pense qu'il faut prendre le temps de mieux le comprendre; question de voir venir.

En réaction à mes questions, Mario Asselin à proposer de tenir une Non-Conférence "Éducation 2.0" à l'automne. Voici les coordonnées de l'évènement:

* Date de la rencontre: Samedi 15 septembre de 9 h à 16 h 30.
* Lieu: Dans les locaux de iXmédia/Opossum/Zengo, 335 rue Saint-Joseph Ouest, au 4e étage à Québec.
* Coûts: GRATUIT, chacun paye son dîner, son transport, mais le café est fourni…

N'ayez crainte! Il ne s'agit pas de partir une secte de dogmatiques! La Non-conférence "Éducation 2.0" est plutôt l'occasion de réfléchir sur le phénomène qui prend de plus en plus d'ampleur du côté anglophone, sans plus!

Au plaisir d'échanger avec vous.

Virtualiser l'accompagnement! Une solution économique?

Juillet 11th, 2007

En tant que conseiller pédagogique TIC et animateur du Service local du RECIT de ma commission scolaire, j'ai identifié trois axes d'intervention à privilégier: Informer, former et accompagner.

Je pense que je me débrouille assez bien comme formateur; déformation professionnelle oblige. Pendant mes onze années à enseigner la micro-informatique (c'était l'époque des APO où l'on ne pensait qu'à enseigner l'ordinateur; cette époque diffère de l'époque des TIC où il faut penser enseigner AVEC l'ordinateur, ce qui est très différent!) j'ai développé ma compétence à former à l'utilisation de l'ordinateur.

Puisque ma fonction a changé dans mon organisation, je dois maintenant beaucoup travailler sur des aspects de mon travail qui sont moins naturels pour un enseignant, c'est-à-dire informer et accompagner!

Ces sept dernières années, j'ai énormément sous-estimé le fait d'informer. Je me disais que si je devais former, bien c'était parce que les gens étaient informés. Ce postulat est faux! L'évolution des nouvelles technologies est tellement rapide, qu'il faut prendre le temps d'informer les enseignants. Penser que les enseignants de ma C.s. vont fréquenter mon site Web relève de la pensée magique. Pourtant, c'est ce que je croyais ces dernières années. Il me faut revoir de fond en comble cet axe d'intervention. Je dois me centrer sur les directions d'établissement; ce sont eux les leaders pédagogiques!

Donc, l'an prochain, je vais mettre l'emphase sur l'information en préparant des séances d'informations en essayant de répondre à ces septs questions (merci François!):

• Qu’est-ce que c’est?
• Qui l’utilise?
• Comment ça fonctionne?
• Pourquoi est-ce important?
• Quels sont les inconvénients?
• Quelles sont les perspectives futures de l’application?
• Quelles sont les implications pour l’enseignement et l’apprentissage?

Je pense ainsi avoir beaucoup plus d'impacts dans ma C.s. et arrêter de passer pour un extra-terrestre!

Je ne négligerais pas non plus l'autre axe d'intervention, c'est-à-dire l'accompagnement. J'ai toujours présumé que le fait d'identifier des ressources numériques lors de mes formations permettrait d'augmenter la fréquentation de mon site Web. Ça ne semble pas être le cas. Seuls les passionnés le font. Est-ce que ceux que je ne réussis pas à atteindre sont pris du même syndrome que les enseignants français?

Les intervenants ont aussi souligné qu’il n’existait aucune éducation numérique à l’école en France, ce qui est un véritable problème à l’heure actuelle, car les conséquences sont là : il existe un décalage de plus en plus grand entre la vie civile et le système éducatif.

Je pense que la solution passe par l'accompagnement. Pour inventer le nouveau modèle d'enseignant, celui de l'Éducation 2.0, il faut beaucoup d'accompagnement en classe et en dehors de la classe.

Par contre, l'accompagnement en présence est une mesure difficile à mettre en place parce qu'elle est dispendieuse économiquement; le territoire de ma C.s. est particulièrement étendu.

Je suis persuadé qu'il est possible d'accompagner virtuellement en mettant en places des communautés de pratiques virtuelles. Les jeunes enseignants ne sont pas réfractaires à l'utilisation des TIC; c'est qu'ils ne savent pas comment s'en servir efficacement en classe avec les élèves.

C'est pour cette raison que je tente de déployer un portfolio numérique centré sur le développement des compétences professionnelles. Donc, il sera plus facile d'amener l'apprentissage professionnel des TIC en contextualisant ces dits apprentissages. Du même coup, j'habilite les jeunes enseignants à l'utilisation d'un portfolio. Comment peut-on utiliser un outil d'évaluation quand personne ne nous a montré comment faire?

Il existe aussi une autre alternative pour favoriser l'accompagnement. Il pourrait être intéressant de développer le côté pédagogique de Second Life! Par la constitution d'avatars, il est possible de fixer des rendez-vous virtuels avec les enseignants qui ont besoin d'être accompagné! Il semble qu'il y ait beaucoup de potentiel de ce côté; André Roux du Service national du RECIT semble particulièrement intéressé par la question. C'est à surveiller!

À quand un service national ou local du RECIT sur Second Life?

Réseau social virtuel

Juin 20th, 2007

Je persiste à croire que le Web 2.0 offre l'opportunité d'effectuer une pratique réflexive centré sur nos réalités professionnelles. Pourtant, il semble que l'émergence d'une telle communauté de pratique professionnelle soit particulièrement difficile au sein de mon réseau.

J'ai découvert une partie de la réponse à mon interrogation dans cece billet de Mme Florence Meichel qui réfère à un autre billet expliquant les 6 niveaux de participation dans le Web 2.0, les applications et les logiciels sociaux.

Les 6 niveaux de participation dans le Web 2.0

Ce commentaire de Marc Snyder qui paraphrase le motivateur Jean-Marc Chaput est encore plus éloquent:

Il y a une fête en ville et c’est le temps de la parade.
Il y a ceux qui sont dans la parade.
Il y a ceux qui regardent la parade passé.
Il y a ceux qui ne savent même pas qu’il y a une parade.

Ramener aux niveaux de participation de Forrester,

Il y a une fête dans le cyberespace et c’est le temps du Web social.
Il y a ceux qui participent, créent et critiquent dans le Web social (22%).
Il y a ceux qui lisent, s’inscrivent et collectent dans le Web social (57%)
Il y a ceux qui ne savent même pas qu’il y a le Web social. (52%)

Comme l'écrit si bien Jacques Cool dans ce billet:

Le changement en éducation est fondamentalement un processus intrinsèque, pas seulement extrinsèque. Chaque intervenant doit faire une instrospection personnelle de sa pratique et actualiser son référentiel pédagogique. Sinon, on copie-colle un modèle archaïque...

Je pense que c'est en adoptant cette attitude que nous développerons la version Éducation v2.0!

Mise-à-jour:
Je viens de lire dans ce billet du Blog de la Veille Scientifique et Technologique de l'INRP qu'il y aurait une règle du 90-9-1 qui s'appliquerait aux communautés de pratique:

* 90% des utilisateurs sont des clandestins : ils lisent, observent mais ne contribuent pas
* 9% sont des contributeurs occasionnels, dont les priorités sont extérieures à la communauté
* 1% sont des contributeurs actifs, responsables de la grande majorité des contributions et démontrant pour certains un phénomène d'addiction

Intéressant ce que l'on peut faire dire aux statistiques!

Partenariat intéressant!

Juin 19th, 2007

Hier matin, en consultant les occurences de recherche que j'ai soumis à Google Alert, j'ai appris quelque chose de particulièrement intéressant concernant la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries et le MELS.

Selon les propos de M.Denis Hudon, directeur du Service des technologies de l'information et des communications relevés dans l'article "Des écoles branchées" datant du 16 juin 2007, il semblerait que:

"Les enseignants sont, pour leur part, invités à suivre une formation du ministère de l'Éducation sur l'utilisation des technologies de l'information et des communications."

C'est la première fois que j'entends parlé que le MELS offrait des formations sur l'utilisation des technologies de l'information et des communications! En avez-vous entendu parlé? S'agit-il d'un partenariat concernant uniquement la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries et le MELS? S'agit-il d'un projet expérimental ou d'un projet pilote?

Ce serait particulièrement intéressant d'en savoir un peu plus sur le sujet.

Dédoublement de personnalité professionnelle

Juin 15th, 2007

Je peux avoir une vision claire de ce que devrait être mon travail. Par contre, il me faut la communiquer et la partager dans mon milieu.

En principe, je devrais présentement être à Bonaventure en rencontre régionale du RÉCIT. Au lieu de cela, je suis assis dans mon bureau à rédiger ce billet. Alors, que s'est-il passé?

Je me plais à dire que mon travail est comparable à une interface. Je sers de lien entre deux mondes: Celui de la pédagogie et celui de l'informatique; soit dit en passant, deux mondes complètement différents qui partagent peu d'affinités.

Il m'arrive parfois d'oublier que mon rôle d'interface puisse être mal compris par mes collègues et par mes patrons. Comparativement à mes collègues, je vis quotidiennement un dédoublement de personnalité! Pour mon organisation, je suis d'abord et avant tout un conseiller pédagogique. Je présume que, pour mon organisation, mon rôle d'animateur de service local du RÉCIT est plutôt mineur par rapport à mon rôle de conseiller pédagogique. C'est d'ailleurs ce que j'ai très bien compris du message de M. Allen lors de la rencontre nationale du mois de mai à Duchesnay.

Donc, pour mes patrons, je dois indiquer en quoi la technologie peut supporter la pédagogie avec des mots de pédagogues; en tout cas, c'est ce que je m'évertue de faire... Pourtant, à force de baigner dans la technologie, j'oublie que je dois "traduire" mon vocabulaire usuel pour me faire comprendre.

Pour mes patrons et mes collègues, parler de SPIP, de blogues, de wikis, de Web 2.0, ça a peu de sens. Mais, lorsque je parle de coconstrution des apprentissages ou de métacognition dans un contexte socioconstructiviste, de télécollaboration pour répondre aux besoins des petites écoles de nos milieux, d'évaluation formative par l'utilisation de portfolios numériques, etc. Là, je me fais comprendre.

Nous travaillons régionalement depuis le mois d'avril à construire notre second plan triennal régional. Lors de la dernière rencontre régionale du Comité de la réussite (table régionale des DSE), nos représentantes de la table régionale du RÉCIT ont présenté nos priorités régionales; prémisses à l'ébauche de notre second plan triennal régional. Elles ont aussi présenté l'ordre du jour de la rencontre que nous avions coconstruis sur mon wiki (comme région éloignée, on ne peut nous accuser de ne pas utilser des outils de communication et de télécollaboration :D )

L'interface que moi et mes collègues animatrices représentons, est alors devenue disfonctionnelle: nous parlons de technologie avec des pédagogues. Ça fait un certain temps qu'on me le reproche implicitement; mais, il n'y a pas de fumée sans feu. Est-ce parce que nous voulons nous démarquer professionnellement en faisant étalage de notre expertise? Formellement non! Implicitement... Oui! Pourtant, c'est le contraire que nous devons faire! Nous devons parler pédagogie avec les pédagogues et parler de technologie avec les gens de l'informatique. Mais, il faut surtout "apprivoiser" les gens avec qui nous transigons quotidiennement. Il est là, selon moi, notre problème de dédoublement de personnalité! Et c'est pas facile à assumer. Par contre, le fait de nommer cette difficulté, nous permet de trouver des solutions.

Selon moi, il est là le bogue de la rencontre ratée de Bonaventure! Nous avons adopté un langage technologique dans le cadre d'une rencontre pédagogique. Nos patrons n'ont pas compris que pour nous comprendre entre animateurs et animatrices des services locaux nous devions d'abord parler TIC afin de déterminer le potentiel pédagogique des outils présentés et enfin, construire un plan d'action pédagogique pour lequel les technologies de l'information et de la communication sont en support; c'est-à-dire, à la bonne place.

Donc, en conclusion, beaucoup de réflexions individuelles et collectives, beaucoup de discussions réelles et virtuelles d'ici l'automne pour réussir à nous faire comprendre de nos patrons.